Deux – Penny Hancock

chronique littéraire

Penny Hancock - Deux

Deux. Deux romans de Penny Hancock publiés en France. Deux romans marquants. Le compte est bon.

Sacrés anglais

Ces auteurs anglais sont tout de même étonnants. Pour ne parler que des romans parus cette année chez l’éditeur Sonatine, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec La fille de train de Paul Hawkins et Une autre vie de S.J. Watson.

Une ambiance similaire, une immersion dans la vie et la tête des personnages, un rythme lent et un final détonnant. La patte british.

Ce nouveau roman de Penny Hancock est le dernier paru des trois, mais certainement pas le moins bon. Disons-le tout de suite, c’est au contraire une réussite et une histoire dont on sort complètement chamboulé.

Cocon

La qualité d’une bonne partie de Deux tient dans ses personnages et le cocon dans lequel nous plonge l’auteure. Un cocon qui se transforme insidieusement en carcan. Un environnement qui prend littéralement vie et dans lequel deux femmes prennent corps.

Deux femmes très différentes. Une anglaise BCBG, en pleine ascension professionnelle, mais dépassée par son quotidien. Une marocaine, immigrée venue gagner sa vie en Angleterre et sauver sa famille de la misère.

Un roman qui est bien loin de l’étiquette « thriller » (d’ailleurs le mot ne figure nulle part sur le livre). Un récit de femmes avant tout, qui parle de leurs places dans la société, de leurs attentes, de leurs blessures.

Incompréhension et servitude

Entre elles, va se tisser une relation faite d’incompréhension et de servitude, subtilement plombée par des non-dits et des micro-événements qui prennent des proportions disproportionnées. Différence de modes de vie, autres préoccupations et manières de penser si éloignées.

C’est écrit tout en lenteur (mais jamais trop) et avec subtilité. On vit littéralement aux côtés de ces deux femmes, dans leurs quotidiens. On pourrait imaginer que s’en devient vite rébarbatif, mais non, c’est tout le contraire.

Le temps de poser une atmosphère

Il faut aimer ces ambiances toutes en finesse et ces livres qui prennent le temps de poser l’atmosphère (pour ne pas dire la chape). Ici, le lien de subordination entre ces deux personnages qui ne se comprennent pas, est si crédible et si bien mené, qu’on est scotché au récit.

Et puis il y a les 100 dernières pages. Et puis il y a la chute finale. Là on se dit que Penny Hancock est forte, très forte. Qu’elle est vicieuse, très vicieuse. Qu’elle a un talent décidément hors-norme pour nous bousculer, nous retourner, nous bouleverser. Qu’elle prouve plutôt deux fois qu’une que c’est une auteure dont le nom est à surligner dans ce monde très à la mode des romans psychologiques.

Quelle fin !

Je n’utilise volontairement pas le terme de thriller, tant les ¾ du romans n’entrent pas dans ce cadre. Et pourtant… Cette fin… Dieu que cette fin est à classer dans ce qui se fait de mieux dans la catégorie (comme quoi, ce livre est décidément inclassable).

Une conclusion d’une rare finesse, à l’image de l’ensemble du récit, mais sacrément dérangeante. Un aboutissement inimaginable et pourtant si plausible. A lui seul, il change totalement la face de l’histoire et tombe à pile. Deux est un roman touchant dans tous les sens du terme. Touché coulé.

Sortie : 05 novembre 2015

Éditeur : Sonatine

Genre : Roman noir

Traducteur : Marianne Thirioux

Notes :

Profondeur : 8/10

Dimension de l’histoire : 8/10

Psychologie : 8/10

Qualité de l’écriture : 8/10

Émotions : 8/10

Note générale : 8/10

8

4° de couverture

Au Maroc, la vie de Mona est devenu un calvaire. Elle s’occupe de sa fille, Leila, et de sa mère malade. Al, son mari, a disparu depuis plusieurs mois, peut-être parti en Angleterre pour finir ses études de médecine. Aussi quand l’opportunité d’aller travailler à Londres s’offre à elle, Mona la saisit.

A Londres, Theodora a besoin d’aide. Entre son père qui souffre de la maladie d’Alzheimer, son fils qui passe sa journée devant la télé et son émission de radio, elle ne s’en sort plus. L’arrivée de Mona dans sa vie va tout changer. Enfin elle va pouvoir s’occuper d’elle et des siens en sachant qu’elle peut se reposer sur quelqu’un. Sa maison sera impeccable, sa vie sociale à nouveau trépidante et elle va gagner, avec l’arrivée de la discrète Marocaine, plus qu’une employée de maison, une véritable confidente.

Chacune dépend de l’autre mais, très vite, va s’instaurer entre elles un rapport étrange, insidieux et violent. Une lutte feutrée, tout en retenue et en non-dits, qui ne peut que les mener au pire.

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Catégories :Littérature

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20 réponses

  1. Bon et bien…je note comme tu t’en doutes hein!!!!

  2. Pour ma part, je vais passer malgré cette magnifique chronique. Je pense que ce n’est pas du tout mon genre de livres. Toi qui me connais, je pense que tu es d’accord 😉

  3. J’ai adoré!!!!!J’attendais ta chronique et ben là, c’est juste génial!!!!!;)
    Un roman de femme, mais qui te tiens en haleine immanquablement!!!!;)

  4. A lire bientôt, j’espère. Et ta chronique me donne envie

  5. J’ai eu la chance de le lire également, je l’ai beaucoup aimé, un roman surprenant, embarquée d’un bout à l’autre.

  6. Alors je vais le noter, une fois ! *faux accent belge* Non, pardon, DEUX fois ! 😛

  7. Comment résister ?? 🙂
    ( désolée pour le côté laconique de mes commentaires mais j’ai une liste impressionnante de chroniques à lire… lol)

  8. Pourquoi pas ! Je note quand je baisserai ma pal ! Tu sais si bien raconter, pour tenter le
    lecteur ! Encore une fois, une chronique qui donne le goût !

Rétroliens

  1. Livre : La chronique d'Yvan Fauth - The british Touch - Les déblogueurs
  2. Regards croisés sur mon Top 30 des romans lus en 2015 – De la 25ème à la 21ème place | EmOtionS – Blog littéraire et musical
  3. Plateau – Franck Bouysse
  4. Deux – Penny Hancock – les cibles d'une lectrice "à visée"

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