Nous rêvions juste de liberté – Henri Loevenbruck

chronique littéraire

Henri Loevenbruck - Nour rêvions juste de libertéC’est Hugo qui parle dans ce livre, à travers les mots d’Henri Loevenbruck. Hugo il est motard dans l’âme, le cœur et les tripes. D’ailleurs, il nous parle tout pareil, de la même manière, avec ses mots simples parce qu’il n’a jamais pu se faire au système éducatif (pourtant il aime les livres Hugo, il n’est pas bête, loin de là).

Cœur, tripes et âme

Le Loevenbruck, il raconte donc l’histoire de ce mec, à travers sa manière de s’exprimer, en langage « parlé ». Vas pas croire pour autant que cette prose vaut pas tripette, le livre parle avec le cœur et les tripes pour toucher directement l’âme (oui je sais je me répète).

Hugo, il a pas 17 ans, toute la vie devant lui et pourtant déjà coincé dans une impasse avant d’avoir même pu commencer à exister vraiment. Alors c’est sûr, Hugo plutôt que de tourner en rond, il tourne assez vite de travers. Mais il va trouver sa voie, pour le meilleur et pour le pire (et crois-moi la balance, elle s’équilibre pas bien du tout, pour le gars). Sa voie, c’est la moto. Et l’amitié aussi.

C’est compliqué la liberté

Son histoire, elle a l’air simple comme ça vu de l’extérieur. Mais faut se méfier des choses simples, rien n’est plus compliqué que la liberté. Cette liberté, il la cherche à travers ses virées en moto et, foutre Dieu (une expression qu’il aime bien, Hugo) elle est dure à attraper celle-là, plus glissante qu’une anguille.

Oui c’est vrai, Hugo et ses potes sont de petites frappes (façon de parler, parce que, quand ils castagnent, ils castagnent dur). Mais attention, c’est pas des mecs sans amour, même s’ils l’avoueront jamais. Ils aiment la liberté et ils aiment l’amitié plus que tout, surtout !

Biture au bitume

Par fraternité, ils vont bouffer des kilomètres à moto, genre qui se biture au bitume. Ils vont en rencontrer des motards sur la route, ambiance Sons of Anarchy parfois. Nous, on va les suivre, d’abord d’assez loin (sont pas trop recommandables, je vous rappelle), avant de vivre la virée à leurs cotés pour la terminer à l’intérieur d’eux-même (et ça, ça fait fichtrement bizarre, moi je te le dis).

Dans les livres qu’il lit Hugo, ils appellent ça un récit initiatique, mais lui il s’en fout, il veut juste vivre sa liberté avec ses potes. Crois-moi sur parole, indépendamment de lui-même, il va t’initier aux émotions fortes.

Cette histoire, elle est pire qu’un papier tue-mouches. Elle attire des émotions qui te collent à la peau plus tu essayes de t’en défaire. Sauf qu’à la différence des mouches, après, toi tu te sens sacrément plus vivant !

Chialer comme un gosse

Oui ce bouquin, il te colle les cheveux au vent et surtout il te fait se dresser les poils sur tout le corps. C’est pas Dieu possible un tel livre ! Sa dernière partie est tellement prenante et émouvante que moi je te fiche mon billet que tu vas chialer comme un gosse à la fin (j’en suis l’exemple vivant).

Cette histoire c’est un vrai coup de coutelard dans le cœur, y a bien qu’une statue qui peut rester de marbre devant cette liberté là.

Henri Loevenbruck a fait tellement fort avec Nous rêvions juste de liberté, que ça tient presque du miracle. Au début ça saigne à cause de la baston, à la fin c’est ton cœur qui saigne et y a pas beaucoup d’auteurs qui arrivent à te faire ressentir ça. C’est un putain de magicien des émotions le Loevenbruck, moi je dis. Ride like the wind, c’est pas du vent !

PS : et dire que la moto, c’est même pas mon truc…

Le livre en un mot : vivant.

Sortie : 01 avril 2015

Éditeur Flammarion

Genre : Fiction

Notes :

Profondeur : 10/10

Dimension de l’histoire : 9/10

Psychologie : 9/10

Qualité de l’écriture : 9/10

Émotions : 10/10

Note générale : 9,5/10

Citations :

On roulait comme on respirait : pour pas mourir.

C’était bon, c’était fou, c’était drôle et brûlant, c’était détaché de tout, et ça me rendait tellement heureux que j’en étais presque triste.

Il me faisait découvrir des auteurs qui savaient mettre tout plein de mots qui coupaient dans mon ventre, et alors ça faisait du bien de saigner un peu.

La poisse, quand vous la connaissez trop bien, vous finissez par l’accueillir avec le sourire, comme un hommage à sa fidélité.

4° de couverture

« Nous avions à peine vingt ans, et nous rêvions juste de liberté. »

Ce rêve, la bande d’Hugo va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paye cher.

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Catégories :Littérature, Livre : les incontournables

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85 réponses

  1. Superbe chronique , mercy Yvan

  2. Comme je te comprends c’est un livre très beau et touchant .On sent que tu l as aimé .
    Belle chronique Yvan

  3. powwwww
    t’as fait fort là…. j’en suis toute retournée!
    Magnifique chronique pour un livre qui m’appelle de toutes ses pages.
    C’est si rare une telle note chez toi qu’il ne faut pas passer à côté de ça!

  4. Wow !! Et bien ta chronique nous file déjà les frissons et une belle claque…. Que faire d’autre maintenant, à part se ruer chez son libraire préféré et l’acheter tout de go….( et puis, tu nous as bien rappeler qu’il ne fallait pas abandonner son libraire l’été…. quoique moi, c’est pas près d’arriver, tu te charges très bien de la besogne en maintenant ma Pal à un niveau +++…)
    Avec une note pareille, on ne peut pas passer à côté….

  5. Boum boum boum fait mon petit cœur en te lisant!!! Quelle chronique émotions intenses!! Tu sais quoi? Je vais me le faire et si je pleure ce sera de ta faute hein!!!!

  6. Ahhhhh Tu vois qu’il fallait suivre nos conseils!!!!!;) Un magnifique coup de cœur ce livre!!!!!!;) Très contente que tu l’ai enfin lu!!!!!!;)
    Bravo pour cette chronique toute en émotions, elle fait vraiment plaisir à lire!!!!!;)
    Il nous bouleverse cet auteur, et nous inspire à de belles chroniques 😉

  7. Ta chronique (et quelle chronique !! magnifique), et après celle de David , finit de me convaincre . Je l’ai acheté sur mon récent passage en France et il va être lu très prochainement.

    • cool, ça c’est une bonne nouvelle ! tu reviendras m’en parler, hein !

      • Bon beh voila ,je viens de le terminer il y a quelques minutes . Je l’ai lu , dévoré en 2 jours et là ,tout de suite , je suis bouleversé ! Bouleversé par cette histoire ,par cet épilogue qui me fout une boule au ventre et me rempli les yeux .
        A chaud comme ça , je ne me souviens pas d’un tel ressenti de lecture. Et je comprend maintenant ta chronique et en quoi ce livre nous a chamboulé. Rien que pour ce que je ressens là maintenant , merci Henri Loevenbruck.

        • eheh bienvenue au club ;-). Je suis super content de savoir que tu as ressenti pareil. Elle est juste parfaite la fin, juste parfaite
          Merci d’être venu me le dire

          • de rien …. ce ressenti là , je pouvais pas le garder pour moi seul 😉

            et là ,je suis un tout petit peu emmerdé , car je ne sais pas absolument pas par quel livre enchainer. Je voudrais lire que des livres comme ça. Si tu as des conseils sur des bouquins avec telle décharge émotive , je suis preneur.

            • tu as raison, ce genre d’émotions il faut le partager au maximum ! Cette année j’en ai eu deux fortes avec le Loevenbruck et Papillon de nuit de Ellory

              • Merci Yvan , je note « Papillon de nuit » pour un achat imminent . Je n’ai lu que « Seul le silence » d’Ellory (déjà sur ton conseil) et j’avais adoré (dans un autre genre évidemment) , l’auteur m’avait amené là où il voulait m’amener et ensuite il m’avait retourné les méninges comme très peu auparavant. Bref , Papillon de nuit et Les assassins (dont le synopsis et ta critique m’ont fait saliver) ,direct dans ma PAL.

  8. Pas facile d’écrire comme ça, hein ? C’est là que tu vois le boulot qu’a fait le Loevenbruck 😉
    En tout cas, je ne peux pas imaginer plus bel hommage à ce livre, bravo !
    Et oui, la fin, oh là là… Elle donne toute sa force au roman. Enorme !!!

    • écrire une chronique comme ça c’est ludique, écrire tout un livre c’est juste du génie !
      La fin est… je ne trouve pas de mots assez forts.
      Merci pour ton commentaire enthousiaste !

  9. « Foutre dieu » ce qu’elle est chouette ta chronique, elle me rappelle une autre qui m’a poussée à le mettre dans ma alise pour les vacances, mais là je sens que je vais le sortir de suite et l’attaquer 🙂 Jolie chro Yvan 🙂

  10. Ce livre met tout le monde à genoux et t’explose le plexus en t’arrachant des larmes. Loevenbruck a ecrit le bouquin de l’année, de la décennie et du siècle. Classique dès sa sortie.
    Et ta chronique illumine de ses mots tout le talent de l’auteur. Sois en remercié mon Yvan 🙂

  11. Yvan, mais quel plaisir de te lire encore et encore ! Tu m’as vraiment donné envie de lire le livre. On frissonne déjà de ce qu’on pourra ressentir à sa lecture rien qu’en te lisant. Merci 🙂

  12. P’tain, mec, comme tu causes bien la rue ! Monte sur ta meule, laisse ta meuf à la casa, et viens on va s’bouffer des moucherons sur le casque ! Tu vas sucer mes échappements tellement que je vais te mettre de la distance dans ta vue. Allez, viens, on s’arrache, gaz en grand, kit nitrous gonflé à bloc et on va s’arsouiller sur les petites routes qui tournent.

    Oui, mec, les motos, c’est mon trip… t’as vu mon casque Rossi réplica ?? Go, et en weeling, s’te plait et ensuite, un stoppie ! 😀

    Je vais lire aussi le roman,dès que je suis descendue de ma Yam R1 ;-))

  13. Je sais pas si je t’aime bien, toi. Encore un qui va faire craquer mon porte-monnaie. Merci bien ! Ceci dit, ta chronique fait baver. Moi la première.

  14. Ben ..Fichtre Dieu, je suis la seule à être de marbre….
    Tant pis, j’assume 😉

  15. Je le commence dans la journée. On me l’avait déjà chaudement recommandé, ta chronique en rajoute une couche.

  16. je rejoins tout ce petit monde pour te féliciter de cette chronique tu n’as pas ton pareil pour partager tes émotions livresque tu m’as refilé autant de frissons que ce livre m’as tiré les larmes.. merci mon ami ..

  17. j’ai envie de le lire maintenant 🙂

  18. 2ème billet enthousiaste que je lis sur ce bouquin, je vais devoir l’ajouter à ma PAL…!

  19. Bon en tant que 1 : lectrice invétérée et 2 : motarde, je ne peux que me ruer sur ce livre !
    Et puis merci à Patelle, parce que c’est grâce à elle que je me suis retrouvé sur ton blog. Et oui les photos de Quai du Polar … A bientôt

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