CAT 215 – Antonin Varenne

chronique littéraire

arton5255C’est l’histoire d’un mec qui avait une idée un peu folle : rouler une pelle. Je précise le propos : faire traverser une pelleteuse Caterpillar à travers la jungle guyanaise. Ça change tout de suite l’image de ladite mission.

CAT 215 est une novella tout en sueur. Une plongée directe dans la moiteur de la Guyane, et son atmosphère si éloignée des contrées hexagonales.

Une histoire d’hommes, de nature (et de leur confrontation). Le récit d’un mécanicien venu dépanner ce monstre mécanique, perdu dans cette immensité hostile.

Une histoire de folie aussi. Parce que s’enfoncer dans cette jungle, c’est également s’enfoncer au plus profond de ses égarements, quand vous vous sentez si petits face à ce que peut construire la nature.

Avec un style âpre, à l’image de cet environnement accidenté, Antonin Varenne tisse un climat lourd, pesant, étouffant.

100 pages immersives que j’aurais voulues plus denses ; impression d’inachevé une fois la dernière page tournée ; pointe de frustration (et j’aime le format de la novella habituellement). Il y avait de quoi proposer un roman complet, tant au niveau du cadre que des personnages esquissés. Antonin Varenne a du talent, beaucoup de talent, et on aime passer du temps avec lui.

A lire, collé à son fauteuil, entre deux romans plus épais.

Sortie : 26 mai 2016

Éditeur : La manufacture de livres

Genre : Novella noire

Mon ressenti de lecture :

Dimension de l’histoire : 7/10

Qualité de l’écriture : 8/10

Émotions : 7/10

Note générale : 7/10

4° de couverture

Un jeune mécanicien, Marc, « qui répare des choses inutiles depuis toujours », accepte de quitter la métropole et sa compagne Stef, pour rejoindre en Guyane son ancien patron, Julo.

Celui-ci a un projet dément : devenu orpailleur, trafiquant d’or, il doit changer le moteur d’une monstrueuse pelle Caterpillar 215 qu’il a entrepris de faire convoyer par un ancien légionnaire Jo et un mystérieux Brésilien qui l’assiste dans cet enfer vert. La machine, après avoir avalé des kilomètres, est immobilisée au milieu de la forêt, loin de la mine sauvage.

Aidé d’un piroguier, Marc rejoint les deux hommes et va s’atteler à réparer la bête d’acier et de feu au milieu du paysage dans lequel l’engin s’est frayé un passage en luttant contre la jungle à la fois fragile et menaçante.

Les hommes vont alors se battre contre leur propre folie, contre cette nature qui les fait souffrir et qu’ils torturent en vain au pied de la pelleteuse, plantée au milieu de la forêt, à la fois imposante et ridicule. Énorme quand ils se tiennent à côté, ridicule face à ce qui l’entoure.

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Catégories :Littérature

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12 réponses

  1. bonjour,

    sur la couverture il est marqué CAT 215 et dans l’article CAT 2015. Une erreur ?

  2. « une novella tout en sueur »… faut mettre du déo, alors ! 😆

    Notée aussi sur mon carnet… Je note aussi que quand on se lève aussi tôt pour aller sur son blog, on boit du café !! 😛

  3. j’ai tellement aimé 3000 chevaux vapeurs..
    Je ne te trouve pas très enthousiaste sur cette novella. C’est un exercice difficile , j’ai un souvenir extraordinaire de « Canisses »

  4. J’ai trouvé bien décrit l’enfer vert, la folie des Hommes, le mécano marginal s’échinant sur des mécaniques pourries… Sans pour autant ennuyer les non spécialistes de la vieille huile aussi crasseuse et puante qu’un expresso oublié tout l’été sur un bord de fenêtre.

    En refermant ce bouquin avec le sourire – comme à chaque fois que je lis quelque chose qui en vaut la peine – je pensais aussi qu’il y avait de quoi faire plus épais, un vrai roman. Mais sans devenir un truc de spécialistes ou vraiment glauque, est-ce que cela aurait été simple ? Je ne sais pas. Alors après réflexion, ma frustration s’est évaporée. J’aime ces livres où la fin reste ouverte, même s’il n’y a pas trente-six solutions… quoi que si, en fait. Pour moi, s’il y avait quelque chose à rajouter, ce serait donc plutôt une fin que de l’épaisseur, car elle est bien là… dans ce tout petit bouquin, même si on ne fait qu’une bouchée de cette friandise !

    Antonin Varenne se bonifie avec le temps.

    • Merci Patrick pour ce commentaire enthousiaste ! Je suis assez d’accord sur la fin en fait.
      Et oui, Varenne à une talent fou, vivement la suite de 3000 chevaux vapeur !

Rétroliens

  1. Encore et toujours des novellas … | blacknovel1

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