Chacun sa vérité – Sara Lövestam

chronique-litteraire

sara-lovestam-chacun-sa-veriteUn bon roman tient beaucoup à la qualité de ses personnages. Même une histoire qui pourrait paraître rebattue s’en trouve sublimée lorsque la caractérisation des protagonistes est réussie, au point qu’ils en deviennent inoubliables.

Sujet d’actualité

Chacun sa vérité de Sara Lövestam m’a fait cet effet-là. Son personnage principal, Kouplan, est aussi original que mémorable, aussi étonnant qu’attachant, aussi mystérieux que lumineux.

L’auteure suédoise explique qu’elle n’avait pas l’impression d’écrire un polar. Pourtant ce livre a obtenu le prix de l’Académie suédoise des auteurs de polars 2015. Paradoxal, mais c’est vrai que ce roman est un polar sans en être vraiment un. Il est à l’image de ce Kouplan qui est un détective privé sans vraiment l’être.

Pour preuve, c’est un iranien vivant de manière clandestine en Suède. Oui, un sans-papiers qui trouve une manière originale de s’intégrer dans une société qui l’a pourtant rejeté. Un sujet parfaitement d’actualité.

Exister à travers l’enquête

Kouplan n’est personne, il n’existe pas. Et pourtant il va se mettre à exister à travers cette enquête.

« En Iran je n’avais pas de vie. J’ai eu une enfance et une famille. Après, j’y ai passé du temps (…). Et puis je suis venu ici, j’ai presque eu une vie dans le sens où… Mais maintenant, j’y passe du temps. »

Ce personnage et le contexte dans lequel il (sur)vit touche directement à l’humanité du lecteur (il vaut mieux avoir un minimum de sens de l’empathie pour apprécier ce livre). Pas seulement lui d’ailleurs, parce que l’autre personnage principal (la suédoise de pure souche qui fait appel à Kouplan car elle ne peut pas aller voir la police) est également particulièrement touchant.

C’est autant leur relation (où une sorte d’étrange affection se dessine entre eux-deux), que le contexte qui donne aussi le sel de cette histoire. La raison de l’enquête touche à l’indicible. Le mystère autour d’eux laisse planer une ambiance pleine de questionnements (on ne fait pas appel à un détective aussi particulier sans raison, et on ne devient pas un tel enquêteur par hasard).

A la fois sombre et plein de lumière

Et l’histoire dans tout ça alors ? Grâce à ces deux protagonistes, le sujet banal prend une autre dimension. L’histoire assez quelconque en devient émouvante, à la fois sombre et pleine de lumière. Le style est sec, les phrases courtes, et pourtant paradoxalement Sara Lövestam arrive à faire passer de l’émotion à travers ses mots. Une économie de moyens qui fait que c’est un livre plutôt court (280 pages), mais qui sait faire le plein de sensations. Jusqu’à une fin doublement surprenante (même s’il est aisé d’en deviner une partie). C’est ça le talent d’un conteur.

Chacun sa vérité est le premier volet d’une tétralogie mettant en scène ce personnage formidable qu’est Kouplan. Ça tombe bien, il est hors de question que je quitte cet étonnant détective sans-papiers. Il fait dorénavant partie de mes proches, et je sens bien qu’il a encore énormément de secrets à révéler sur lui-même.

Sortie : 03 novembre 2016

Éditeur : La bête noire

Genre : Polar ?

Traduction : Esther Sermage

Ce que j’ai particulièrement aimé :

Les personnages

L’immersion dans la société suédoise

Le sort d’un sans-papiers plein de secrets

Ce que j’ai moins aimé :

L’enquête qui manque de relief

Mon avis sur la couverture : étrange

Mon avis sur la 4ème de couverture : claire et explicite, sans trop en dévoiler

4° de couverture :

Depuis trois ans, Kouplan est en  » situation irrégulière « . Sa demande d’asile a été rejetée par la Suède mais il ne peut rentrer dans son pays, l’Iran, sans risquer sa vie. Dans l’attente d’un avenir meilleur, il lui faut échapper à la vigilance quotidienne des autorités, tout en gagnant assez d’argent pour subvenir à ses besoins : ex-journaliste, il songe à poursuivre dans l’investigation.

Un jour, il propose ses services sur Internet et une femme lui répond : sa fille de six ans a été enlevée. Cette enquête va le précipiter dans le Stockholm underground, ces recoins de la ville où les clandestins sont des proies faciles pour les criminels…

Premier volet de la tétralogie Kouplan, Chacun sa vérité a reçu le prix de l’Académie suédoise des auteurs de polars 2015.

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Catégories :Littérature

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16 réponses

  1. Tiens tiens décidément nous avons les même lectures actuellement !
    Pour moi c’est une belle découverte que ce premier roman mais surtout quel personnage extraordinaire que ce Kouplan !

  2. Il m’intrigue cet avis, ce personnage, ce prix….Alors j’aimerai bien m’en faire une idée….Le seul hic, c’est que je n’aime pas attendre entre les sorties (ma mémoire de poisson rouge toussa, toussa….)….

  3. Je ne suis pas trop fan des polars suédois/nordiques mais il me tente bien car j’adore les titres de La Bête Noire ^^

  4. Mais que je note ce roman de suite ! ♫ Chacun sa route ♪ (j’ai pas pu m’en empêcher, tu m’pardonnes, dis ???).

    Un détective, mais qui change de l’ordinaire, je suis pour !

  5. Je vois que tu ajoutes des avis supplémentaires en fin de chronique. C’est vraiment une bonne idée, j’adore !

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