Interview littéraire 2016 – Sonja Delzongle

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Après Dust (qui vient de sortir en poche), Sonja Delzongle nous revient avec un second roman qui ne passe pas inaperçu : Quand la neige danse

Elle y réussi l’exploit de proposer un thriller à l’américaine, mieux que les ricains eux-même ! Une histoire joliment construite qui m’a réellement donné envie d’en discuter avec l’auteure.

Voici donc notre échange, qui permet de mieux découvrir Sonja Delzongle et son nouveau roman.

Lien vers ma chronique de Quand la neige danse

Sonja Delzongle

Merci d’avoir accepté mon invitation. Avant de commencer, qu’est-ce que je te sers à boire ?

Merci à toi pour ton invitation, Yvan. Un bon Nikka (whisky japonais) on the rocks, si tu as ça dans ton bar…

Question rituelle pour démarrer mes entretiens, peux-tu te définir en trois mots, juste trois ?

Un, deux, trois.

Passons au plat de résistance. Si tu avais le choix, qu’aimerais-tu manger là, tout de suite ?

Avec le Nikka, je mangerais bien un bon cassoulet du Gers.

Tu as eu l’idée de départ de ton histoire en découvrant un fait-divers bien réel…

Sonja Delzongle - Quand la neige danseOui, ça s’est passé dans une petite ville de Californie. Une dizaine de familles a trouvé, déposée à la porte de leur maison, une poupée en porcelaine, à l’apparence un peu désuète, semblable trait pour trait à leurs fillettes. Chacune avait la sienne. Mais le don est resté anonyme, ce qui a parut aux parents plutôt inquiétant.

La police locale a ouvert une enquête au terme de laquelle il s’est avéré que c’était tout simplement un acte de bienveillance d’une femme membre d’une association caritative, dont l’intention était de faire plaisir aux fillettes et à leurs familles.

J’ai trouvé que c’était un très bon point de départ pour un thriller dont l’intrigue est forcément encore plus angoissante et terrifiante que cette réalité.

Si je ne savais pas qui en était l’auteur, je parierais ma chemise sur le fait que c’est le roman d’un américain. Comment as-tu procédé pour arriver à cet épatant résultat ?

Attention quand même à ne pas te retrouver torse nu trop vite, l’été n’est pas encore là. Je n’utilise aucune technique particulière, aucun procédé pour ce résultat. Un ressenti, de la part de lecteurs aussi confirmés, qui me flatte, parce que récurrent.

Je dois sans doute ce résultat à une imprégnation précoce de littérature anglo-saxonne, ayant commencé tôt dans mon enfance, par les Tom Sawyer et Huckleberry Finn, David Copperfield, le Seigneur des Anneaux du grand Tolkien, pour enchaîner sur des auteurs tels que London, Hemingway, Fitzgerald, Carver, Poe, Henry James, Woolf, Auster, Steinbeck, Irving, Morrison, Huston…la liste est longue !

J’aime l’univers et la littérature anglo-saxonne, cette faculté qu’ont ces auteurs de capter et captiver le lecteur dès les premières lignes, dans un style efficace et direct, sans fioritures et pour la plupart, assez cinématographique et visuel.


dust
Ta profileuse, rencontrée dans Dust, n’est pas pour autant le personnage principal de ce récit, mais juste une pièce de l’échiquier…

C’est volontaire. Cette fois, elle n’arrive pas tout de suite dans le récit. Je voulais donner toute leur importance aux personnages de Crystal Lake où se concentre l’intrigue. Mettre l’accent sur les relations entre eux, leur psychologie, leur histoire personnelle.

Dans un jeu d’échecs, pour mener à bien la partie, plusieurs pièces sont nécessaires et ont toutes leur rôle. La comparaison est opportune.

Chaque protagoniste de ton histoire vit sa relation à l’enfant de manière différente…

Cette remarque très juste s’inscrit bien dans le prolongement de la précédente. D’où l’importance de traiter tous ces personnages sur le même niveau.

Chacun vit sa relation à l’enfant en fonction de ce qu’il est, un homme ou une femme, de son vécu, de sa propre enfance. Comme chacun de nous.

C’est aussi la raison pour laquelle le lecteur peut s’identifier au moins à l’un des personnages.

L’ambiance de ton récit est particulièrement oppressante. Quelle a été ta méthode pour construire cette étonnante intrigue et maintenir ainsi cette tension ?

Déjà, la méthode principale est le travail, la discipline. J’ai réécrit ce roman d’un bout à l’autre en gardant la trame. D’un décor français au départ, dans la France profonde même, j’ai transplanté l’intrigue aux États-Unis, où ma plume s’est tout de suite sentie plus à l’aise, dans son élément.

Ce qui intervient ensuite est l’élagage. Sur les conseils de mon éditrice, accepter de retirer les phrases, les mots de trop, même s’ils sonnent bien à l’oreille. La construction du roman et le maintien de la tension narrative dépendent de cette discipline. Donc pas vraiment de recette secrète.

Ce blog est fait de mots et de sons. La musique prend-elle une part dans ton processus créatif ?

Elle peut, oui, parfois. Dans Quand la neige danse, elle a une grande part, déjà dans le titre, inspiré d’une composition de Debussy, The Snow is dancing. A part ça, le récit est émaillé de quelques références musicales, rock, country.

Quant au processus créatif, il peut en effet être accompagné d’un fond musical comme pour Le Hameau des Purs ou les premières pages de Dust.

Sinon, la relecture se fait généralement en musique et de préférence, un genre qui fait écho à l’histoire.

Et pour terminer, je te laisse choisir ton dessert préféré…

Celui que sert l’abominable homme des neiges à l’abominable enfant teenage, un amour de dessert…

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Catégories :Interviews littéraires

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12 réponses

  1. Superbe interview !! Bravo à l’interviewer et à l’interviewée, bel exercice que vous réussissez tous les 2 avec brio !! My So je croyais que c’était plutôt Mojito que Whyski mais il faut reconnaître que le Japonnais c’est quelque chose !! Bon restons littérature , quand nous ressors-tu « Le hameau de purs » avec lequel j’ai découvert ta belle écriture ? Yvan aura peut être plus de chance que moi de te faire avouer !! 😉 😉 😉

  2. Je le veuxxxxx je le veuxxxx je l’aurai 😘ton talent d’interviewer n’y est pas anodin 😉 et ravie de voir que la littérature américaine a conquise Sonja 😉 une femme de goût 😘💖bizzz

  3. Merci pour cette interview qui donne tres envie de se plonger dans ce roman qui a l’air formidable 😊

  4. Le dame a du goût, le meilleur Whisky du monde, rien de moins.
    Ce deuxième roman de Sonja confirme tout le talent qu’on lui avait prêté avec son premier roman. Dust avait été un véritable coup de coeur pour moi. Quand la neige danse prend le m^me chemin.
    J’espère qu’un ABCdaire des 2 nanas fondue de polar viendra bientôt pointer ce titre. Car pour moi, il est important de mettre en lumière ce polar. Il le mérite.
    Alors merci à toi mon ami de l’avoir fait.
    Et merci à vous deux pour ce belle échange. 🙂

  5. Je compte le lire, surtout si la personnage principale du premier n’est pas aussi présente ! 😉

  6. Je reconnais que je ne connais pas cette auteure …
    Mais cette interview (qui est franchement sympa) me donne envie de la découvrir! 🙂

  7. Tu donnes envie…waouhhhhhhh

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