Les chiens de Détroit – Jérôme Loubry

Pour son premier thriller, Jérôme Loubry a utilisé tous les ingrédients pour se casser la figure. Un français qui met en scène une histoire avec des enfants (sujet hyper sensible), se déroulant aux États-Unis (tant d’auteurs francophones construisent des récits américains qui font carton pâte)… La dernière page tournée, le moins que je puisse dire c’est que l’auteur est toujours bien campé sur ses deux pattes et que le résultat force le respect.

Un monde en crise

La ville de Détroit, ancien fleuron de l’industrie automobile. L’action se déroule entre 1998 et 2013. Loin de l’époque prospère des années 50. Loin encore du « Detroit rock city », hymne scandé par le groupe Kiss en 1976 (année de naissance de l’auteur d’ailleurs. Hasard). La fin des années 90, là où la mutation forme le monstre qui dévorera de nombreuses familles avec la crise des subprimes.

Les chiens de Détroit est un thriller noir, rythmé et bien mené. Dans ce Détroit fantôme en pleine déréliction, Jérôme Loubry a construit une intrigue, certes avec des composants connus, mais qu’il a réussi à épicer pour rendre le récit véritablement prenant.

Premier constat, et non des moindres, l’auteur a traité ce sujet sensible sans voyeurisme, sans misérabilisme et sans violence gratuite. Premier satisfecit.

Obsessions

Ses deux personnages de flics, ensuite, sont terriblement attachants. Des flics cabossés par la vie, du déjà vu aussi, mais que l’auteur a su si bien façonner qu’ils en deviennent rapidement fascinants par leurs failles et leurs obsessions. Ce sont bien eux qui sont mis en avant à travers cette histoire (mais pas seulement). Les chiens ne font pas des chats.

Eux et la ville de Détroit, traitée comme un personnage à part entière. Pas de descriptions maladroites à la Google maps, l’ex Motown est présente partout et tout le temps, en tâche de fond, pour accentuer l’atmosphère lourde et la rendre encore plus crédible. De bons personnages ne font pas tout et l’auteur a réussi à décrire un environnement qui donne d’autant plus de force à ce thriller.

Patte imprimée

Jérôme Loubry a réussi à imprimer sa patte dès ce premier roman. Les chiens de Détroit est un thriller qui mérite toute l’attention d’un lectorat avide de ce genre de romans et qui apprécie qu’un auteur arrive à puiser sa singularité dans des thèmes pourtant souvent traités. Il faut dire qu’il sait sacrément y faire pour raconter une histoire avec une écriture déjà bien assise et un vrai talent pour la construction narrative.

Jérôme Loubry vient de loin et ira loin, il en a clairement le potentiel.

Lien vers l’interview de Jérôme Loubry au sujet de Les chiens de Détroit

Sortie : 11 octobre 2017

Éditeur : Calmann-Lévy

Genre : Thriller

Ce que j’ai particulièrement aimé :

L’environnement, crédible

Les personnages

La noirceur qui évite pourtant tout voyeurisme

La construction de l’intrigue

KISS – Detroit rock city

4° de couverture

Une plongée suffocante dans les entrailles pourrissantes de Détroit, devenue cimetière de buildings.

Novembre 1998. Le corps du petit Peter est découvert dans un buisson de Palmer Park. Il a été enlevé, étranglé puis déposé là par un homme dont la taille, d’après les rares indices récoltés, dépasse de loin celle du commun des mortels. L’enquête est confiée à l’inspecteur Stan Mitchell, alias «  le Molosse  », un flic violent banni de Washington et exilé à Détroit, cette cité géante autrefois gloire de l’industrie automobile devenue capitale du crime et qui, chaque jour, sombre un peu plus dans la décrépitude.

Bientôt, les enlèvements se multiplient et la presse commence à parler du «  Géant de brume  », croquemitaine terrifiant dévoreur d’enfants décrit par un témoin anonyme. Et tandis que la police patine, que Détroit se vide de ses habitants, Mitchell s’enfonce toujours un peu plus dans l’alcool et la solitude… L’affaire lui est retirée puis, avec le temps, à l’image des maisons de Détroit, abandonnée et oubliée.

Quinze ans plus tard, les disparitions recommencent. Mitchell qui a réussi à arrêter la spirale de sa déchéance est à nouveau sur le coup, épaulé par une jeune inspectrice récemment arrivée en ville, Sarah Berkhamp. Grâce à eux, le tueur, un géant placide nommé Simon Duggan, est enfin arrêté. Deux enfants n’ont toujours pas été retrouvés et sont peut-être encore en vie. Mais Duggan refuse de coopérer. Il ne veut parler qu’à Sarah. Pour sauver les enfants, la jeune femme va devoir écouter les fantômes du passé…

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Catégories :Littérature

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7 réponses

  1. Sur le point de le finir et bluffée pas sa qualité pour un premier ! Clairement à suivre !

  2. J’ai beaucoup aimé aussi, l’atmosphère crée par l’auteur est hypnotisante.
    La clarté qui souffle sur ce titre malgré la noirceur du sujet !
    Le style, la plume m’ont bluffée aussi.
    Bref beaucoup aimé et + si affinités.

  3. Je reconnais que la toile de fond me donne envie.
    Merci mon ami pour cette découverte 🙂

  4. Ohhhh non ….encore une tentation 😂

Rétroliens

  1. Interview – 1 livre en 5 questions : Les chiens de Détroits – Jérôme Loubry – EmOtionS – Blog littéraire et musical

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