A la recherche de l’auteur perdu…

chronique littéraire

Séance Coup de gueule

Vous avez peut-être également connu pareille situation…

Un auteur que vous appréciez tout particulièrement, une série de romans que vous suivez avec enthousiasme… qui disparaissent de la circulation (francophone).

C’est comme si vous perdiez un membre de la famille, qui continue à vivre loin de chez vous, sans vous donner directement de ses nouvelles.

Je ne suis pas naïf, je sais que le pouvoir des chiffres (de vente) prime par rapport à toute autre considération. Il n’empêche, je ne peux être que triste et plutôt en colère lorsqu’un auteur de talent, mondialement lu et qui a de vrais fans francophones, disparaît de nos rayons.

Un éditeur peut toujours décider de ne plus publier un auteur ou une série en cours, mais je continue à penser que c’est dommageable pour tout le monde. Et puis (redevenons naïf…) n’y a t’il pas moyen qu’un autre éditeur prenne le relais ? Est-ce si compliqué et si utopique de l’imaginer juridiquement / économiquement (rajoutez les mentions nécessaires…) ?

Deux exemples assez récents, parmi tant d’autres, et qui m’attristent de manière infinie :

  • dean_koontzDean Koontz.  Je lis cet auteur depuis mon adolescence. Il fait partie de ma vie depuis les années 80. Un des plus grands représentants du roman à suspense et / ou du roman fantastique, au cotés de Stephen King. Les deux K ont toujours fait partie de ma vie, et depuis 2013 on m’en a amputé un bout. Pourtant, il continue à publier et à vendre ailleurs…

Le Dean Koontz actuel n’est peut être plus du même niveau que celui des débuts, mais il reste un immense auteur et je reste convaincu qu’il peut toujours trouver son public avec une bonne mise en avant. C’est d’autant plus paradoxal quand on voit que l’auteur s’est tourné dernièrement vers des histoires davantage grand public…

Lui-même a lancé une série avec le personnage incroyable qu’est Odd Thomas ; série qui s’est arrêtée au bout de deux romans en France (il en est à 8 romans de publiés dans cette série…).

Et dire que selon ce classement Wikipedia, Dean Koontz est le 17ème plus gros vendeur de livres dans le monde, tous genres confondus ! Et on le laisse tomber chez nous, inimaginable.

Voici ses derniers romans chroniqués sur ce blog : L’étrange Odd Thomas / L’ami Odd Thomas / Le choix vous appartient / Un type bien / Soir de cauchemar

Page Wikipedia de Dean Koontz

  • roslund-hellstromAnders Roslund et Börge Hellström. Duo suédois d’auteurs de polar qui a vu quatre de ses romans publiés en France. Quatre magnifiques thrillers à messages et dans lesquels on retrouvait des personnages récurrents épatants : La bête / Box 21 / L’honneur d’Edward Finnigan / La fille des souterrains (voir mes chroniques en suivant les liens surlignés).

L’idée de perdre de vue ces personnages, et de ne plus profiter du regard (noir) des deux auteurs sur notre société, est une vraie perte. Eux aussi ne sont plus publiés en France depuis 2012.

Page Wikipedia des deux auteurs

Alors oui, je garde espoir. L’espoir que ces auteurs reviendront d’une façon ou d’une autre dans notre langue…. Petit coup de gueule en forme de bouteille à la mer.

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Catégories :Littérature

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57 réponses

  1. Sinon, il va falloir développer ta compétence dans les langues pour les lires en VO 🙂
    Désolée.

    • Oui c’est malheureusement sans doute la solution. J’ai du boulot…

      • et toute une vie de découverte…
        En plus, il n’y aura plus le soucis de la traduction, tu pourras être au plus près des textes 🙂

      • Bon, pour les auteurs anglais, il nous suffirait de reprendre des cours d’anglais et nous pourrions les lire dans leur langue… pour les auteurs suédois, rien de plus simple, un catalogue Ikéa et l’affaire est dans le sac !

        Ce genre de chose me fait chier aussi parce que depuis que j’ai lu « Nécroscope » de l’auteur Brian Lumley, je veux lire les autres ! Hors, seuls trois ont été publié en France, la première maison d’éditions ayant fait faillite, c’est Pocket Terreur qui a repris, sorti deux titres (le 1 que j’avais) et le 2 que j’ai pu découvrir, pour le 3, c’était bragelonne… et puis ensuite, suce ton pouce, t’as plus rien !!! J’avais vu 10 tomes édités en Allemagne et maintenant 14 chez mes amis qui boivent du tea ! Je chie !! 👿

        « Le cycle Nécroscope (dont seuls les trois premiers volumes sont à ce jour traduits en français) nous offre une vision originale du mythe du vampire, tout en plaçant l’histoire pendant la période de la Guerre Froide, une Guerre Froide dans laquelle les pouvoirs psychiques existent et sont utilisés par de nouveaux types d’espions, dont l’arme maîtresse est leur don ».

        • oui c’est assez insupportable quand tu es fan… Surtout que pour certains auteurs je ne comprends vraiment pas et pour ceux que je cite ça n’a rien à voir avec une histoire de faillite puisqu’on parle de Lattès et Presses de la cité…

          • En effet, rien à voir ! Je ne comprends pas non plus le pourquoi du comment… Pocket terreur n’a pas fait faillite, même si la collection n’existe plus, et Bragelonne est toujours là ! Pi t’être les droits d’auteurs ? ou plus envie de publier ces auteurs ?? Ils pourraient à la limite ne les sortir qu’en format numérique… ou alors, ils sont has been…

  2. Comme tu le dis si justement Yvan, c’est la loi du marché… Et les éditeurs (en grande partie) sont tout sauf philanthropes. Tu n’as qu’à voir les récentes publications de M…o, L…y, Z…r ou T…r, pour ne citer qu’eux!!!

    • je reste convaincu qu’en faisant un bon boulot de mise en place et de promotion (pour pas cher) de ces auteurs cités, ça marcherait aussi bien que d’autres.
      A moins qu’il y a d’autres raisons qu’on ne connait pas…

  3. Et ben du coup, ça me donne envie de les lire, tiens ! tu as bien fait d’en parler sur le(s) groupe(s) ! je commence par quoi ?

    • j’adore ta réaction ! 😉 Oh difficile question… Koontz a écrit tellement de livres… Si tu aimes les thrillers très noirs et qui portent un regard dur sur notre société, je te conseille vraiment les deux suédois. Attention juste, leur premier roman est vraiment dur, vu le sujet

  4. Je comprends d’autant bien que fan aussi de Dean Koontz que je n’ai pas lu depuis qq temps, ça m’agace de me dire que lorsque j’en aurai envie je ne le trouverai pas … oui c’est bien la dure loi du marché qui décide pour nous … et pas que pour ça d’ailleurs !! Merci pour ce « petit » et toujours décent « coup de gueule » !

  5. Je comprends ton coup de gueule car c’est très frustrant…. je trouve!!!

  6. Je partage totalement ton coup de gueule car c’est malheureusement le cas pour de nombreux auteurs ! Quid de Ken Bruen, par exemple, passé de la Série Noire à Fayard Noir et qui n’est plus publié depuis que cette dernière collection a disparu ? Un des plus grands écrivains irlandais, mondialement connu et reconnu, adapté au cinéma, mais qui ne trouve plus d’éditeur en France… D’ailleurs, à part Sam Millar, de nobreux autres auteurs irlandais sont passés à la trappe, dont le talentueux Adrian McKinty, lui aussi lancé par la Série Noire qui a publié un de ses romans « one-shot » ainsi que sa trilogie Michael Forsythe. Là encore, les chiffres de vente sont mis en cause. Il était heureusement réapparu en 2012 grâce à l’excellente mais éphémère collection La Cosmopolite Noire chez Stock, dirigée par Marie-Pierre Gracedieu (depuis partie chez Gallimard éditer de la littérature étrangère), collection qui fut sacrifiée par le remplaçant du regretté Jean-Marc Roberts, patron de Stock jusqu’à son décès en 2012. Cette collection avait publié les deux premiers volets de la trilogie Sean Duffy de McKinty, « Une terre si froide » et « Dans la rue j’entends les sirènes ». Ces deux romans étaient pourtant incontestablement parmi les meilleurs de l’auteur et ont été remarqués autant par la critique que par les libraires et le public : les deux titres ont fait partie successivement des sélections pour le Prix du Polar SNCF 2014 et 2015. Heureusement, il reste encore l’espoir que Marie-Pierre Gracedieu, partie donc chez Gallimard mais qui s’est vue confier la direction aux éditions Mercure de France d’une nouvelle collection de polars étrangers, le Mercure Noir, où elle a déjà rapatriée l’excellente Dolores Redondo pour sa Trilogie du Baztan. Après l’avoir contactée, l’éditrice m’avait promis de ne pas oublier Adrian McKinty, d’autant plus que sa trilogie Sean Duffy s’est entretemps transformée à l’étranger en tétralogie avec un 4éme tome paru. Reste donc à patienter et à voir si les promesses seront tenues, d’autant plus que le Mercure Noir ne publiera d’après sa directrice que 4 à 5 titres par an…
    Enfin, toi qui parles avec justesse de Roslund & Hellström, ils ont fait partie des nombreuses victimes collatérales de la nouvelle politique des Presses de la Cité depuis 2011-2012, en particulier en ce qui concerne leur collection de polars Sang d’encre, puisque je me souviens d’un superbe thriller italien qui inaugurait une trilogie, « Tu es le mal » de Roberto Costantini, et dont la suite n’a jamais été publiée là encore faute de ventes nécessaires. Seulement voilà… le roman était paru en pleine rentrée littéraire de septembre… avec pas moins de 3 autres polars publiés le même mois par la même maison !! Comme quoi, parfois les chiffres de vente ont bon dos !…

    • merci beaucoup Norbert pour ce passionnant commentaire éclairé, sincèrement !
      Comme tu le dis avec Les presses de la cité, ça me fait penser à l’excellent Greg Iles aussi, qui a disparu du catalogue…
      Je continue à penser qu’un bon livre et un bon auteur peuvent se vendre si on fait se qu’il faut en matière de communication et de sortie (oui pourquoi le sortir quand y y a pléthore d’autres publications ?)
      Et avec internet, la communication ça ne coûte pas cher

  7. Si vraiment tu ne veux pas apprendre l’anglais, tu peux aussi monter une maison d’édition… Spécial Polar et Thriller. Je postule pour bosser avec toi ! Dean Koontz j’aime beaucoup aussi, mais il faut croire que ça n’est plus un auteur « à la mode ». Mais il y a pire je trouve : quand tu lis le premier tome d’un roman et que tu apprends que la suite ne sera jamais traduite (pas assez de ventes !) C’est rageant.
    Après, il est toujours possible de lancer des pétitions aux maisons d’édition, parfois ça marche…

  8. Je comprends tout a fait ce coup de gueule et je le partage, car nous, simples lecteurs, devont subir les lois du marché sans rien pouvoir faire. Je ne connais pas ces auteurs mais je te fais confiance si tu dis qu’ils sont bons. Dès fois on ne comprends pas une série commence et on ne peut pas la finir, ça m’est arrivé et c’est très frustrant: pourquoi faire confiance à des auteurs si c’est pour leur couper l’herbe sous les pieds? Incompréhensible……:(

  9. Comme toi j’ai dévoré les deux K dans ma prime jeunesse. Mais il faut bien avouer que Koontz a sorti dans les nineties une série de livres répétitif, redondant et sans souffle ni originalité en tous cas en ce qui concerne les romans fantastiques. Je n’ai pas lu ses derniers, hormis « Un Mari » qui etait sympathique mais pas inoubliable et je ne peux donc pas me positionner par rapport à tes avis sur ses dernières œuvres. Mais je comprends ton coup de gueule 🙂

  10. Spectres, Le Rideau des Ténèbres, Les Yeux Foudroyés, La Peste Grise….& j’en passe ! Que de souvenirs ! Chérie, je me sens rajeunir…soudain ! Arf !

  11. Un coup de gueule bien sympathique et salutaire.
    Mais je crais qu’on littérature comme dans d’autres domaines de la culture, la loi du marché ne prévale.
    Tu sais on nous demande en bibliothèque d’être rentable. Et bientôt nos établissement ressembleront plus à une librairie de grande surface où on ne trouvera plus que des best-sellers.
    Je me bats au quotidiens dans mon domaine de prédilection pour faire découvrir de nouveaux auteurs, j’essaie de mettre en avant les petites maisons d’éditions indépendantes qui sont nombreuses à faire un travail de qualité. Pour autant, si le public qui emprunte boude ces auteurs moins connus publié chez un éditeur qui n’a pas les faveurs de la presse, je me bats, tel Don Quichotte, contre des moulins à vents.
    La curiosité n’est pas donnée à tous le monde, pourtant, là, en bibliothèque, les usagers n’ont point d’engagement financiers, il emprunte gratuitement, si ça leur plait pas il passe au livre suivant donc facile de découvrir, non ?
    Alors imagine un éditeur qui engage des moyens financiers conséquents, pourquoi ne s’autoriserait-il pas à jouer avec l’oeuvre d’un auteur pas rentable.
    Le monde va ainsi, et comme toi je le déplore.!!!

  12. J’aime bien quand tu râles Yvan !

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