Interview – 1 livre en 5 questions : Toxique – Niko Tackian

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1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre.

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

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Niko Tackian

Titre : Toxique

Sortie : 05 janvier 2017

Éditeur : Calmann-Lévy

Lien vers ma chronique du roman

Après deux premiers thrillers, ce nouveau roman est votre première vraie incursion dans un domaine qui se rapproche davantage du polar…

C’est tout à fait vrai ! Pourtant ça fait des années que je pratique le polar en scénario pour la télévision mais je me suis plus naturellement dirigé vers le thriller pour mes deux premiers romans.

Avec « Toxique », il s’agit de créer un personnage récurrent d’enquêteur et de le suivre sur plusieurs romans donc le polar s’est en quelque sorte imposé. Ceci dit, c’est un genre fabuleux car il se prête a toute sortes de nuances. Polar social, psychologique, historique, fantastique, horrifique, existentiel… c’est un animal métamorphe et insaisissable permettant une grande liberté pour un auteur.

C’est donc bien un polar mais dans un genre un peu décalé vers le psychologique avec la pointe d’étrangeté que j’aime insuffler dans mes récits. Et puis surtout, c’est un polar contemporain dont l’action se situe post attentats de novembre 2015 et en plein état d’urgence. Pour moi c’est primordial car le point de vue de la société et son regard sur la police a changé après ces événements et cela impacte directement l’ambiance du travail policier.

C’était troublant pour moi d’écrire ce livre et d’y incorporer en temps réel des événements de notre actualité. J’ai d’ailleurs conservé ce principe pour la suite…

Avec ce roman, on est loin des histoires de serial killers et plus proche du fait divers. Le personnage toxique est mis en scène dans un environnement qui pourrait être notre quotidien à tous…

Parce que la violence des sentiments et des faits nous entoure quotidiennement. Pas besoin d’invoquer des serial killers ou autres créatures « rares » pour la mettre en scène. Il suffit de lire les faits divers quotidiens pour voir le pire.

Et le pire c’est vôtre voisin qui frappe ses enfants et sur lequel vous avez des doutes sans oser en parler. Le pire c’est la femme qui se fait violer quasiment aux yeux de tous sans que personne ne réagisse, ou cette mère de famille qui jette ses enfants par la fenêtre avant de s’ouvrir les veines… le pire c’est le réel, le quotidien.

Si on vivait dans des univers de fiction, notre vie serait moins violente. Et puis c’était mon désir dès le début de traiter d’un « criminel psychologique », un prédateur dont le champ d’action est votre esprit, votre vie, vos proches. Ce genre de violence est très difficilement qualifiable et encore plus au niveau juridique ou pénal. Avec Toxique, on comprend la différence entre un psychopathe et un sociopathe. Et si la première espèce est assez rare, on suspecte la seconde de représenter un pourcentage beaucoup plus important de la population. Mais il n’y a que peu d’outils pour le détecter…

Comment avez-vous procédé pour travailler votre personnage toxique ? J’espère que ce n’est pas en vous inspirant de votre entourage…

Grande question de l’inspiration. Si au contraire, je me suis inspiré de ce que je connais. Je ne suis pas un enfant battu, mais mes origines font de moi un maillon dans un lien générationnel brisé par un génocide (celui des arméniens). C’est peut être de ce côté qu’il faut aller chercher ma sensibilité pour la violence faite aux gens, celle qui contamine vos racines, qui empêche l’arbre de grandir.

C’est aussi là qu’il faut fouiller pour comprendre la nationalité Kurde de mon héros, Tomar Khan. Pour le reste, et bien je dirai que ma vie, mes expériences et ma culture se cachent derrière ces personnages. Par contre c’est difficile, même pour moi, de le décrypter précisément. Un roman a forcément quelque chose de psychanalytique. C’est un morceau de votre vie qui vous a accompagné des mois pendant l’écriture et qui continue à vous parler bien après.

Je voulais également construire un personnage assez physique, en lutte pour contenir sa propre violence, notamment par la pratique du sport. Cela me permet d’écrire quelques scènes d’action assez âpre ou je reste collé le plus possible au personnage afin de faire ressentir ce lien entre l’esprit et le corps qui passe souvent par la souffrance. J’avoue que mon expérience des arts martiaux et des sports de combats m’aident à visualiser et donc à écrire ce genre de passages.

Les scènes sont très visuelles, c’est votre profil de scénariste TV et BD qui explique aussi votre manière d’écrire ?

Certainement ! Mais c’est aussi parce que c’est ce que j’aime lire. Je ne suis pas un intellectuel, ni un littéraire, je ne cherche pas particulièrement à développer un style d’écriture. Quand j’écris je me concentre sur quelques facteurs : efficacité, rythme et précision.

Après j’essaie d’être sincère, de ne pas me « regarder écrire » comme un acte narcissique. Je suis quelqu’un de simple et j’écris ce que je vois dans ma tête avec le maximum de sincérité. Et puis il y a une musicalité dans l’écriture à laquelle je suis très sensible. Quand une phrase sonne juste, je passe à la suivante sans me poser de question.

C’est sans doute pour cela que j’écris vite ! Je suis un garçon qui peut être assez cérébral dans la vie mais lorsque j’écris, c’est mon instinct qui prend le dessus.

Ce roman vous donne-t-il l’envie de prolonger l’expérience avec certains de vos personnages qui semblent avoir un passé intéressant à creuser ?

C’est plus qu’une envie : c’est prévu ! Le commandant Tomar Khan reviendra rapidement pour une nouvelle enquête et surtout pour essayer de se dépatouiller avec son passé Toxique…

Le prochain roman est déjà en cours et j’ai la chance immense d’avoir avec moi la géniale équipe des éditions Calmann Lévy et des Editions de L’épée ! Je ne remercierai jamais assez Caroline L’épée et Philippe Robinet pour la confiance totale dont ils font preuve à mon égard. Je pense qu’au fond, c’est le plus beau cadeau qu’on puisse faire à un auteur…

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Photo : Stéphane Bouquet

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Catégories :Interviews littéraires

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10 réponses

  1. Déjà que je voulais trop mais TROP le lire, ça ne fait que confirmer ce choix….Merci de cette belle interview , j’adore sa façon de nous raconter son rapport à l’écriture….;)

  2. Acheté…Y’a plus qu’à le lire..Très belle interview Yvan comme d’habitude.
    J’adore la façon de Niko de se dévoiler sur l’écriture de son roman.C’est très enrichissant.

  3. Non mais c’est fini oui ! Le toxique, c’est toi, pour mes finances et ma terrible et immense PAL (et ma wish-list aussi).

    Yvan, tu me tues… Bon, oukilé mon bic et mon carnet de notes parce que le monsieur du livre il me donne furieusement envie d’aller acheter son livre ! 😀

  4. Voilà maintenant je peux lire tranquillement votre entretient que j’aime tant !
    Merci messieurs !

Rétroliens

  1. Toxique – Niko Tackian – EmOtionS – Blog littéraire et musical

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