Cet été là – Lee Martin

chronique littéraire

lee-martin-cet-ete-laIl est des romans qui marquent d’emblée par le style de leur écriture. Cet été-là de Lee Martin est de ceux-ci.

Soin tout particulier

Ce qu’on pourrait trop vite prendre pour de la préciosité, se révèle être un soin tout particulier apporté à la narration, sans rien d’artificiel.

Cet été-là est la description d’un drame à travers les mots de différents protagonistes, majeurs ou annexes. C’est aussi le portrait d’une époque, le début des années 70.

Les personnages racontent et se racontent à l’aune de leur vie, trente ans après, à travers le prisme d’un fait divers qui a marqué tout une communauté.

L’âme humaine est complexe et peut être noire. Lee Martin la dépeint à sa manière, avec beaucoup de subtilité. J’ai parfois pensé aux romans de Thomas H. Cook avec cette manière de décrire autant une époque qu’une histoire, autant la vie d’une petite ville américaine que le drame qui s’y joue. Le tout avec un coté nostalgique marqué.

Portrait d’une période révolue

L’auteur brosse le portrait d’une période révolue, avec nombre de détails qui donnent cette impression de vérité autant que cette sensation mélancolique (même si pour le lecteur francophone, l’effet est obligatoirement atténué). Le résultat en est assez étonnant, s’en est presque sensoriel.

Cet été-là est un roman noir qui ne se lit pas à la va-vite et qui demande l’attention du lecteur. Ne vous attendez pas à un rythme soutenu (il en manque d’ailleurs un petit peu, à mon goût), c’est avant tout une histoire noire racontée à plusieurs voix, une polyphonie de ressentis qui amènera à comprendre la tragédie au bout du chemin de lecture.

Construction admirable

La construction du récit est aussi admirable que prenante. L’alternance des interventions est un modèle du genre, tout en retenue, loin de tout effet factice.

L’auteur met en avant le tempérament de chaque personnage, qui se révèle au fur et à mesure. Une idiosyncrasie qui permet de réellement percevoir l’individu pour mieux saisir son comportement. Derrière le vernis se cache souvent de profondes fêlures. Entre désir et perte.

Cet été-là est un roman noir particulièrement travaillé dans sa forme. Lee Martin n’en a fort heureusement pas oublié l’émotion. Elle transparaît pour rendre son récit marquant. Pas étonnant qu’il ait concouru pour le prix Pulizer.

Sortie : 9 février 2017

Éditeur : Sonatine

Genre : Roman noir

Traduction : Fabrice Pointeau

Ce que j’ai particulièrement aimé :

L’écriture soignée

L’immersion dans les années 70

4° de couverture

Tout ce qu’on a su de cette soirée-là, c’est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu’elle n’était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l’Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l’enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n’a jamais su ce qui était arrivé à Kathy.
Que s’est-il réellement passé cet été là ?
Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent.
Le frère de Katie, son professeur, la veuve d’un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient.
Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd’hui encore, qui manipule qui ?

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Catégories :Littérature

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29 réponses

  1. Malgré l’évocation de Thomas H. Cook, qui me fait toujours dresser les oreilles, je ne suis pas sûr d’être attiré par ce roman… Tu en parles bien, hein, ne t’inquiète pas 😉 Mais le sujet, déjà vu, ne m’attire pas plus que cela en l’occurrence.

  2. Je suis à la moitié, je te lis après 😉

  3. Tu es la deuxième personne qui me parle en bien de ce roman aujourd’hui. Alors crois moi bien, mon ami, celui-ci ira bientôt dans ma PAL des deux semaine à venir ! 😉

  4. Décidément, ma binômette en parle, toi aussi, le même jour, en plus ! Hier ou avant-hier, c’était Léa Touch Boook, qui ne l’a pas aimé, elle. Bon, je le possède, alors mes deux oreilles sont bien dressées, tout le reste aussi. Je vais le lire !

    « idiosyncrasie », ça vaut combien de points au scrabble, ce mot ?? 😛

  5. Effectivement, il semblerait qu’on apprécie ce roman pour les mêmes raisons!!!!;)

  6. idiosyncrasie, j’en apprends des mots avec toi 😉 J’ai donc terminé ma lecture et je viens en discuter avec toi. Je suis sur la même longueur d’ondes, ce qui ne m’étonne pas vraiment 😉 Thomas H Cook j’ai lu Au lieu-dit Noir-Etang et j’avais beaucoup aimé cette ambiance, cette justesse dans les émotions. Je me note de lire d’autres livres de cet auteur si cher à Sophie L. Dans « Cet été là », j’ai particulièrement aimé les différents niveaux narratifs, c’est remarquable.

  7. Très belle chronique qui met en relief la sensibilité de l’auteur pour ce roman noir… Je retiens cet auteur, merci à toi 😉

  8. Tu vois, si tu n’en parlais pas si bien, il n’aurait même pas retenu mon attention. .. comme quoi. .

  9. J’ai bien aimé la construction du roman, moins le style… trop uniforme pour un roman choral. Mais une lecture qui reste fort sympathique.

  10. Celui ci me tente bien, surtout que j’apprécie Cook 😉

  11. Avec un avis aussi posotif, pas étonnant que je l’ai saisi dès que je l’ai vu à la foire du livre ! 😋

  12. Positif bien sûr… sorry, il est tôt ! 🙄

Rétroliens

  1. Cet été là de Lee Martin | blacknovel1

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