Là où les lumières se perdent – David Joy

chronique littéraire

David-Joy-Là où les lumières-se-perdentPour bien se rendre compte de la lumière, il faut de l’ombre. Au risque que la lumière se perde dans les profondeurs des ténèbres.

Caroline du nord, un trou perdu et des habitants qui le sont tout autant. A l’image de Charly, fils du dealer en chef local et d’une mère droguée, qui a baigné toute sa vie dans la violence. Un environnement où tout est corrompu, des flics jusqu’à l’âme même de l’endroit.

Croire ou ne pas croire

Là où les lumières se perdent est un roman noir typique d’une Amérique profonde qui a perdu le sens de ses valeurs. Un environnement qui assèche les sentiments ; désert d’humanité où pointe (peut être) une once de lumière.

Ne pas croire sa première impression de lecture, et les premières pages somme toute assez banales. La suite prend davantage aux tripes.

Ne pas croire aveuglément en la comparaison de la 4ème de couverture qui rapproche ce roman de Seul de silence de R.J. Ellory. Je cherche encore le rapport.

Mais, croire qu’il y a une échappatoire à ce long tunnel d’obscurité ?

Déterminisme

A travers ce court roman et son écriture à la fois sèche et enlevée, David Joy nous parle d’un jeune homme qui (sans presque s’en apercevoir) tente d’échapper à ses chaînes virtuelles qui le lient à son passé et à sa filiation. Un roman sur le déterminisme et sur l’éventuelle possibilité de changer un destin tout tracé. Par l’amour, peut être…

L’histoire racontée par David Joy n’a rien de vraiment originale, tant de romans noirs du même genre ont déjà proposé ce genre d’ambiance de désolation autour d’un déferlement d’horreurs.

Ce qu’il en reste

Me reste principalement de cette lecture, le sentiment lancinant d’avoir partagé au plus près une tranche de vie d’un jeune homme annoncé comme perdu dès sa naissance.

Me reste de ce roman le poids des événements et l’apprêté de sa narration qui pèsent sur mes épaules de lecteur, surtout après sa fin réussie.

Me reste l’impression d’avoir lu un bon mais trop court roman noir à l’américaine, même s’il m’a semblé en avoir lu de meilleurs dans le genre. Sentiment étrange et assez impalpable. Nombre d’autres lecteurs parlent de chef d’oeuvre, ce qui prouve indéniablement la qualité de ce texte.

Sortie française : 25 août 2016

Éditeur : Sonatine

Genre : Roman noir

Traduction : Fabrice Pointeau

Mon ressenti de lecture :

Profondeur : 7/10

Dimension de l’intrigue : 6/10

Psychologie : 7/10

Qualité de l’écriture : 8/10

Émotions : 7/10

Note générale : 7/10

4° de couverture

Caroline du Nord. Dans cette région perdue des Appalaches, McNeely est un nom qui fait peur, un nom qui fait baisser les yeux. Plus qu’un nom, c’est presque une malédiction pour Jacob, dix-huit ans, fils de Charly McNeely, baron de la drogue local, narcissique, violent et impitoyable.

Amoureux de son amie d’enfance, Maggie, Jacob préfère garder ses distances. Il est le dauphin, il doit se faire craindre et respecter. Après un passage à tabac qui tourne mal, Jacob se trouve confronté à un dilemme : doit-il prendre ses responsabilités et payer pour ses actes ou bien suivre la voie paternelle ?

Alors que le filet judiciaire se resserre autour de lui, Jacob a encore l’espoir de sauver son âme pour mener une vie normale avec Maggie. Mais cela ne pourra se faire sans qu’il affronte son père, bien décidé à le retenir près de lui.

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Catégories :Littérature

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29 réponses

  1. Ah , ça tique chez Gruz! 😉
    C’est vrai que la référence à Ellory j’ai pas encore trouvé non plus…^^

  2. Cette chronique somme toute mesurée m’intrigue, du coup… Tu as gagné, je vais jeter un coup d’oeil à ce roman 😉

  3. C’est un titre que j’ai très envie de découvrir, probablement mon prochain achat !

  4. Héhé, mais m^me si ton avis est mesuré ce titre reste un très bon roman. Il est même pas mal du tout pour un premier roman. Pour moi c’est une très belle découverte. Même si peut-être comme tu le dis, je ne peut pas dire si dans un an ou plus il m’en restera quelque chose… L’avenir nous le dira !

  5. Ce roman est juste woooow, tellement bien ❤

  6. J’ai beaucoup aimé, surtout la fin qui est très réussie et inattendue. Pour un premier roman, je le trouve très bon. Après si l’auteur était déjà connu et reconnu, je ne suis pas sûre d’avoir le même avis. Je l’ai trouvé original (d’une certaine façon) dans le fait que justement il ne correspond pas aux romans noirs actuels. Il est plutôt light, plutôt à la manière des romans noirs d’il y a une dizaine d’années.

  7. Salut Yvan, lu aussi et content de l’avoir fait. Je suis assez d’accord avec toi, et à mon avis, crier au chef d’oeuvre est exagéré. Quant à la comparaison avec Ellory … Disons que le sujet est connu (pour s’émanciper, faut-il tuer le père ?), mais qu’il se dégage de l’écriture une violence et une tension que je n’arrive pas à expliquer. Ce fut un bon moment de lecture pour moi, avec quelques scènes que je relirai tant elles sont bien construites. Amitiés

    • On est tout à fait en phase, tu as parfaitement résumé ce que j’en ai tiré aussi. Quelques scènes fortes oui, le reste est un peu du déjà vu. Maïs ça reste un assez bon bouquin

  8. Ce roman a tout pour me plaire . Aurait il manqué de lumière pour toi mon ami ? 🙂

  9. « C’est quand il fait nuit que les étoiles brillent » – Winston Churchill. Comme tu disais, pour voir la lumière, faut de l’ombre et Pratchett disait « La lumière pense voyager plus vite que quoi que ce soit d’autre, mais c’est faux. Peu importe à quelle vitesse voyage la lumière, l’obscurité arrive toujours la première, et elle l’attend ».

    C’était LE commentaire culturel de l’année… profites-en bien, le reste sera du même tonneau que durant l’année : sous la ceinture !

    Je vais lire ce roman et voir qui a raison, toi ou Léa 😉

Rétroliens

  1. Catalogue 2018 des éditions Sonatine – Le programme – EmOtionS – Blog littéraire et musical

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