Je me souviens – Martin Michaud

chronique littéraire

Martin Michaud - Je me souviensQue voilà un excellent polar québécois, un excellent polar tout court. Si j’insiste ainsi sur sa provenance, c’est qu’elle fait partie intégrante de l’ADN du roman.

Pas question ici de proposer un texte revisité pour le public français. C’est le texte original, écrit par un québécois, avec le français imagé de là-bas. Et c’est, à mon sens, l’un des (nombreux) intérêts du livre.

Vecteur de découverte

Déstabilisante au début (certains dialogues demandent qu’on se plonge vraiment dans la manière de parler des protagonistes), amusante ensuite, la langue en devient un formidable vecteur de découverte de nos cousins. Une manière de découvrir la culture et le vécu de cette province, à la fois si lointaine et si proche.

Ne jugez pas trop vite le titre du roman. Je me souviens, sonne un peu comme un titre de thriller passe-partout, alors que c’est tout sauf le cas. Grâce au bienvenu avant-propos, les français que nous sommes apprenons que c’est la devise officielle du Québec. Ce choix nous oriente déjà vers l’idée que cette histoire sera profondément ancrée dans l’Histoire de cette partie de l’Amérique du Nord.

Une maudite bonne job

La taille du roman nous donne une autre clé sur la complexité de l’intrigue de Martin Michaud. 630 pages à la fois denses et rythmées (les chapitres sont courts). Un récit sur la mémoire, une enquête policière tentaculaire, où Michaud s’amuse à créer des pistes inédites qui donnent un vrai souffle à l’histoire. Malgré l’impression que j’ai pu avoir d’un petit creux et d’un peu de longueur vers le milieu du roman, le dernier tiers est tellement enthousiasmant que cette sensation est totalement balayée une fois la lecture terminée. « Une maudite bonne job », comme ils disent là-bas.

L’intrigue est audacieuse, ingénieuse et ambitieuse, nous trimballe dans tout Montréal (et même au-delà des frontières). Des thématiques d’une belle intelligence et qui donnent une formidable ampleur au récit.

Maudit fucké et autres drôles d’oiseaux

Et puis il y a les personnages. Ne parlons pas des méchants, un « maudit fucké » (traduction : bizarre) en chassant un autre. Parlons surtout du couple de policiers, absolument épatants. Troisième tome de leurs aventures (mais qui peut se lire individuellement sans aucun souci j’en suis la preuve), où Martin Michaud nous invite à côtoyer le sergent-détective Victor Lessard et son impressionnante et bouillonnante collègue Jacinthe Taillon. Un tandem, entre un flic intègre et une adjointe totalement délurée.

Si, comme moi vous êtes fans des romans de Jussi Adler-Olsen par exemple, où les personnages sont tellement atypiques qu’ils en deviennent irrésistibles, alors vous apprécierez ces deux drôles d’oiseaux (et les personnages annexes également). Ils sont pour beaucoup dans la réussite du roman.

Y a pas à dire, Martin Michaud est un auteur « bon en hostie » !

Sortie : 30 septembre 2015

Éditeur : Kennes éditions

Genre : Polar / Thriller

Notes :

Profondeur : 8/10

Dimension de l’histoire : 8/10

Psychologie : 7/10

Qualité de l’écriture : 7/10

Émotions : 7/10

Note générale : 7,5/10

7.5

4° de couverture

À Montréal, juste avant Noël, un homme et une femme meurent le cou transpercé par ce qui semble être un instrument de torture sorti tout droit du Moyen Âge. Auparavant, ils ont entendu la voix de Lee Harvey Oswald, l’assassin présumé du président Kennedy.

Un sans-abri se jette du haut d’un édifice de la place d’Armes. Ayant séjourné à plusieurs reprises en psychiatrie, il prétendait avoir participé, avec le FLQ, à l’assassinat de Pierre Laporte. Sur le toit, avant de sauter, il laisse deux portefeuilles, ceux des victimes. La série de meurtres se poursuit, les cadavres s’empilent…

De retour à la section des crimes majeurs, le sergent-détective Victor Lessard mène l’enquête avec, pour le meilleur et pour le pire, la truculente Jacinthe Taillon.

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Catégories :Littérature

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23 réponses

  1. Comme il est intrigant ce livre. Tu en parles si bien. J’adore le québécois tabernacle !
    Je me le note !
    Hé j’ai eu le vide de Senecal en cadeau d’anniversaire et le Dominique Maisons. Si après tu me dis que j’écoute pas tes conseils 😉

  2. Ca a l’air sympa, je note! 😉

  3. je l’ai lu il y a peu et j’ai adoré !! c’était mon 2 de Martin Michaud, j’avais déjà lu « Il ne faut pas parler dans l’ascenseur »… je vais tous les lire ! merci pour ta chronique…

  4. Il faut un dictionnaire franco québécois pour lire ce roman? 😉

  5. J’ai moi aussi découvert cet auteur avec ce livre et je suis aussi tombé sous le charme. A conseiller pour les longues soirées d’hiver
    https://collectiondelivres.wordpress.com/2015/11/23/je-me-souviens/

  6. Tabernacle de calice de crisse ! Je note !

  7. un auteur qui me tente depuis quelques temps ….

  8. Je kiffe trop les livres de cet auteur!!!!

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