Fin de ronde – Stephen King

Stephen King ne fait rien comme les autres. En se lançant dans une trilogie estampillée « thriller », il aurait pu proposer trois romans linéaires. Que nenni, chaque composante de cette triade noire a sa propre personnalité : thriller plutôt classique avec Mr Mercedes, développement sur le pouvoir de la fiction avec Carnets noirs. Et retour brutal au fantastique avec cette Fin de ronde.

Le vrai pouvoir de l’esprit sur la matière

Le point commun à toute cette histoire ? Le maintenant ex-inspecteur Hodges et sa clique rapprochée, confronté à Brady Hartsfield. Un être malfaisant de plus – mais non des moindres – à ranger dans sa penderie de nuisibles. Fin de ronde est la confrontation finale entre deux mondes qui s’affrontent.

Rien n’est jamais si simple avec le King. Même si, avec cette trilogie, il a avant tout voulu (se) distraire, chaque tome à sa propre et marquante personnalité. Cette fois-ci, la toile de fond est internet et le pouvoir incontrôlable des réseaux-sociaux. Le vrai pouvoir de l’esprit sur la matière, comme il le dit si bien (pour le meilleur et surtout pour le pire). Hypnotique, concentrateur et manipulateur.

Épidémie moderne

Il joue sur cet instinct grégaire qui se développe à travers internet, tout comme il fait jouer son méchant de service avec nos peurs liées au rejet. A travers cette idée, il construit une véritable épidémie qui imprime le rythme de ce roman mi-thriller mi-fantastique.

Il n’y a bien que Stephen King pour ainsi proposer trois romans si différents tout en trouvant le liant nécessaire pour assembler le tout. Ce ciment, ce sont les personnages.

Difficile de rester insensible à ces personnages aux caractères si épais qu’on les croirait exister réellement. Des protagonistes qu’on aime (ou qu’on déteste), mais qui sont l’ADN même de ce récit en trois étapes. Je peux vous assurer que ça a été un crève-cœur de tourner la page en les quittant. Autant vous dire qu’il faut vraiment avoir lu les deux précédents épisodes pour profiter au maximum de l’expérience.

Donner corps à l’immatériel

A mon sens, Fin de ronde ne restera pas comme un roman majeur de la bibliographie foisonnante du King. Je lui préfère d’ailleurs les deux précédents tomes. Ça n’enlève rien au talent inégalable de l’auteur qui a su donner corps à l’immatériel, donner vie à l’invraisemblable. Toujours avec la volonté de divertir, souvent en faisant passer quelques messages bien sentis, constamment en imprégnant son fort attachement aux personnages (tous ses personnages). Un bon roman du King serait un excellent roman pour n’importe quel autre auteur.

Fin de ronde est un roman résolument moderne et qui pourtant ne détonne absolument pas dans l’univers de Stephen King. Le coté fantastique est comme toujours mis au service d’une peinture des relations humaines et de notre société. Une allégorie du mal-être et de la vacuité de nos sociétés dites civilisées.

Récurrence et réinvention

Les habitués ne seront pas dépaysés avec la récurrence de certaines thématiques chères à l’auteur, comme par exemple ces pouvoirs paranormaux qui apparaissent après un coma (remember Dead zone). Mais Stephen King sait se réinventer constamment à travers ses obsessions, ce qui fait qu’on n’a jamais l’impression qu’il tourne en rond.

De l’amorce jusqu’au ferrage, Fin de ronde ne nous fait pas lâcher la prise, et on se sent comme un poisson dans l’eau en retrouvant cet univers si accrocheur (à l’image du final aussi tendu qu’émouvant). C’est bien le moins que l’on puisse attendre d’un roman du maître, non ? Un Stephen King bien loin d’avoir fini sa ronde.

PS : suis-je le seul à trouver très bizarre l’utilisation du terme féminin « la wifi » par les deux traductrices attitrées du King ?

PS 2 : la couverture est, une fois de plus, absolument magnifique (une autre des caractéristiques de cette trilogie).

Sortie : 09 mars 2017

Éditeur : Albin Michel

Genre : Thriller / Fantastique

Traduction : Nadine Gassie et Océane Bies

Ce que j’ai particulièrement aimé :

Les personnages

The King’s Touch

Sa vision du monde

4° de couverture

Dans la chambre 217 de l’hôpital Kiner Memorial, Brady Hartsfield, alias Mr Mercedes, gît dans un état végétatif depuis sept ans, soumis aux expérimentations du docteur Babineau.

Mais derrière son rictus douloureux et son regard fixe, Brady est bien vivant. Et capable de commettre un nouveau carnage sans même quitter son lit. Sa première pensée est pour Bill Hodges, son plus vieil ennemi…

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Catégories :Littérature

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42 réponses

  1. Hâte de lire la suite de Mr Mercedes ! Pour ton PS : j’ai eu droit à La Wifi récemment aussi et ça avait déclenché un débat à la maison… trop bizarre, on est d’accord 😊

  2. Hehe, je l’avais entre les mains samedi, mais j’ai été raisonnable, je n’ai pris que le Sire Cédric…..Mais je sais qu’il ne va pas tarde à atterrir dans ma PAL, parce que le King est et restera toujours l’incontournable….Je sens une petite déception, mais j’ai hate quand meme de le lire!!!!;)

  3. Ma fille vient de m’offrir monsieur Mercedes! donc à découvrir pour moi 😉

  4. Je le commence dans la journée.

  5. Il l’a déjà lu ?? J’ai pas encore fait le bazar des mauvais rêves, moi !! 😆 Ok, je dois le lire, mais j’en ai d’autres avant lui.

    « à ranger dans sa penderie de nuisibles » Moi, ce méchant là, je le noierais dans les chiottes et je tirais la chasse ensuite…

  6. Je me fie à ton jugement mais je me ferai ma propre opinion ☺. Pour le moment mon préféré a été Carnets noirs.

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