Résilience (version 2016) – Yannick Monget

chronique littéraire

Yannick Monget - Résilience - La Martinière

Liminaire : ma chronique est une mise à jour de celle qui accompagnait le roman lors de sa première sortie en 2013. L’auteur avait en effet publié ce livre en dehors du circuit des éditeurs, par le bais de son activité au sein de Symbiom

Le texte est quasi-identique, à l’exception de quelques accidents nucléaires supplémentaires en note de fin et d’un passage sur la COP21.

Quelle riche idée de la part de La Martinière que de proposer enfin ce roman indispensable au plus grand nombre.

Yannick Monget peut se targuer d’avoir quasiment inventé un nouveau style de roman : le thriller d’anticipation d’utilité publique !

Thriller d’utilité publique

Difficile pour moi d’écrire sur ce roman tant je suis resté sans voix, la dernière page tournée… Certains romans marquent durablement les esprits, Résilience en fait partie.

Le roman est tout à la fois un récit d’anticipation hyper réaliste (puisqu’il parle d’un futur très proche), un vrai thriller (avec les tensions qu’on attend dans ce genre de littérature) et une énorme mine d’informations sur le nucléaire et la géopolitique.

Premier constat, jamais Monget n’utilise un ton moralisateur ou des termes trop techniques qui pourraient rebuter les lecteurs potentiels. Première grande réussite du livre et non des moindres. 

C’est bien parce que ce roman est loin de tout discours extrémiste que son message porte autant. Attendez-vous à sortir de cette lecture estomaqué, informé, apeuré, éclairé, secoué, mais aussi diverti.

Avertissement

Ce bouquin est un coup de poing, un appel (par la fiction) à une prise de conscience collective. Un avertissement très documenté sur les risques du nucléaire, avec moult informations et renseignements (toujours argumentés grâce à des renvois en bas de page ou vers les foisonnantes et passionnantes annexes).

Vous serez touchés par le destin de ces survivants de l’apocalypse. Vous serez scotchés au récit par le style très cinématographique de l’auteur (même si j’aurais parfois aimé quelques envolées plus lyriques comme on les retrouve dans certains romans post-apocalyptiques, le seul mini bémol que je trouverais à formuler).

Divertissement

Un divertissement post-apo doublé d’un documentaire qui nous prouve que nous ne sommes rien, juste des apprentis sorciers qui ne maîtrisons pas notre pouvoir, dépassés par des progrès technologiques qui vont plus vite que nos progrès en termes d’humanité.

Et puis il y a l’espoir. Parce que ce roman va profondément vous éprouver, et pourtant l’auteur a le discernement de ne pas nous plonger uniquement la tête sous l’eau en nous proposant une lueur dans la pénombre.

Pour ma part je sors changé de cette lecture, fiction ou pas. Un bouquin que je qualifie d’indispensable. A lire par tous et toutes, quels que soient vos goûts en matière de littérature (sauf si vous souhaitez garder les yeux fermés face à cette primordiale question de société) et quel que soit votre opinion sur le sujet.

Lien vers mon interview de Yannick Monget au sujet de ce roman – août 2013

Sortie : 18 février 2016

Éditeur : La Martinière

Genre : thriller d’anticipation

Notes :

Profondeur : 9/10

Dimension de l’histoire : 9/10

Psychologie : 8/10

Qualité de l’écriture : 7/10

Émotions : 9/10

Note générale : 8,5/10

4° de couverture

100 jours avant l’effondrement. A Paris, en Chine, de curieux incidents se produisent à proximité de réacteurs nucléaires. Un virus informatique (inspiré d’une histoire vraie) semble avoir réussi à prendre le contrôle de nombreuses centrales. Les services du renseignement français se mettent en alerte pour déjouer la plus grande menace jamais affrontée.

2 ans après l’effondrement. En Antarctique, des survivants s’organisent dans des bases de haute technologie abritant un écosystème reconstitué. La surface du globe est ravagée par la radioactivité et les menaces de résurgence du virus noir, qui a décimé la plus grande partie de l’humanité.

Extrêmement documenté, ce thriller très contemporain, aux accents de blockbuster américain, alterne les chapitres avant et après la catastrophe, dans un enchaînement implacable. L’auteur s’appuie sur de fortes convictions écologistes et anti-nucléaires et parsème son livre de références à de véritables incidents, comme le virus stuxnet conçu en 2010 par les Etats-Unis (NSA) pour prendre le contrôle des centrales iraniennes.

Entre jeux de lobbies, dessous du nucléaire civil et pressions politiques, cette course contre la montre décrit un univers où l’irresponsabilité n’a d’égal que l’aveuglement de ceux qui menacent le destin de la planète tout entière.

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Catégories :Littérature

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65 réponses

  1. Je ne peux qu’approuver cette chronique 😉

  2. Oui c’est vrai et à l’époque je l’avais noté dans ma Liste spéciale Gruz. Il faudra donc que je m’y penche 😊

  3. Alors celui ci, JE LE VEUX plus que tout, j’attendais la version papier, vu que j’avais raté la version en épisodes à télécharger (je suis une quiche en informatique, c’est pas nouveau :() .
    J’avais tellement adoré Gaia, mais celui ci a l’air un ton au dessus. Allez c’est sur je craque!!!!;)
    Merci pour ce bel avis, cet enthousiasme, ce changement d’esprit qu’on peut ressentir jusque dans ces lignes!

  4. A cause de toi, je vais le lire celui là 🙂

  5. J’ai des grosses lacunes en sf tu le sais. .. va falloir que je remédie à ça . Tu es tellement enthousiaste que j’aurais des scrupules de ne pas le lire 🙂

  6. Comment ne pas le lire après t’avoir lu!!!! Impossible…je note donc!!!!

  7. Donc, ma Poulette, tu conseille de lire la nouvelle version et pas l’ancienne ?? Parce que moi, j’ai l’ancienne version, mais bon, je le crie pas trop fort parce que sinon, toi et Agnès allez me tomber dessus parce que je l’ai pas lu, poils au cul.

    Bon, pour Agnès qui n’a pas de blog, moi je veux bien lui ouvrir une page sur le mien, elle ferait une chronique, me l’enverrai et moi je la posterais sur mon blogounet… Mais elle dit qu’elle sait pas écrire ! Comme si nous on était des grands écrivains, tiens !!

    Agnès, reviens !! On est tous des mauvais écrivains, mais on s’en fout ! Viens écrire des chroniquettes chez moi si tu veux ! Y’a du café et des mojitos !

    • Aucune importance ! Les deux versions sont quasi identiques, selon ce que m’a dit l’auteur que j’ai questionné à ce sujet.
      Pour Agnès ça fait un moment que je lui ai dit d’écrire ses avis et chez moi y a des Caipirinha 😉

      • Oui, mais il causait de la COP, alors, je me suis dit que…

        Agnès est une grande timide, je pense… elle ne veut pas nous foutre la honte en écrivant mieux que nous, elle est modeste, elle nous aime trop, alors, elle écrit pas et les gens ne sont pas conscients de l’existence de son talent.

        Ok, t’as des piranhas mais moi, j’ai du chocolat BELGE, monsieur !! Du bon, Môssieur, des pralines Neuhaus, moi ! Et de la bière, et du vin, des chips, du rhum et toussa toussa…

        Sinon, on se dispute pas notre Agnès et on se fait une garde alternée ! mdr

  8. Vous êtes très gentils tous les deux, je prends note mais pour que je fasse une chronique il faut que j’ai un énorme coup de coeur et c’est arrivé 4 fois 😉 Mais je retiens l’idée, encore merci les amis.

Rétroliens

  1. Résilience – Yannick Monget – Trailer | EmOtionS – Blog littéraire et musical
  2. Résilience de Yannick Monget |

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