L’assassin qui rêvait d’une place au paradis – Jonas Jonasson

chronique littéraire

Jonas Jonasson - L'assassin qui rêvait d'une place au paradisBonté divine ! Qu’il est agréable de se plonger dans un nouveau roman de Jonas Jonasson, maître du burlesque à la suédoise. Après nous avoir conté les aventures d’un petit vieux puis d’une orpheline noire, c’est au tour des péripéties d’un assassin qui se tourne subitement vers Dieu.

Humour pénétrant

Les voies du Seigneur étant impénétrables, voilà donc l’histoire d’un bonhomme qui a toujours fait parler la violence et qui maintenant fait parler sa générosité (enfin, uniquement lorsqu’il est suffisamment imbibé de faux vin de messe). A ses cotés, une femme pasteur défroquée et un raté qui vont décider de faire fortune en profitant de cette brusque reconversion.

Très vite, Jonasson le glas de toute idée de rédemption. Vous n’alliez tout de même pas croire qu’il allait nous proposer un banal récit de conversion au Divin ? Comme avec ses précédents romans, nous sommes dans le cadre d’une vaste farce, totalement décalée et déjantée.

Il y a quelque chose qui cloche au royaume de Suède. Mais une chose est certaine, suivre les pérégrinations de ces trois fêlés du caisson n’est pas prêt de vous donner le bourdon. Il faut dire que le fameux Dédé le meurtrier et ses deux acolytes sont de sacrés personnages, bras-cassés qui se retrouvent à monter le (les) combines(s) du siècle.

Une autre dimension

L’histoire est folle, les scènes drolatiques se succèdent, et les bons mots s’accumulent dans une ambiance de non-sens plutôt réussie. Mais ce qui pourrait se résumer à une simple blague de potache prend une autre dimension quand l’auteur parle de religion.

Oh, n’attendez pas une violente attaque en règle. Le roman est doucement irrévérencieux et gentiment iconoclaste. La crédulité de certains croyants est moquée avec drôlerie et l’auteur s’en donne à cœur joie dans le registre de l’interprétation de certains passages de la Bible (avec, comme point d’orgue, sa manière de mettre en lumière les passages du livre Saint où il est question de vin, bonne excuse pour le meurtrier repenti de se pochetronner à longueur de journée).

Gentiment iconoclaste

C’est avec malice et une ludique impertinence que Jonas Jonnasson nous raconte donc cette histoire de L’assassin qui rêvait d’une place au paradis. C’est sans prétention, mais plus intelligent qu’il n’y paraît. Ça ne mange pas de pain (béni), mais ça fait réfléchir mine de rien. Une chouette histoire terre à terre à l’humour qui vole dans tous les sens, y compris vers les cieux.

Hosanna, nous sommes sauvés : Jonasson nous apporte une belle respiration dans la grisaille ambiante.

Sortie : 18 février 2016

Éditeur : Presses de la cité

Genre : humour

Traduction : Laurence Mennerich

Notes :

Profondeur : 7/10

Dimension de l’histoire : 7/10

Psychologie : 7/10

Qualité de l’écriture : 7/10

Émotions : 7/10

Note générale : 7/10

4° de couverture

Après trente ans de prison, Johan Andersson, alias Dédé le Meurtrier, est enfin libre. Mais ses vieux démons le rattrapent vite : il s’associe à Per Persson, réceptionniste sans le sou, et à Johanna Kjellander, pasteur défroqué, pour monter une agence de châtiments corporels. Des criminels ont besoin d’un homme de main ? Dédé accourt ! Per et Johanna, eux, amassent les billets.

Alors, le jour où Dédé découvre la Bible et renonce à la violence, ses deux acolytes décident de prendre les choses en main et de le détourner du droit chemin…

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Catégories :Littérature

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13 réponses

  1. Salut
    J’avais passé un excellent moment avec Allan Carlson le fou des explosifs, rire aux éclats, la totale quoi!
    Je pense poursuivre l’aventure avec l’auteur et ton superbe avis me conforte dans mon idée.
    Merci 🙂

  2. Je suis encore plus tenter malgré les mille et uns livres que j’ai à lire ! Cet auteur est vraiment sympa et avez-vous déjà testé les romans de Romain Puertolas ? Le premier n’était pas si intéressant mais les deux suivant sont de vrais perles 🙂

  3. « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » attend bien sagement sur l’étagère depuis des mois que je daigne enfin le lire… Mais j’en ai au moins une vingtaine (facile !) à lire avant !! Alors pour ce qui est de celui-ci, n’en parlons pas !

  4. Il faudra que je teste un de ses 4′! 😉

  5. Je n’ai jamais lu cet auteur …mais ça c’est pour le moment 😉

  6. j’avais adoré le vieux ! Cet auteur me fait penser un peu à Arto Paasilinna de la suède à la finlande il n’y a qu’un pas 😉

  7. Le vieux m’avait fait hurler de rire, même si c’était parfois un peu « trop », ça était passé comme un suppositoire à la vaseline ultra vaselinée dans le ***.

    Les voies du Seigneur étant impénétrables, il ne peut lui être administré de suppositoire… et voilà pourquoi l’église me nomme suppôt (sitoire ??) de Satan !

    Faut que je me le fasse ! Le roman, pas le diable !

  8. Depuis le « vieux en pyjama rose », je me dis qu’il faut que je lise ce Jonas Jonasson, dont on dit le plus grand bien, et il y a toujours un autre bouquin pour passer avant. Et ça ne va pas arranger mon retard…

  9. que ça fait du bien ce genre de littérature. Va falloir que j’essaie l’humour nordique 🙂

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