Interview – 1 livre en 5 questions : Sans pitié ni remords – Nicolas Lebel

1 livre en 5 questions

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre. 5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

Nicoal Lebel - Sans pitié ni remords

Nicolas Lebel

Titre : Sans pitié ni remords

Sortie : 26 août 2015

Éditeur : Marabout

Lien vers ma chronique du roman

L’action de ce nouveau roman se déroule quelques jours à peine après celle du précédent « Le jour des morts ». Tu sembles pourtant avoir pris soin de contenter autant les anciens que les nouveaux lecteurs…

C’était déjà l’une des gageures du deuxième opus, Le Jour des morts : étoffer et développer les personnages rencontrés dans le premier roman, L’Heure des fous, tout en s’assurant qu’un nouveau lecteur puisse lire cette deuxième enquête sans gêne ni manque. Le défi restait le même pour le troisième.

Ce sont bien des épisodes indépendants, mais qu’on gagne à lire dans l’ordre pour découvrir l’étoffement des personnages, leur évolution et leurs nuances.

La proximité temporelle entre les deux histoires s’est imposée avec la trame. Puisque c’est le testament de Jacques qui déclenche (presque) tout ! Je crois que pas mal de lecteurs ont été attristés par la mort de ce personnage et j’y étais moi-même assez attaché. Jacques ne pouvait pas partir sans avoir préparé sa sortie !

Il est question cette fois-ci de vol d’œuvres d’art. Tu sembles avoir fait pas mal de recherches à ce sujet…

La documentation reste la base de mon travail, ce qui peut parfois donner un côté ‘érudit’ à mes romans. Mais comment construire une fiction réaliste sans connaissances attestées ? Le travail d’écriture consiste ensuite à échafauder un tout cohérent (et, si possible intéressant) à partir de faits avérés.

Dans Sans pitié ni remords, je me suis attelé à un sujet captivant auquel je ne savais pas grand-chose : le trafic d’œuvres d’art. Ça m’a obligé à me renseigner sur les musées parisiens et européens, à m’initier à l’art Bakongo, à éplucher les archives concernant la création du musée Branly, à étudier les grandes affaires de vols dans les musées européens de ces 15 dernières années. Évidemment, je trouve beaucoup de choses en ligne, mais ça m’a aussi amené à rencontrer pas mal de gens. J’ai la chance en plus d’avoir un copain au Ministère de la culture, que j’ai pu cuisiner.

Comme tu le soulignes, les recherches prennent un temps fou, d’autant qu’on utilise au final à peine un quart de tout ce que l’on a amassé.

La patte Lebel, c’est des personnages très marqués, immédiatement reconnaissables et un humour omniprésent intégré au sein d’un récit très sombre. C’est compliqué de trouver le bon équilibre entre les deux parfois ?

L’équilibre que tu évoques entre le noir et l’humour, c’est indubitablement le cœur de mon écriture. Une forme de Soyons heureux en attendant la mort, à la Desproges. Il y a, je crois, de vrais passages d’euphorie chez ces personnages et des moments d’une franche tristesse.

J’aime leur faire parcourir cette palette de sentiments. Parce que l’on s’y retrouve. L’attachement des lecteurs à ces gens de papier dépend de leur aptitude, aux uns comme aux autres, à être humains !

Avec ce nouveau roman, tu parles de sujets graves et de la violence de notre société. Tu enrobes tout cela dans le cadre d’une sorte d’étonnant jeu de piste...

On retrouve ici ce contraste entre l’humour et le noir dont tu parlais précédemment : d’un côté, cette chasse au trésor loufoque imposée par Jacques à son ami et, de l’autre, les cadavres qui s’amoncellent dans l’indifférence.

C’est un bouquin qui a été écrit dans le contexte des commémorations. On a passé l’année 2014 dans un enfer guerrier. Oui, les commémorations sont importantes, devoir de mémoire, plus jamais ça, der des der… OK. Mais là, c’était l’overdose.

Puis sont venues les images du Mali, de Syrie, de Lybie, d’Ukraine… J’ai fait une overdose de guerre, lassé d’un monde Sans pitié ni remords…. Pour tout te dire, j’avais même proposé une couv’ à Marabout pour ce roman qui s’appelait alors Temps de Guerre :

Nicolas Lebel - Sans pitié ni remords - couverture alternative

(projet de couverture originale)

La guerre à Paris…

Le jour où j’ai envoyé le manuscrit à Marabout avait lieu l’attaque contre Charlie Hebdo.

Tu as l’air de t’amuser comme un petit fou à intégrer tes petits camarades du polar au sein de l’intrigue en donnant à tes personnages des noms qui sont des anagrammes de leurs patronymes originels. La grande famille du polar français n’est vraiment pas qu’un concept…

Donner des noms à des personnages, c’est vite un calvaire si on n’a pas l’intention de donner un sens au nom. Par exemple Mehrlicht (plus de lumière, en allemand) pour ce personnage qui amène la lumière dans les zones d’ombre… Mais pour les 50 autres personnages du roman…

Dans L’Heure des fous, hommage au Notre-Dame de Paris de Hugo et aux Mystères de Paris de Sue, tous les personnages secondaires ont des noms inspirés des personnages de ces deux romans.

Dans Le Jour des Morts, on trouve les noms de mes anciens collègues de lycée qui ont tout de suite soutenu L’Heure des fous à sa sortie. Une manière de les remercier.

Dans Sans pitié ni remords, c’est effectivement un clin d’œil qui est fait à tous ces auteurs de polar que je croise depuis 3 ans sur les salons. « Grande famille », je ne sais pas. Mais j’ai rencontré des gens supers avec qui je refais le monde certains soirs autour d’un verre, loin des salons, d’autres qui viennent à la maison… Des potes, quoi !

Merci pour cette interview, Yvan ! A bientôt !

Nicolas Lebel - Olivier Norek - Saint Maur en poche 2015

La grande famille du polar, preuve à l’appui 😉 : Nicolas lebel avec Olivier Norek durant le salon Saint-Maur en poche 2015

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Catégories :Interviews littéraires

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17 réponses

  1. Un garçon vraiment attachant que ce Nicolas, plein d’humanité, et ouvert aux autres. Et malgré les sujets graves qu’il traite, toujours plein d’optimisme.
    Encore un livre à rajouter à ma liste ( je suis à la bourre, j’ai encore le jour des morts à lire avant)…

  2. Comme le dit Vincent, on ne peut rester indifférent à Nicolas. Quand vous le rencontrez sur un salon, on a l’impression de le connaître depuis toujours et j’avais tellement été estomaquée par ses connaissances dans nombre de domaines que je me disais il doit être inabordable. … c’est tout le contraire ! Il vous ferait presque croire que vous êtes copains depuis toujours ! Bref l’interview confirme bien la sympathie et la gentillesse qui se dégagent de cet auteur !

  3. Il ne me reste qu’à le découvrir!!!!Je suis quasi sure d’adorer le pire, mais c’est du temps qu’il me manque……allez très bientôt , je découvres cet auteur!!!!;)

  4. Je ne sais pas qui a réalisé la couverture (j’avoue je n’ai pas trop cherché non plus, hein) mais il ou elle s’est très très lourdement inspiré(e) de celle de « La voix du couteau » de Patrick Ness… Un très bon roman par ailleurs, très original.

  5. Une belle interview d’un bel auteur, que demander de plus ? Je viens d’acheter le Jour des morts pour etre fin prêt à lire ce 3ème opus 🙂

  6. J’adore ce mec. .. Ha bon je l’ai déjà dit? ? 😉

  7. J’adoooooore trop trop trop Nicolas! En plus d’être un auteur très très très talentueux, il est ADORABLE, sympa, gentil, comique et je dois l’avouer trop mignon!!! Ma fille a même craqué sur lui, c’est pour dire! Ce mec a un grand cœur et une énergie débordante! J’apprécie énormément son côté déjanté…un peu comme moi quoi!! Bref…que du bonheur de le lire ou de le rencontrer!! Je suis complètement Lebelisée waouhh!!!!!

  8. En plus d’écrire de super livres, c’était un prof excellent, je suis contente de l’avoir eu au lycée (j’ai d’ailleurs pu reconnaître les références des noms dans Le jour des morts, c’était très drôle de reconnaître les noms!)
    Je suis contente que ses livres remportent un joli succès car il le mérite 🙂
    Je suis en plein dans Sans pitié ni remords et tes articles dessus me donnent encore plus envie de continuer!

Rétroliens

  1. Sans pitié ni remords – Nicolas Lebel | EmOtionS – Blog littéraire et musical

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