Le vieux pays – Jean-Pierre Rumeau

Pour un premier roman, Jean-Pierre Rumeau fait preuve d’une belle singularité. Le vieux pays est un roman noir aussi surprenant qu’inclassable.

La réalité, comme une fiction (ou l’inverse)

Et quoi de mieux, pour accrocher le lecteur curieux, que de le plonger d’emblée dans un environnement surprenant ? Quelle idée magnifique que d’avoir localisé cette histoire dans la vieille ville de Goussainville, au bout des pistes de Roissy ! Un vieux pays bien réel, abandonné du fait de son emplacement et suite à un terrible crash avion au beau milieu de la ville. Allez voir sur internet, cette histoire folle est authentique.

L’auteur y a vu de quoi créer une atmosphère unique, autour des rares habitants de cette endroit mort. Lecteur ferré d’entrée.

Mais une idée, la meilleure soit-elle, ne suffit pas à faire un roman. Il faut une histoire prenante, des personnages forts et (si possible) une personnalité propre. Vous trouverez tous ces bons ingrédients dans ce premier roman.

Atypique

Le moins que l’on puisse dire c’est que le protagoniste principal est un bonhomme à part. Comme le dit l’auteur, « il a perdu le nord et ne l’a jamais retrouvé ». Non pas qu’il n’ait plus toute sa tête, mais plutôt qu’il a perdu foi en l’homme et en la vie. Il est le sel de ce récit (le genre de sel qu’on verse sur les plaies).

Le roman de Jean-Pierre Rumeau est à l’image de son propre parcours de vie. Après ses études au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, il se tourne vers le métier de cascadeur, tout en mettant en scène pour le théâtre ou le one-man show. Atypique mélange de genres, comme son roman.

Gouaille

Inclassable roman donc, blanc et noir (surtout noir), avec quelques passages introspectifs et d’autres qui s’apparentent au thriller. Le tout mené avec une personnalité affirmée et une gouaille assez jubilatoire, sans jamais en faire de trop (l’auteur est fan de Frédéric Dard, et ne renie pas sa filiation). Même si j’ai trouvé un certain déséquilibre entre les passages, le roman ne se lâche pas.

C’est un livre inscrit dans notre monde, avec sa thématique tristement contemporaine en lien avec le terrorisme. Mais pas que… Il a aussi l’allure de ces vieux films qui prenaient soin de créer une vraie ambiance (d’ailleurs les références cinématographiques sont bien présentes tout au long de l’histoire).

Le vieux pays est un premier roman noir prenant, surprenant par son ton et son histoire. Singulier, vraiment. Jean-Pierre Rumeau est à suivre, assurément.

Sortie : 28 février 2018

Éditeur : Albin Michel

Genre : Roman noir

Ce que j’ai particulièrement aimé :

Le lieu et l’environnement, idée fantastique !

La ton et l’écriture

Les personnages forts

4° de couverture

« J’ai trouvé ici un cercueil inhabité, le couvercle grand ouvert, et je m’y suis installé. Il y avait peu d’êtres vivants dans le voisinage, le lieu était selon mon cœur, inimaginable pour le commun des mortels. J’y ai créé un vieux pays qui n’appartient qu’à moi, avec mon passé, ma loi et mes frontières, avec mon cimetière et mes souterrains. »

Plongée stupéfiante dans un univers à la limite du réel – les vestiges de Goussainville, au bout des pistes de Roissy –, le Vieux Pays est un thriller magnétique et radical, à l’image de son héros, un homme dont la vie s’est arrêtée un jour de juin 1973, lorsqu’un Tupolev 144 s’est écrasé sur la ville, anéantissant le seul être qu’il aimait.
Quarante ans plus tard, une rencontre inattendue le confronte à son cauchemar. Et l’oblige à choisir son camp.

Entre sensibilité et violence, fantômes du passé et menaces des temps présents, un roman implacable qui marque la naissance d’un auteur.

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Catégories :Littérature

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11 réponses

  1. Il semble effectivement assez atypique! Encore une découverte pour ma part. En tout cas, je trouve la couverture magnifique! Belle journée Yvan 🙂

  2. Un auteur atypique comme j’aime, belle découvertepour moi aussi

  3. Ah, tu m’intrigues avec celui ci, je ne l’avais pas encore vu, mais je note….pour plus tard….;)

  4. Je l’ai croisé, j’ai hésité puis j’ai décidé de passer mon chemin… bon bin du coup j’y reviens et je lui offre sa chance 🙂

  5. Brel aurait pu chanter ♫ le vieux pays qui est le mien ♪

    Ok, je sors… 😉

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