Sujet 375 – Nikki Owen

chronique littéraire

Nikki Owen - Sujet 375La réussite d’un roman, à fortiori d’un thriller, tient à la force de ses personnages autant qu’à son intrigue. Sujet 375 s’appuie tout entier sur celui de Maria.

Le doute

Un personnage étonnant, marquant, qui soutient le récit sur ses frêles épaules. Un récit vacillant, qui plonge le lecteur dans les affres du doute à chaque page. Il faut dire que Maria est une personne remarquable, dans tous les sens du terme. Atteinte du syndrome d’Asperger, avec ce que cela implique en matière d’intelligence et de difficulté à interagir avec les autres, elle se retrouve confrontée à une histoire dont elle ne comprend ni les tenants et ni les aboutissants (et nous non plus, de ce fait).

Rien que pour l’expérience sensorielle de se retrouver dans la tête d’un tel personnage, ce livre mérite toute votre attention. On ne pourra jamais comprendre et ressentir ce que peut éprouver quelqu’un atteint d’un tel trouble du spectre autistique. Quelqu’un enfermé dans ses routines et qui prend tout ce qui l’entoure au premier degré. Quelqu’un, aussi et surtout, d’une intelligence hors normes. Mais ce livre nous y aide.

Pas pris à la légère

On sent que Nikki Owen n’a pas pris ce postulat de départ à la légère et s’est documentée pour donner corps à son héroïne. La réussite de son histoire était à ce prix.

Le lecteur que je suis est entré en empathie avec cette Marie qui a tant de mal à en éprouver elle-même. Les caractéristiques de son trouble ne sont jamais utilisées pour tomber dans le misérabilisme, mais au contraire faire perdre ses repères au lecteur. C’est une belle réussite à ce niveau.

Parano

Premier tome d’une trilogie à venir, Sujet 375 propose le genre d’intrigue à vous rendre paranoïaque. L’auteure développe une histoire où la psychologie est fignolée, loin de toute surenchère violente, en prenant le temps de poser les choses. Une histoire de folie ou de complot, à vous de lire le roman pour en savoir davantage.

Je regrette juste un peu que Nikki Owen en garde autant sous le pied en ce qui concerne l’intrigue en elle-même et que la fin est un peu convenue.

Mais sincèrement, rien de rédhibitoire, tant l’immersion dans la tête de l’héroïne vaut la peine qu’on se lance dans le voyage. Un voyage aux frontières de la folie (mais qui est le plus fou dans l’histoire ?). Pour ma part, je continuerai sans aucun doute ce périple lors de la sortie du second tome.

Sortie : 14 octobre 2015

Éditeur : Super 8

Genre : Thriller

Traduction : Cindy Kapen

Notes :

Profondeur : 7/10

Dimension de l’histoire : 7/10

Psychologie : 8/10

Qualité de l’écriture : 7/10

Émotions : 8/10

Note générale : 7,5/10

7.5

4° de couverture

Je suis le Dr Maria Cruz-Banderras et je suis – enfin, j’étais – spécialisée en chirurgie réparatrice. J’ai 33 ans. Lieu de naissance : Salamanque, Espagne. Ah, et je suis accusée du meurtre d’un prêtre catholique. « 

Maria est en prison. Si elle est convaincue d’être innocente des faits qui lui sont reprochés, toutes les évidences sont contre elle. Son alibi ne tient pas la route et les tests ADN confirment qu’elle était bien sur les lieux du crime au moment du meurtre. Atteinte du syndrome d’Asperger, Maria se souvient de tout… sauf de ce qui la concerne intimement.

Auprès des thérapeutes, elle va puiser dans ses facultés uniques pour tenter de se remémorer son passé récent. Les bribes qu’elle essaie de reconstituer ne semblent pas faire sens. Sauf à croire à des années de mensonges et de faux-semblants. Ce qui est, bien sûr, totalement impossible. À moins que…

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Catégories :Littérature

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15 réponses

  1. Le sujet me tente très très fort!!! Merci car sans toi, je serai peut-être passé à côté!!!

  2. J’avais lu il y a peu un ou deux avis mitigés sur ce roman, les premiers pour un titre de cette collection que je trouve pour ma part excellente. Ta chronique me rassure, d’autant que j’ai prévu de le lire celui là ( tu vois que je lis des frileurs 🙂 ) Bonne journée mon pote !

  3. Très intrigant celui-ci… Je le note !

  4. Chaque titre de Super8 me fait toujours envie. La façon dont tu décris l’héroïne me fait penser au héros du Syndrome Copernic

  5. Je dois le lire aussi !! Je te dirai ce que je pense sur cette personne atteinte du syndrome d’asperger les gens, heu, d’asperge… D’Asperger ! 😛

  6. En stock… yapuka !
    Je prends un retard monstre avec les titres de Super 8.

  7. Ça fait un moment que je n’ai pas lu du Super 8.
    Faut dire que faire une petite pose dans ces ovnis littéraires est parfois nécessaire pour les apprécier encore plus 🙂

  8. Je crois que tu en parle mieux que moi.
    Tes mots une nouvelles fois reflète parfaitement mon ressenti.
    Ils serviront une fois encore à convaincre mes collègues de l’acheter et de la mettre dans leur bibliothèque respective. 😉 🙂

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