Pourvu que ça brûle – Caryl Férey

chronique-litteraire

caryl-ferey-pourvu-que-ca-bruleCaryl Férey aime décidément parler de ses expériences de vie et de ses voyages pour expliquer son parcours d’écrivain. Après une première autobiographie décalée sortie en 2013, Comment devenir écrivain quand on vient de la grande plouquerie internationale, le revoilà avec une autre bio, d’un autre genre.

This is radio Férey

Deux textes aussi personnels en trois ans, ça pourrait paraître présomptueux et redondant. Ça ne l’est pas. Le premier livre était déjanté, axé sur la manière dont il a réussi à se faire publier et à sortir de son trou. Pourvu que ça brûle parle davantage de ses pérégrinations à travers le monde et de leur influence sur ses livres. Et le ton y est beaucoup plus posé.

Il faut dire que le parcours de cet auteur est pour le moins atypique. Qu’on aime (comme moi) ses romans engagés ou qu’on le découvre à travers ce texte, l’itinéraire singulier est passionnant à suivre.

Should I stay or should I go

De son enfance autodestructrice et révoltée, (black and) white riot, il a tiré une force pour combattre les injustices à sa manière, par ses écrits.

C’est passionnant d’ainsi découvrir les genèses de ses livres à travers ses voyages. Caryl Férey a besoin de voir, sentir et vivre les pays avant de les raconter dans ses histoires noires. Il lui faut rencontrer des hommes et des femmes, souvent dans l’excès, pour façonner ses personnages.

Pourvu que ça brûle est un carnet de route qui tourne parfois à la déroute, un carnet de balles sifflantes, un road trip qui prend parfois aux tripes.

Rock the casbah

L’auteur n’est pas du genre à écrire, allongé au bord d’une piscine, en ne faisant marcher que son imagination. Il a toujours eu besoin de secouer son monde comme pourfendeur des injustices et horreurs de nos sociétés. Toutes nos sociétés, de la Nouvelle-Zélande à l’Afrique du Sud, sans oublier la France.

Il raconte comment et pourquoi il est devenu un auteur de romans noirs engagés, et sa manière très rock de s’en prendre aux violents, aux intégristes, à l’inhumanité. Et tant pis si ses grands idéaux l’ont fait vivre comme un sans-le-sou pendant longtemps.

Même s’il part parfois dans certaines digressions pas indispensables, cette bio est étonnante. Comme de voir combien certains périples l’ont marqué au fer rouge (ceux qui ont débouché sur des romans) alors qu’il en barre d’autres d’un simple trait de plume.

Férey calling

Le livre est aussi (surtout ?) un recueil d’amitiés, le moteur de l’auteur. Sans elles, Férey ne serait pas l’écrivain qu’il est devenu. Ses amis ont été présents durant sa longue traversée du désert, à chercher sa place dans le monde et dans le milieu littéraire. Un vrai manifeste de camaraderie, souvent à la limite, style I fought the law.

Pourvu que ça brûle est un joli regard sur un parcours étonnant, loin d’être terminé. Il en parle ici avec un certain recul, voire même de la nostalgie. Caryl Férey a toujours été passionné par les autobiographies et s’est nourri d’elles, ça se sent. Un bel écrit pour découvrir l’homme et comprendre ses romans.

PS : Caryl Férey étant un grand fan de The Clash depuis toujours, je me suis amusé à utiliser et détourner certains titres mythiques du groupe légendaire pour illustrer cette chronique.

Sortie : 04 janvier 2017

Éditeur : Albin Michel

Genre : Autobiographie

Ce que j’ai particulièrement aimé :

Le parcours de vie et ses rencontres

La réalité qui rattrape la fiction

4° de couverture

De la Nouvelle-Zélande à l’Australie en passant par l’Indonésie, la Jordanie, le Chili ou les Etats-Unis, un carnet de route très rock, l’autoportrait en noir et blanc de l’auteur de Zulu, Mapuche et Condor, Caryl Férey, chantre du thriller engagé, avec qui la réalité devient fiction survoltée.

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Catégories :Littérature

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24 réponses

  1. J’aime beaucoup Caryl Férey. J’ai lu deux de ses romans. Je note celui-ci. Belle semaine!

  2. Très belle façon de faire aimer cette bio ! Je note 😉

  3. je suis une fan inconditionnelle de Caryl Ferey, donc évidemment je vais le lire…. merci pour cette critique intéressante ! 🙂

  4. C’est beau comme tu écris ! Je note ce roman en plus, ce qui ne fera jamais que le 36.000ème que je note à cause de toi, mon salaud ! 😀

    Une petite chanson ? Celle-là, je la connaissais, au moins ♫ Should I stay or should I go ♪

  5. Les pérégrinations de Monsieur Caryl Ferey sont à son image : attachantes, passionnantes et bouleversantes.
    Je les ai parcourues en biais, mais sans doute, et à cause de toi, j’y reviendrai. Et prendrai le temps de traîner sur ces chemins de traverses.
    Merci Sire Yvan pour ce beau billet. 😀

  6. Je n’aime pas les autobiographies mais sans doute que la sienne vaut le détour ☺

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