Interview – 1 livre en 5 questions : La prophétie de Langley – Pierre Pouchairet

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre.

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

Pierre Pouchairet

Titre : La prophétie de Langley

Editeur : Jigal

Sortie : 15 février 2017

Roman en lice pour le prix littéraire 2017 du Festival sans nom, le salon du polar de Mulhouse

Comment s’est forgée l’idée de ce livre ? La couverture parle d’une collaboration avec L. Gordon ?

L’idée de ce livre m’a été proposée par un banquier international qui se cache sous le pseudo de L.Gordon. Il écrit habituellement des polars financiers, dans le cadre de sa série Panique à la banque, publiée chez i-éditeur, en collaboration avec Olivier Marbot.

Nous nous sommes rencontrés et L. Gordon m’a parlé de ce système « Prophecy » créé par la CIA pour détecter des transactions financières douteuses pouvant laisser penser qu’une compagnie est menacée. Sur cette base, nous avons bâti ensemble un projet d’histoire policière qui est illustré par nos deux expériences, celle de la banque et celle de la police. La collaboration de L. Gordon est très importante pour les premiers chapitres qui décrivent un milieu bancaire que je ne connaissais absolument pas.

Les personnages qu’il décrit ont un pendant bien réel. Le personnage de Alasdair McLeod, ancien légionnaire devenu directeur du service de courtage m’a immédiatement fasciné, comment ne pas avoir envie de le remettre dans l’action ?

Personnellement, je voulais également avoir un héros qui ne soit pas flic. Après le prix du quai des Orfèvres, qui est ancré dans la réalité policière et le code de procédure pénale, j’avais envie de me détacher de tout ça et d’avoir un personnage qui n’ait pas à traîner un code pénal à la cheville. Reda est parfait pour ça. Ce jeune est accusé d’un crime qu’il n’a pas commis et il va essayer avec ses propres moyens de prouver son innocence sans se préoccuper de la légalité de son action. Idéal pour écrire quelque chose de crédible et qui soit tout de même une fiction.

Le challenge a été l’écriture à quatre mains car il a fallu se partager le texte et bien déterminer qui faisait quoi et que ça tienne debout. C’est la première fois que j’ai été obligé de bâtir un plan et de m’y tenir. Habituellement, je m’abandonne à l’histoire et je n’en connais pas forcément la fin au moment ou je débute… Là, tout était prévu.

Le rythme de ce récit est haletant. Vous semblez avoir pris soin de ne jamais lâcher l’accélérateur…

J’ai été impressionné par les premières pages d’un livre de Michaël Mention, Le Carnaval des Hyènes. Il y a une scène d’action et de course poursuite absolument affolante. Pour moi, c’est vraiment un rythme que j’aimerais arriver à tenir pendant tout un bouquin.

J’ai toujours un peu peur que le lecteur s’ennuie, pire s’endorme sur mon livre, j’essaye donc de faire bouger les choses et qu’on ait toujours envie de tourner la page pour savoir ce qui va se passer. Je suis accro aux séries et je suis fasciné par les scénarios qui font qu’on n’arrive pas à s’arrêter…

Le côté addictif qui fait qu’à la fin d’un épisode, même si on est crevé, même s’il est tard, on meure d’envie de voir au moins le début du suivant.

Un blogueur a écrit que mes livres étaient écrits caméra sur l’épaule. C’est un des plus beaux compliments qu’on m’ait faits.

Cette intrigue, et le milieu dans laquelle elle s’inscrit au départ, sont particulièrement dans l’air du temps…

Vous parler du milieu de la banque et des Traders ?

On parle de plus en plus des affaires politico-financières, je pense qu’elles ont existé de tout temps, peut-être plus médiatiques aujourd’hui, notamment avec l’affaire Kerviel. C’est vrai que les sommes en jeu sont inimaginables et donnent le tournis.

J’écris également sur le risque nucléaire et les menaces sur des sites particulièrement exposés… Ils pourraient être des objectifs terroristes et c’est effectivement aussi dans l’air du temps… Malheureusement.

Le thriller peut-il être un bon vecteur pour faire passer un message ?

Absolument, c’est déjà ce que j’ai essayé de faire avec mes deux livres qui se passent en Palestine (Une terre pas si sainte et A l’ombre des patriarches), ainsi qu’avec La filière afghane. Je crois que de plus en plus, les gens ont envie de lire autre chose que la énième histoire d’un serial-killer ou d’un flic maniaco-dépressif.

Le lecteur a envie de voyager, de connaître des lieux où il n’ira pas, ou peut-être après avoir le le livre.

Le lecteur a aussi envie de savoir sur des sujets qui l’intéressent et le polar est un excellent moyen de dispenser des connaissances ou des idées sans tout l’aspect rébarbatif du livre document qui n’est souvent lu que par des gens qui sont déjà des initiés.

Le polar a l’avantage, par rapport aux témoignages et aux documents, qu’il laisse toute liberté aux personnages d’exprimer des points de vue qui ne sont pas forcément politiquement corrects. Il peut plus facilement permettre d’appuyer là où ça fait mal, de mettre en scène des salopards qui existent et dont on n’oserait pas parler.

Mais surtout, ce que j’essaye de faire c’est de ne pas imposer une idée au lecteur. L’important est de l’intéresser à un sujet, après, libre à lui, de se documenter pour en savoir plus.

Est-ce ce genre de défi qui attend de plus en plus les flics à l’avenir (de votre point de vue d’ancien commandant de police) ?

Les défis qui s’imposent aujourd’hui aux forces de sécurité sont de plus en plus importants. Ceux qu’on connaît traditionnellement ne s’arrêteront pas, il y aura toujours des meurtriers, des voleurs, des trafiquants de drogue et des délinquants sexuels…

D’autres formes de criminalité vont prendre de l’ampleur, comme le piratage informatique. La société est devenue dépendante des ordinateurs, un piratage peut bloquer un pays et causer des drames, des accidents de train, d’avion, porter atteinte à des barrages, des centrales nucléaires, des usines chimiques… Difficile d’imaginer tout ce qui est possible. L’ordinateur peut être une arme terrible aussi bien pour les escrocs que pour les terroristes. La difficulté étant qu’ils peuvent agir à partir de n’importe quel point du monde.

Le défi le plus important et qui s’impose à toute notre société est la montée d’un islam radical dans nos banlieues.

 

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Catégories :Interviews littéraires

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2 réponses

  1. Je l’ai acheté lors de mon passage en France, maintenant, yapuka !

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