Conférence et dédicace – Gilles Legardinier – 22 octobre 2016 – Librairie Kléber à Strasbourg

chronique-litteraire

Les rencontres avec Gilles Legardinier, lors de conférences ou de dédicaces, sont des moments précieux. Ce fut l’occasion pour les chanceux présents lors de sa venue à la librairie Kléber à Strasbourg le 22 octobre 2016. Ils s’en souviendront longtemps.

Plus d’une centaine de personnes sont venues écouter et partager avec l’auteur. Une heure de dialogues autour de son nouveau et exceptionnel roman Le premier miracle. Parce qu’avec Gilles Legardinier, ce n’est jamais un monologue.

En voici un compte-rendu pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de le croiser, un résumé qui reprend ses mots et ses émotions.

Gilles Legardinier - Le premier miracle

Au début d’une rencontre avec Gilles Legardinier attendez-vous à ce qu’il fasse l’appel ;-). Avant de se lancer, il questionne la salle, demande qui vient de Strasbourg et qui vient d’ailleurs (les bras levés). Il questionne quelques personnes dans la salle pour leur demander leurs villes d’attache. C’est une curiosité sincère de sa part, il aime se souvenir des gens et d’où ils viennent.

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Une rencontre avec cet auteur n’est jamais banale. Je l’ai dit, c’est un vrai échange qui s’installe et les personnes présentes se sentent très vie connectées à l’écrivain. Et plus fort encore, il arrive à les connecter les uns les autres. Une belle communion à travers un moment de franche rigolade et de belle humanité.

Pas facile d’interviewer l’auteur quand celui-ci déploie facéties sur facéties et vous coupe dès que vous commencez à trop en raconter sur l’intrigue de son dernier roman. Il a bien raison, il serait criminel de trop en dire et de gâcher les (immenses) surprises qui attendent le lecteur. L’échange s’est donc plutôt concentré sur les émotions et les pitreries de Gilles Legardinier.

Une conférence de l’auteur, c’est à coup sûr des dérapages en tous sens, des blagues de gamins tout autant que des moments de fortes émotions. Une salle hilare durant près d’une heure. Une salle profondément touchée par les propos de l’écrivain aussi.

img_20161022_145909-copierToujours le même Legardinier

Petite mise au point de l’auteur en démarrant : il n’a pas changé avec ce nouveau roman, c’est toujours bien lui et il y parle toujours de rapports humains au travers d’une comédie d’aventure. C’est lui, simplement et vraiment lui, avec une dose supplémentaire d’aventure. Il ne veut pas s’arrêter à des étiquettes. Et comme il le dit bien : « il n’y a plus de chat sur la couverture, c’est pas graaaaave ! Il y a 500 pages à lire derrière la couverture » ;-).

Il sait que l’homme est souvent inquiet du changement, mais il aime casser les codes. Il « remercie tous les jours Saint Whiskas » pour tout le bonheur que lui ont apporté ses précédentes comédies, mais il ne reviendra pas aux chatons. Il laisse d’autres surfer sur cette vague. Ça ne l’empêchera pas de proposer à nouveau de pures comédies, dès le prochain livre d’ailleurs.

Il définit ses romans comme un concentré d’énergie au service du choc humain. Le premier miracle ne déroge pas à la règle. Comme toujours avec lui, les personnages se trouvent à un tournant de leurs vies et cette fois-ci ils sont davantage confrontés à de grands malheurs plutôt qu’à de « simples » petits malheurs de la vie.

Pas de calcul

Il aime dire que c’est un roman qui permet de galoper à travers le monde. Il y pousse à nouveau ses personnages dans l’eau, pour voir comment ils nagent. Il prend souvent comme image celle d’un toboggan, où il lance les lecteurs (mais en veillant à ne pas laisser d’échardes).

A la question de savoir s’il a pensé dès le départ à une adaptation cinématographique du Premier miracle, il explique que ce n’est pas le cas, qu’il n’y a aucun calcul là-derrière, aucune recette. A la différence d’un film, un roman se base surtout sur les ressentis, sans qu’on impose une vision (il sait de quoi il parle, il travaille dans le milieu du cinéma depuis des décennies, ayant contribué à plus de 2 000 films).

Concernant l’immense travail de documentation qui a servi à déployer cette nouvelle intrigue, il a expliqué l’avoir réalisé au fur et à mesure de l’écriture de l’histoire. Pour ce livre, il a sillonné le monde et a pu passer plusieurs jours pour écrire simplement « 4 mots » afin que tout sonne juste. Parce que le passé de l’homme nous apprend tout, il suffit de s’en souvenir.

Partie d’échecs

Au sujet de l’humanité de ses personnages et même parfois de ses méchants, il explique que la vie est faite de nuances, y compris celle des crapules et que (malheureusement) le monde s’est construit sur la violence. Ce sont les démons qui ont façonné le monde, à nous de faire ce qu’il faut pour que ça change.

Comme l’a bien vu l’intervieweuse, ce roman est parfois construit comme une partie d’échecs, surtout dans la têtes des méchants de l’histoire. Ça tombe bien, il adore lui-même les échecs, un jeu qui le fascine parce qu’il permet de « voir » les rouages dans la tête de l’autre, de ressentir l’intime de l’autre et la mécanique humaine.

Une bonne définition de sa manière d’être, lui qui pense que les réflexions sont intimement liées aux émotions. Le premier miracle dans la vie, c’est d’écouter les autres. Il le fait depuis toujours, ayant été le confident des jeunes filles dès sa jeunesse (il n’était pas aussi beau que ses potes, dit-il).

Gilles Legardinier est un croyant en l’être humain avant tout. Croyant en ces femmes et ces hommes qui s’approprient ses histoires. « Vos histoires », dit-il. « Faites de moi ce que vous voulez », propose t-il.

Uniques comme chaque enfant

Il raconte par des anecdotes (dont certaines hilarantes) combien chaque retour de lecture est différent. Il est incapable de catégoriser ses livres ou de les classer dans une « période » (comme lui a demandé une personne dans la salle). Chaque roman est comme un enfant, ils sont tous différents. Pour lui, il n’y a que deux catégories de livres : ceux qu’on aime et ceux qu’on n’aime pas.

Son but : être avec le lecteur, devant. Aller de l’avant ensemble.

Il y a eu les blagues, comme ce grand moment où il décrit certains lecteurs de ses amis Franck Thilliez et Maxime Chattam (j’en fait partie, hein). Il y a eu aussi plusieurs moments de la conférences qui ont apporté leurs lots d’émotions fortes. Jusqu’aux larmes, même.

Lorsque l’intervieweuse a souhaité lire un passage de son livre et que Gilles Legardinier est subitement devenu stressé, expliquant que c’est un exercice qui le terrifie. Pour lui, un livre n’est pas fait pour être lu en public, c’est un échange entre l’auteur et le lecteur seul.

Trémolo non feint

Lorsqu’il a raconté la belle histoire de l’impression de ce nouveau roman, aussi. Il avait demandé à ses lecteurs de lui envoyer des cartes postales pour décorer son lieu d’écriture. Sauf qu’il a reçu plusieurs dizaines de milliers de cartes, de quoi remplir son garage de sacs postaux ! Il a donc eu une idée (en expliquant que quand il dit avoir « une super idée », son entourage prend peur) : intégrer directement tous ces messages dans son nouveau roman en recyclant ce papier et en l’injectant dans la pâte à papier qui a servi à l’impression du premier tirage. Une opération compliquée techniquement et qui a coûté cher, mais elle lui tenait à cœur, comme un symbole. Et il a insisté pour que le prix de son livre ne soit pas augmenté pour autant et qu’il coûte moins de 20 euros.

Lorsqu’une personne de l’assistance lui a parlé de son passé de pyrotechnicien dans le cinéma, et à fort judicieusement fait l’analogie avec sa manière de fabriquer des étincelles dans les yeux de ses lecteurs. Gilles Legardinier a parlé de ce passé-là, qui a débuté à l’âge de 14 ans quand il est parti aux États-Unis. Il en a parlé avec les larmes aux yeux et du trémolo dans la voix, posant le micro, tant ce souvenir le touche et tant c’est ce qui a construit l’homme et l’écrivain qu’il est devenu.

Comme pour le cinéma, il se veut une usine à rêves. A la différence que lorsqu’on rencontre un acteur, il y a toujours une certaine distance, alors qu’avec un écrivain ce n’est pas le cas (la preuve, dit-il, on fait de lui et de ses livres ce qu’on veut, jusqu’à l’emmener aux toilettes).

Désolé, mais pour les blagues en cascade qui ont émaillé cet échange, il va vous falloir rencontrer directement l’auteur un jour, c’est intranscriptible 😉

Je suis certain que toutes les personnes présentes n’ont eu qu’une seule envie, le remercier chaleureusement pour ce moment d’humanité. Gilles Legardinier connecte les gens avec ce qu’ils ont de meilleur en eux et c’est bien ça Le premier miracle.

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Il a l’air bien sérieux sur mes photos, mais ne vous y fiez pas, la plupart du temps on le voit avec un sourire facétieux sur les lèvres ;-).

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La file pour la dédicace après la conférence (une file qui se prolongeait loin sur le trottoir).

img_20161022_155851-copierLien vers ma chronique du dernier roman : Le premier miracle

Lien vers l’interview réalisée avec l’auteur au sujet de ce roman

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Catégories :Littérature

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20 réponses

  1. Merci Yvan pour ce reportage, tu as du te régaler ! ! !

  2. Comment ça les chatons c’est fini ? ?
    Ha non mais je m’insurge là ! 😁

  3. Merci pour ce joli comte rendu d’une super rencontre!!!!;)

  4. Merci de nous faire partager ce moment magique entre tous 😊

  5. Dommage pour les blagues 😉

  6. Sinon, les poussins écrasés, ils sont entre les pages du livre ?? 😆

    Écouter Gilles, c’est toujours un plaisir, un anti-dépresseur à lui tout seul 😉

  7. Petit veinard que tu es ! 😉 🙂
    Merci mon ami pour ce partage. 😀

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