Vaut-il mieux être toute petite ou abandonné à la naissance – Gilles Legardinier et Mimie Mathy

J’ai une profonde estime pour Gilles Legardinier, pour son travail et pour l’homme. Voilà qui explique ma curiosité pour cet ouvrage franchement éloigné des territoires que je visite habituellement.

Différence

La différence et le respect de celle-ci, vaste sujet. Quelle que soit cette différence, la réaction face à elle renseigne sur la manière dont on perçoit les autres. En égal, avec tolérance, ou en comparant, en raillant ceux qui ne sont pas le calque de notre propre personnalité. J’ai choisi depuis longtemps la première option, et c’est bien pour ça qu’un tel livre avait de quoi me parler.

En cette période où l’intolérance tourne de plus en plus à la vindicte, où l’obscurantisme tend à poser son ombre sur les sociétés, voilà un livre simplement positif qui apporte de la couleur, de la lumière. 

Cet échange entre ces deux personnes n’a d’autre prétention que d’être un témoignage authentique sur deux parcours de vie. Le « message » ne se veut en aucun cas moralisateur, mais tente de montrer que la différence est une richesse et peut permettre de se construire. Même dans un monde où tout semble devoir être rangé dans des boîtes hermétiques. « Je crois que, dans la vie, on se définit davantage au contact de ce qui est différent de nous, pas identique » (Mimie Mathy).

S’ouvrir aux autres

Ceux qui espèrent combler leur vil instinct de voyeur ou pouvoir se vautrer dans le malheur des autres, vont être fort déçus par ce livre. Le message y est continuellement positif, loin des clichés misérabilistes. « Ce n’est pas tant la différence qui compte que la façon de la vivre. Ce qui en fait une faiblesse, une force ou un élément neutre, c’est le regard que tu portes sur le mécanisme que ton décalage déclenche chez les autres. ». Et à propos du mot bâtard : « Ce mot sonne effectivement comme une insulte mais je m’en fous. L’emploi que les individus font des choses et des mots ne fait que révéler ce qu’ils sont. Ceux qui te jettent un mot à la figure montrent leurs limites. » (Gilles Legardinier).

Qu’importent les personnes, cet échange montre avec sincérité que nous sommes tous le différent de l’autre. Il parle avec authenticité de la bonne manière de vivre sa différence : en s’ouvrant aux autres tout en ayant un entourage sain.

Vaut-il mieux être toute petite ou abandonné à la naissance est une discussion, sans autre volonté que de partager des ressentis qui peuvent parler à d’autres, et qui a la beauté des choses simples. Avec un petit supplément d’âme aussi.

Sortie : 11 mai 2017

Éditeur : Belfond

Genre : Conversation / témoignage

4° de couverture

Mimie est l’une des comédiennes les plus populaires de notre pays et Gilles l’un des auteurs les plus lus. Au delà de leur notoriété, l’un et l’autre ont une particularité qui a façonné leur vie… L’idée est simple : à partir d’une rencontre humaine formidable, ils ont eu envie de se poser les questions que personne n’ose jamais afin d’aborder légèrement, mais en toute connaissance de cause, ce qui aurait dû les détruire et les a finalement construits.

Loin d’être une thérapie, ce livre est une invitation, une volonté de dire à ceux qui ne se reconnaissent pas dans les stéréotypes du monde qu’ils y ont aussi leur place. C’est un dialogue libre, authentique, joyeux et émouvant, un regard croisé, un essai comparatif décalé et tendre pour aider ceux qui ne trouvent pas leur place à se la fabriquer. Bienvenue au cœur d’un échange exceptionnel où chacun veut découvrir avec bienveillance les pires problèmes de l’autre et comment s’en sortir. Avec autant de chaleur que de pertinence, ces deux humanités prouvent qu’aucun destin n’est joué d’avance.

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Catégories :Littérature

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13 réponses

  1. J’ai pris aussi par curiosité. Yapuka !

  2. Si tu savais comme je suis en colère après le comité d’étude littéraire, c’est chez lui que ce titre c’est retrouvé pour être analysé. Et il ne l’on pas proposé à l’achat pour nos bibliothèques en le déconseillant avec un commentaire à la con , je cite « On ne nous épargne rien ! » Mais pour qui ils se prennent cette bande de bibliothécaire élitiste imbus de leur savoir ! Ce qui est certain c’est qu’il n’en pas intelligence du coeur et surtout qu’ils méprisent leurs lecteurs, nos lecteurs ! Je suis dégoûtée par une telle attitude ! Bande de crétins prétentieux alors que ce livre est parmi les meilleures ventes ! En colère je suis, vraiment !

    • J’ai vu passer quelques commentaires du même tonneau sur Facebook…
      Ma chronique initiale était plus agressive à cause de ça, mais je l’ai changé pour rester dans le positif, à l’image de ce qui est dans le livre.
      Quel mépris… Quel manque de respect. C’est une forme des racisme aussi, rien de moins.
      On peut ne pas s’intéresser du tout à ce livre sans pour autant devenir méprisant et suffisant

  3. Je ne suis pas surprise du tout de ce choix! On te reconnait bien là, avec cette gentillesse et cette tolérance qui te caractérise…Il à l’air super beau en plus ce livre, et un peu de lumière et de bonne humeur, c’est toujours bon pour le moral!!!;)

  4. Merci Yvan pour cet article, de mon côté aussi que n’ai-je pas entendu… et pourtant j’aime beaucoup le concept du livre et comme toi, je ne savais pas avant, pourquoi j’étais aussi touchée par les histoires de Gilles.

    J’adore la phrase Mimie, elle est si vrai. Elle est essentielle et ceux qui pensent le contraire, se privent de tant de richesses. Mais bon… l’Homme a inventé les oeillères pour rassurer les chevaux, il savait bien de quoi il parlait 🙂

    Tout à fait d’accord avec Gilles aussi à propos des mots qui deviennent des insultes. J’essaie de réhabiliter le mot « salope » pour ma part. Je choque évidemment, les petits juges bien pensant et étroits d’esprit, qui ne conçoivent même pas la portée de leurs insultes… Il y a tant à faire et je suis ravie que ce livre fasse sa part du colibris 🙂

    Bon allez, la pause est fini, j’y retourne !

    • merci Marie ! C’est triste ce genre de comportements… c’est très bien vu, l’histoire des œillères (mais un peu vache pour les chevaux). Pour la réhabilitation des mot, vous avez peut-être un concept à creuser tous les deux 😉

      • Oui, ma jument adore ses œillères, pour sa part ! 😆 J’avais vu le roman, c’était tentant, mais tu connais ma PAL, alors, je suis passée à côté ! Et je n’y succomberai pas car je ne le lirais pas avant mes 60 ans au moins !

        Si je comprends bien, c’est Legardinier qui a été abandonné à la naissance, alors ?

        La vie n’est pas toujours tendre… mais j’aime les gens qui la surmontent et qui, de leurs faiblesses, en font une force. Je retiendrai aussi la phrase de Gilles 🙂

  5. La tolérance. .. un des plus gros problèmes de l’humanité. . Si ce n’est le plus gros.
    Jolie texte qui te ressemble à 200 % mon ami

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