Interview – 1 livre en 5 questions : Je sais pas – Barbara Abel

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1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre. 5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

Barbara Abel - Je sais pas

Barbara Abel

Titre : Je sais pas

Sortie : 06 octobre 2016

Éditeur : Belfond

Lien vers ma chronique du roman

Avec ce roman, tu plonges le lecteur dans l’un des pires cauchemars que peut imaginer un parent…

En effet, même s’il se résout assez vite pour faire basculer l’intrigue dans une situation plus complexe mais tout aussi anxiogène.

Ben oui, que veux-tu, on ne se refait pas.

Le problème qui se pose à moi quand je cherche une idée pour un roman et, à fortiori, quand j’en entame la rédaction, c’est de mettre en scène une intrigue qui va passionner mon lecteur, le faire trembler pour certains de mes personnages, le happer tout entier, mais sans le faire souffrir. Il me faut trouver le bon dosage entre les frissons que je cherche à procurer aux gens qui me lisent et le plaisir que doit leur procurer la lecture de mes romans. La complaisance dans l’horreur ne m’intéresse pas.

Si l’on veut bien me rendre justice, à part dans Derrière la haine dont l’intrigue me l’imposait, je ne fais jamais de mal aux enfants. Et même dans Derrière la haine, le passage qui touche l’enfant pour faire basculer l’histoire est très pudique, à peine évoqué. Pour moi, le genre littéraire qu’est le thriller, et plus encore le thriller psychologique, doit rester divertissant, une littérature de vacances.

Sans trop en dire sur l’intrigue, on est loin d’une simple histoire de disparition d’enfant…

Tout à fait ! Les histoires de disparitions d’enfant sont légions, certaines très bien abordées, d’autres moins. Je ne vois pas trop ce que je pourrais raconter de nouveau ou d’original sur le sujet et, de plus, comme je l’ai dit à la réponse précédente, ça véhicule des émotions trop douloureuses auxquelles je n’ai aucune envie de me confronter.

S’il y a disparition d’enfant dans Je sais pas, c’est plus un vecteur qui mène l’intrigue vers le vrai nœud de l’histoire. Ce nœud aborde plutôt le thème des limites de l’innocence. Est-on réellement innocent quand on ne sait pas ? L’innocence que l’on attribue par défaut à un enfant peut-il tout pardonner ? Que faire quand la vie d’un adulte se trouve entre les mains d’une petite fille de cinq ans qui ne veut ou ne peut pas parler ?

Il y a cette phrase dans le roman que l’on a mise en exergue : « A cinq ans, on est innocent. Dans tous les sens du terme ».

Dans ce roman, on retrouve certaines des thématiques qui semblent t’obséder, comme les relations parents-enfants et les relations de couple…

Ce n’est pas qu’elles m’obsèdent, c’est que, comme tu l’as très bien dit dans ta chronique, les histoires que je raconte mettent toujours en scène des gens ordinaires à qui il arrive quelque chose d’ « extra-ordinaire ». Ma matière première, c’est le quotidien.

Et le quotidien de la plupart des gens, moi la première, c’est la famille, les enfants, le couple, le boulot. Donc forcément, je puise dans ce terreau qui, soit dit en passant, est d’une fertilité sans limite. Dès lors, pourquoi m’en priver ?

De plus, tout le monde a une famille, qu’elle soit présente ou absente. Ce sont des sujets universels. La famille a cela d’intéressant que c’est un microcosme qui reproduit les carcans d’une mini société. Dans une famille, il y a les bons et les méchants, les bourreaux et les victimes, les passifs et les actifs. Tout ce qu’il faut pour raconter une bonne histoire.

Beaucoup de choses reposent dans ce récit sur les secrets et les non-dits qui peuvent amener à des situations inextricables…

Là aussi, ce n’est que le reflet du quotidien de beaucoup de gens, même si je m’amuse à donner une forme fictionnelle à tout cela. L’important, c’est de toujours jouer sur des émotions universelles : l’amour, le désir, la jalousie, la peur…

Chaque famille a son lot de cadavres dans le placard, à divers degrés de gravité. Et les secrets et les non-dits amènent toujours à des situations explosives qu’il est parfois difficile de gérer. Il n’en faut pas plus pour que ça titille mon imagination.

Les personnages sont le centre de tout, une fois de plus. Les rebondissements (dont certains sont proprement ahurissants) sont surtout là pour mettre en valeur la complexité de leurs relations…

Dans tout récit, il y a l’histoire en elle-même et il y a la façon de la raconter. Plus j’écris, et plus je me dis que la forme est presque plus importante que le fond. Une bonne histoire mal racontée frappera moins les esprits qu’une mauvaise histoire bien racontée.

Avec le temps, j’apporte de plus en plus d’importance et de soin à cette forme qui donnera au roman tout son panache. Je me sers justement des rebondissements pour mettre un coup de projecteur sur une situation critique et lui donner un éclairage poignant, menaçant ou angoissant.

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Catégories :Interviews littéraires

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7 réponses

  1. Je veux encore plus le lire ! 😉

  2. Bonsoir
    J’ai découvert Barbara Abel avec ce roman que j’ai beaucoup aimé ! Et là j’aime sa façon de parler de son livre….merci pour cette interview

  3. Barbara est terriblement terrible… j’adore son écriture.. ses histoires… en plus elle est belge yeahhhhh

Rétroliens

  1. Je sais pas – Barbara Abel | EmOtionS – Blog littéraire et musical

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