Interview – 1 livre en 5 questions : Ne sautez pas ! – Frédéric Ernotte

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1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre. 5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

Frédéric Ernotte - Ne sautez pas

Frédéric Ernotte

Titre : Ne sautez pas !

Sortie : 26 août 2016

Éditeur : Lajouanie

Lien vers ma chronique du roman

Juste petit un prologue à l’interview pour m’insurger haut et fort ! Trois ans. Exactement trois ans ! Trois longues années à chercher ces maudits trois mots pour me définir… Et toi, tu ne me poses pas la question. Je suis dépité, Yvan ! 🙂

Réponse de l’intervieweur : cher Frédéric, tu avais eu l’occasion de répondre à cette question capitale il y a trois ans, tu avais décidé de botter en touche et de faire le malin (pour en avoir la preuve, voir ICI). C’est donc une juste punition ;-). Allez, je te repose cette question dans 3 ans !

Après un premier thriller très réussi, tu aurais pu réutiliser la même recette. Tu as, au contraire, décidé de te lancer dans une histoire très différente. Comment en es-tu arrivé là ?

J’ai avant tout écarté l’idée d’une histoire d’amour sado-maso entre un vampire et un loup-garou intitulé « 30 nuances de crocs » dont je t’avais parlé dans la dernière interview…

Plus sérieusement, ça donne le vertige un deuxième roman et j’avais dans mes cartons cette idée d’un gars montant sur le toit de Bruxelles pour réclamer de l’argent à des entreprises pour faire des dons. Je n’avais pas d’étiquette à coller sur cette histoire. A l’usage, c’est devenu un mélange d’humour et de suspense. J’ai pensé que c’était le ton le plus juste pour aborder le sujet. Mon premier objectif était d’écrire un livre divertissant. Que les lecteurs tournent les pages en se disant : jusqu’où va aller Mathias ? Maurice poussera-t-il le bouchon un peu loin ? J’ai joué avec les codes du polar et d’autres genres en fonction des besoins. Une idée en tête : parler de nous et surprendre…

Ton histoire baigne dans l’univers des associations humanitaires sans qu’elle ne soit pour autant moralisatrice. C’était un piège à éviter, selon toi ?

Quitte à flirter avec le risque, autant y aller à fond en prenant un sujet bien casse-gueule. On est sur le fil du rasoir en permanence. Écrire un livre à message(s) ne m’intéressait pas. Je pense que Ne sautez pas ! est plutôt un livre à débats. Des portes ouvertes pour aller plus loin que le divertissement si on le souhaite. C’est un exercice périlleux et je remercie le ciel d’avoir de si bons correcteurs à mes côtés. Il doit exister au moins dix versions du livre tellement le dosage était crucial… Nous nous sommes amusés comme des petits fous avec ce cocktail.

Comme je te le disais, j’avais envie de parler de nous. De notre quotidien. De nos doutes. De nos contradictions. De ce qu’on ressent quand on nous demande d’aider des associations en permanence. On ne peut pas aider tout le monde. Il faut faire des choix et je trouve ça compliqué à encaisser et à expliquer. Du coup, est-ce mal de n’aider personne ? Et que se passe-t-il quand de bonnes intentions nous font perdre la tête ? Croire qu’il n’existe qu’une réponse à ces questions serait stupide. Croire que c’est moi qui la détient, encore plus. Par contre, ce sont des discussions passionnantes. Si mon livre les ouvre, j’ai tout gagné.

Ton formidable personnage principal fait preuve à la fois de cynisme et d’empathie. Pas juste un banal personnage de papier, mais un homme profondément humain…

Je voulais que les lecteurs pensent pouvoir croiser Mathias dans la rue. J’ai un lien spécial avec ce laveur de vitres parce que je suis persuadé depuis la première ligne qu’un personnage sans relief aurait conduit le roman droit dans un mur.

La construction de mon premier roman C’est dans la boîte étant ce qu’elle est, c’est la première fois que je passe autant de pages avec les mêmes personnages. Et que ces pauvres personnages passent autant de temps avec moi. C’était nouveau et je me suis beaucoup attaché à eux.

Je voulais que Mathias soit une girouette. C’est humain de ne pas toujours avoir les mêmes réactions ou les mêmes envies. De penser des choses et de changer d’avis. De se poser certaines questions essentielles et d’autres absurdes. Mathias est un monsieur Tout-le-Monde mis dans une situation extraordinaire. Je crois que ses maladresses le rendent sympathique et attachant. Pourtant, il n’épargne personne. D’ailleurs, il ne s’épargne pas non plus. Il invente des plans de plus en plus dingues pour aider les autres, mais il le fait surtout par amour, par orgueil et par challenge. Ce sont des motivations profondément humaines.

On sent que tu t’es vraiment amusé à raconter cette histoire inclassable, à coups de bons mots et de surprises 😉

Je me suis éclaté, j’avoue. Et j’ai pris énormément de plaisir à compliquer la vie des libraires qui ne savent pas où classer mon roman (ndlr : je conseille aux libraires qui lisent cette interview de placer Ne sautez pas ! directement dans les mains des lecteurs. C’est une option qui règle le problème de rangement).

Avec les Editions Lajouanie, j’ai trouvé un partenaire qui aime élargir le cadre et mélanger les genres. Des « policiers mais pas que… » qui côtoient des romans « pas policiers mais presque… »  C’est le paradis pour un auteur comme moi. J’ai gardé mon amour du côté ludique des livres. Je tente de travailler en gardant en tête ce que j’aime en tant que lecteur. Ça permet de ne pas s’ennuyer pendant l’écriture.

C’est peut-être moins visible, mais j’ai aussi pris énormément de plaisir en faisant mes recherches. Je ne vais pas m’étendre sur mon légendaire vertige. Par contre, j’ai envie de citer Raphaël de Médecins Sans Frontières, qui (à la surprise générale de la foule en délire) existe réellement et s’appelle Raphaël comme son homologue de papier. Une magnifique rencontre qui m’a énormément fait réfléchir alors que je pensais être dans ma zone de confort en collectant des informations pour étoffer le roman. La vie d’un auteur est pleine de surprises et c’est une excellente nouvelle.

Monter sur un toit, c’est une manière de prendre de la hauteur ?

Vous me faites quatre pages sur la question pour la semaine prochaine. Times New Roman, 12, interligne 1,5. Et pas la peine d’agrandir les marges, on ne me la fait pas !

Je crois que j’avais besoin d’air et que monter sur un toit était une bonne option. Ceci dit, il existe de nombreuses manières de prendre de la hauteur. À défaut d’avoir un toit sous la main, on peut se contenter de freiner nos vies et de s’asseoir cinq minutes près de quelqu’un pour discuter, par exemple. Le but n’est pas de devenir un saint. On peut simplement faire un compliment. Aider un(e) inconnu(e) à porter un objet lourd. Déverrouiller un visage fermé en lui souriant. La liste est longue et vous allez avoir besoin d’un lunch box si je continue. Donc, pour éviter le malaise vagal, on pourrait retenir de tout cela qu’il n’y a pas que l’argent qui aide quelqu’un… Et vous pouvez faire quatre pages sur la question pour la semaine prochaine. Times New Roman, 12, interligne 1,5. Et pas la peine d’agrandir les marges, on ne me la fait pas !

frederic-ernotte

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Catégories :Interviews littéraires

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4 réponses

  1. PTDR !! Mais je râle de ne pas avoir eu droit à la version de 30 nuances de crocs… trois ans d’attente, de folie, d’impatience pour me retrouvez avec un mec qui veut sauter mais qui sait même pas voler comme le vrai Dracula ! Hou, que j’ai la hène (comme ils le prononcent). 😆

    « Directement dans les mains des lecteurs. C’est une option qui règle le problème de rangement », pas con, ça ! Il a dû faire une année de marketing en plus que les autres, le petit comique 😀

    Puisque nous n’aurons pas l’histoire de l’extraterrestre qui recherche un téléphone ou celle d’un loup-garou frouchelant avec une vampire, je me ferai le grand saut… Ah ben non puisque tout le monde me crie « ne sautez pas !! ». 😆 Oui, je sors….

    Merci Fred, merci Yvan !

  2. Il est dans me PAL faut que je m’active !

  3. Voilà un mec que j’adore parce qu’il est adorable. Et j’adore aussi sa plume et son humour « mordant » lol !
    Merci pour ce brin de causette, messieurs. 🙂

Rétroliens

  1. Ne sautez pas ! – Frédéric Ernotte | EmOtionS – Blog littéraire et musical

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