Interview – 1 livre en 5 questions : Ce qu’il nous faut c’est un mort – Hervé Commère

1 livre en 5 questions

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre. 5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

Hervé Commère - Ce qu'il faut c'est un mort

Hervé Commère

Titre : Ce qu’il nous faut c’est un mort

Sortie : 10 mars 2016

Éditeur : Fleuve Editions

Lien vers ma chronique dithyrambique du roman

Avec ce roman, tu ouvres en grand la porte entrouverte avec ton précédent bouquin Imagine le reste, et tu t’éloignes encore davantage des polars. Comment décrirais-tu le nouveau Hervé Commère ?

J’ai entendu François Guérif (le patron des éditions Rivages) dire une chose très intéressante il y a quelque temps : quand on lui parle de certains romans qu’il a publiés, en lui disant que ces livres ne sont « pas vraiment des polars », ou bien « plus que des polars », il dit « peut-être, mais ce sont aussi des polars ».

Je pense que Ce qu’il nous faut c’est un mort est un polar, avec une question, un mystère, une réponse. Je pense que mes livres sont des polars parce que certains des personnages sont prêts à tuer pour obtenir ce qu’ils veulent, et d’autres, pour les mêmes raisons, sont prêts à mourir. Un copain m’a dit il y a quelques années que mes livres étaient des polars parce que les personnages sont toujours en lutte pour quelque chose, ils se battent. Je crois que c’est plus que jamais le cas avec ce roman.

Si je le dépeins comme un roman social et un roman militant, que me réponds-tu ?

Je suis bien sûr d’accord mais je pense que c’est le cas de tout roman noir. Les crimes ont lieu parce que leurs auteurs manquent de quelque chose (d’argent, de reconnaissance, d’éducation, de nourriture… quelque chose comme ça).

Dans un monde où la société parviendrait à donner à chacun ce qu’il désire – et lui apprendrait, dans le même temps, à n’écraser personne – peut-être n’y aurait-il aucun crime, il y en aurait en tout cas beaucoup moins. Tout roman policier pointe un manquement de la société.

Ce roman est avant tout une (des) histoire(s) de personnages…

Là encore, je crois que c’est le cas de chacun de mes romans, en tout cas de plus en plus. La question que se pose tout romancier, je crois, c’est « Pourquoi ? ». On veut raconter une histoire. Un type ferait ci ou ça. Pourquoi le ferait-il ? Il faut trouver une réponse pour que le récit se tienne. Pour savoir pourquoi le personnage fait ci ou ça, il faut le connaître, vivre avec lui.

C’est curieux mais mes personnages existent encore dans ma tête une fois le livre terminé. Il m’arrive de penser à Yvan dans Les ronds dans l’eau, ou bien à Nino dans Imagine le reste, et d’imaginer ce qu’ils sont en train de faire. Certains personnages de Ce qu’il nous faut c’est un mort vont revenir me travailler aussi, c’est certain. Il est trop tôt encore, ça ne s’est pas produit depuis que le livre est terminé. Mais ça aura lieu.

Je pense que si toi et moi étions face à face, tu me demanderais si des idées (ou des envies) de suites me viennent parfois. Autant te répondre : des idées, oui, bien sûr. Je sais par exemple ce qu’est devenu Nino d’Imagine le reste, je sais ce qui lui arrive. En revanche, écrire une suite ne me tente pas. Rectificatif : je suis tenté, mais je ne veux pas. C’est la même chose avec les héros récurrents, ça me fait un peu peur. J’aurais trop peur de plonger dans un monde virtuel, de me créer un meilleur ami imaginaire, qui m’accompagnerait toute ma vie. Ce serait agréable, c’est certain, mais je préfère vivre.

C’est aussi pour ça que je laisse passer du temps entre l’écriture de deux romans, même si l’envie d’en entamer un nouveau arrive le lendemain de l’achèvement du précédent. Je ne veux pas me réfugier dans l’écriture. Je veux que ma vie soit belle, et que l’écriture soit la cerise sur le gâteau. Je veux aimer les gens avant d’aimer mes personnages (même si des fois…).

Il n’empêche qu’on ne change pas complètement comme ça. Ton roman arrive aussi à créer une vraie tension et propose un lot de surprises digne des meilleurs suspenses (je sais, c’est contradictoire avec ma première question) 😉

Oui, et tu sais pourquoi ? Parce que c’est un polar.

On sent également une vraie évolution depuis tes premiers romans. Tu sembles prendre davantage ton temps pour nous raconter tes histoires…

Oui, je m’en rends compte. Et encore, dans sa première version, Ce qu’il nous faut c’est un mort faisait presque cent pages de plus. La création de l’usine était un roman dans le roman. J’ai resserré ensuite, pour que l’on reste concentré sur l’intrigue. Mais effectivement, je n’essaye pas de prendre le lecteur à la gorge pour le forcer à continuer, je ne tente pas de le mettre en état de manque. Je veux que le lecteur avale le roman parce qu’il le trouve bon, pas parce qu’il y est forcé.

Je sais d’où me vient ce désir : il y a quelques années, je demande à une libraire quel livre elle veut que j’achète, un polar, celui qu’elle choisit. C’était à Toulouse. Elle me met Garden of love, de Marcus Malte, dans les mains. Je ne connaissais pas. Dans le train, j’ai commencé le livre, et je ne me suis arrêté qu’arrivé à Paris. Je ne me souviens pas vraiment de l’histoire, encore moins de la fin, mais le souvenir du plaisir pris, lui, est intact. Je n’en revenais pas tellement c’était bon. Je me disais en lisant : « C’est ce que je veux faire, je veux qu’on lise mes romans comme je suis en train de lire celui-là ».

Je te dis ça mais il est possible que mon prochain roman soit plus sec et nerveux, comme mon tout premier. Je n’en sais rien encore, mais c’est possible. Pour le moment, il est juste dans ma tête. On verra ça quand je l’écrirai.

Hervé Commère

Crédit photo Paolo Bevilacqua

Publicités


Catégories :Interviews littéraires

Tags:, , , , ,

23 réponses

  1. J’ai adoré ! Et je suis en train de tout lire de cet auteur. Belle rencontre que tu nous fais partager.

  2. Ouais ! Pour une fois que j’en ai lu un !! J’ai beaucoup aimé d’ailleurs, c’était ma rencontre avec cet auteur, et, nul doute, je lirai ses autres romans.

  3. Cet interview me donne encore plus envie de me plonger dans son roman. ca tombe c’est prévu pour dans quelques jours 😀

  4. Ah moi aussi je le prévois dans pas longtemps 😉 Superbe interview, les photos sont top !

  5. J’ai pris un plaisir monstre à lire son dernier roman !!

  6. J’avais envie de le lire, j’en ai désormais plus envie encore ! ☺

  7. Bientôt dans ma PAL…;) prévision pour cet été…. et là bien sur, encore plus tentée!!!!;)

  8. Ce mec est génial et il a une belle âme 🙂

Rétroliens

  1. « Ce qu’il nous faut c’est un mort » – La chronique qui ne se laissera pas prendre vivante ! – Cest Contagieux!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :