La nuit derrière moi – Giampaolo Simi

chronique littéraire

Giampaolo Simi - La nuit derrière moi

Les livres de ce genre sont une denrée rare. Roman noir, noir serré.

Double vie

Le genre de lecture que l’on débute en se disant que, même s’il est bien écrit, on se retrouve face à une même et sempiternelle histoire de malade mental. Un récit, qui raconte « de l’intérieur » la double personnalité d’un homme : le commercial bon père de famille d’un coté, le monstre durant le chapitre suivant. Double vie. Une ambiance étrange flotte pourtant dès le début, comprend-on bien de quoi il retourne réellement ?

Les livres de ce genre sont une denrée rare. Vous pensez donc entrer dans une certaine zone de confort… Et puis c’est la claque, l’uppercut au foie qu’on ne voit pas venir, la mandale en pleine tronche, impossible à anticiper. Et là, votre perception du livre et du monde change. Vous avez l’air fin maintenant, avec vos grimaces simiesques face au contre-pied mémorable de Simi.

Construction diabolique

Eh oui, ce roman de Giampaolo Simi, ce n’est pas du similicuir, c’est une histoire tannée avec un savoir faire digne des plus grands. Non, malgré les (fausses) apparences, le roman noir de Simi n’est pas similaire à la cohorte de ses congénères.

Quelle construction du récit ! Une telle maîtrise dans l’art d’échafauder une histoire est tout bonnement diabolique. L’auteur italien fait montre d’une incroyable adresse à concocter une intrigue inattendue et surtout à donner vie à un personnage complexe. Son art de jouer avec les mots, les sous-entendus et les non-dits à travers une étude psychologique d’une rare finesse et d’une vraie profondeur, rend cet récit immersif. Attention à ne pas se noyer.

Le suspense vous prend à la gorge, sans qu’il n’y ait le moindre excès de violence, tout en développement psychologique.

Lecteur émotionnellement contusionné

Les livres de ce genre sont une denrée rare. 286 pages à lire en apnée, en essayant (en vain) d’anticiper les coups. Une lecture qu’on termine meurtri, émotionnellement contusionné. Une intrigue qui flotte dans votre esprit, une fois la dernière page tournée, longuement, durablement.

Bleus à l’âme à la lecture d’un livre dont le sujet et le personnage marquent l’esprit.

Sortie : 21 janvier 2016

Éditeur Sonatine

Genre : Roman noir

Traduction : Sophie Royère

Notes :

Profondeur : 8/10

Dimension de l’histoire : 8/10

Psychologie : 9/10

Qualité de l’écriture : 8/10

Émotions : 9/10

Note générale : 8,5/10

4° de couverture

« J’ai une deuxième vie : celle de Furio Guerri, le monstre ».

C’est ainsi que commence la confession du héros de ce livre, commercial dans une société d’imprimerie, bien sous tous rapports. Soigner son sourire et ses chaussures, tel est le secret, selon lui, du bon vendeur. Il a une belle maison dans la province de Pise, une femme qu’il aime, une fille pour qui il s’efforce d’être un père présent et compréhensif. Un modèle.

Mais, derrière les apparences, il y a la face obscure de Furio, qui passe certaines de ses journées sous une identité d’emprunt, rôde pour une raison obscure près d’un lycée, et épie les jeunes filles.

Quand il commence à connaître quelques soucis professionnels et qu’il découvre que sa femme, Elisa, lui cache des choses, son  » vernis de respectabilité  » commence peu à peu à se fissurer. La tension monte, jusqu’à devenir insupportable. Va-t-il parvenir à se contrôler encore longtemps ?

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Catégories :Littérature

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40 réponses

  1. Une de mes prochaines lectures.
    Merci de me mettre encore plus l’eau à la bouche.
    C’est pas un auteur inconnu pour moi, j’avais lu il y a une vingtaine d’année un diptyque chez Rivages et il y a 5 ans un livre paru aux Serpent à plume. Du coup, je suis curieuse de le relire aujourd’hui. 😉 🙂

  2. Mais pourquoi je viens lire tes articles moi ? A chaque fois j’ai envie de lire le bouquin et mon temps de lecture n’est vraiment pas extensible !! (ni mon porte-monnaie d’ailleurs…)
    Mais bon, obligé, je le note celui-là !
    Remarque, il faut juste être patient parfois… Avec les échanges sur Troczone (tu effaceras si tu trouves que c’est une « pub » mal placée) je viens de recevoir « Yeruldelgger » de Ian Manook, « Les neuf cercles » de R. . Ellory (mon premier !) et « Un automne à River Falls » d’Alexis Aubenque…
    Bonne journée à tous et bonnes lectures !

    • On a tous un petit côté maso ;-).
      Oui c’est compliqué de trouver le temps et les fonds… Mais quel bonheur on trouve à lire de tels bouquins (même s’ils ne sont pas drôle du tout)

  3. Bon bah voilà, j’ai envie de le lire maintenant ! C’est malin… Merci (ou pas d’ailleurs) !

  4. Si tu continues…vais te boycotter !!! Y’en a assez d’avoir envie après…t’avoir lu ! Arf !

  5. Oh ça a l’air du lourd celui là !

  6. Rhââââ, faut que je le termine, j’ai dû le mettre en stand-by pour des lectures professionnelles prioritaires, et depuis que je l’ai posé, je continue à y penser et à me demander comment toute cette histoire va finir…
    Mais j’en ai déjà assez lu pour valider l’uppercut au foie doublé de la claque et de la mandale !
    Ce roman, c’est un peu les Sims version polar, non ? :p

  7. Encore du truc qui tape fort! N’as-tu donc aucune pitié pour tes amis? Pour leur santé mentale, financière, et j’en passe…. En tout cas, ce que tu en dis est diablement tentant… A noter dans un petit coin de page…

  8. Comment dire???? déjà, bonjour, ensuite je trouve que cette chronique va bien avec mon petit café, on reste dans la couleur, et là je crois que je vais ENCORE noter cette lecture, car je crois qu’elle est pour moi!!!!!Tout à fait ce que j’adore…..

  9. Il faut que j’arrête de venir lire tes avis! entre toi et collectif polar je ne m’en sors pas :-p encore sur ma liste 😉

  10. Je ne connaissais pas du tout ce roman, ta critique et le résumé me donnent très envie!
    Merci du partage. 🙂

    Ps: je me suis abonnée à ton blog !

  11. Y m’énerve, le Yvan !! À croire qu’il milite pour la vidange de mon compte en banque non extensible, comme mon temps puisque les journées n’ont que 24h. Bon, je l’avais déjà repéré, tu ne fais qu’ajouter au tas. Non, je ne te remercie pas du tout !

  12. Rhoooooooooooooo comme j’ai une folle envie de le lire…hou lalalalalalalalalal

  13. Je suppose que si je ne le lis pas tu vas m’engueuler? 😉
    Je veux éviter ça. .. 🙂

  14. je n’étais pas plus tentée que ça mais votre article fait pencher le balance … et un de plus sur ma liste , un !

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