Alabama shooting – John N. Turner

chronique littéraire

John N Turner Alabama ShootingPour son deuxième roman noir, après l’excellent Amerithrax, John N. Turner partage à nouveau une page de l’Amérique contemporaine. Alabama shooting est en effet, une fois de plus, un récit fictionnel basé sur des faits réels. Mais la ressemblance s’arrête là.

Manière si personnelle

S’inspirant librement d’un fait divers tragique de 2010, où une femme a été mise en cause lors d’une fusillade dans une université d’Alabama, Turner développe un récit à sa manière reconnaissable.

L’auteur est un scientifique de renommée internationale qui a travaillé sur l’anthrax. Cette fois-ci, il s’éloigne de ses domaines de compétence (sauf à lier ce choix au fait que la tireuse en question est également une scientifique).

Car c’est ce qui frappe de prime abord. La femme en question n’est pas une banale délinquante et John N. Turner nous brosse son portrait (pas toujours dans le sens du poil), à coups de retours vers le passé. Alternance de chapitres, entre l’après fusillade et la vie passée de la suspecte (présomption d’innocence oblige), avec un style d’écriture propre à l’auteur.

Dissection d’un fait divers

Je le répète, John N. Turner est un scientifique et il écrit ses livres tel un chercheur, disséquant les faits divers avec sa plume. Une écriture et une construction scénaristique au scalpel pour comprendre le cheminement d’une psychologie meurtrière (loin des poncifs du genre) et ce qui peut conduire à une folie destructrice.

Ne vous attendez pas à un thriller palpitant, le propos et les intentions de l’auteur ne sont pas là. Méthodiquement, il raconte l’histoire de cette femme, usant de ce coté rationnel qui lui est personnel et de son écriture analytique bien maîtrisée.

Fabrique à monstres

Même si ce parti-pris me fait regretter un petit manque d’émotion, ce roman est une formidable plongée dans cette société qui peut engendrer des monstres, à l’image de ce que le sujet met en avant par rapport à la légalisation des armes à feu aux États-Unis.

Oui, John N. Turner est en train de s’affirmer comme le scientifique (jamais barbant) du roman noir ; une place à part pour des romans à part.

Le livre en un mot : Scientifique

Sortie : 04 juin 2015

Éditeur Editions de l’Aube

Genre : Roman noir

Notes (sur 5) :

Profondeur : ♥♥♥♥ 

Dimension de l’intrigue : ♥♥♥♥

Psychologie : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥

Émotion : ♥♥♥ 1/2

Note générale : ♥♥♥♥

4° de couverture

Nous sommes dans une salle de réunion de l’université d’Alabama, à Huntsville. Le professeur Joan Travers, 45 ans, sort une arme de son sac à main et abat froidement trois de ses collègues. L’Amérique, sidérée, découvre cette diplômée de la prestigieuse université d’Harvard, mère de quatre enfants, qui affirme ne pas se souvenir de cette journée. Sauf que les témoignages sont unanimes : c’est bien elle qui a tiré, elle qui a tué.

Dans l’attente de son jugement, Joan Travers repasse le film de son existence, son passé chaotique, son histoire familiale trouble. Est-elle réellement coupable ? Comment en est-elle arrivée là ? Est-ce le produit de sa frustration professionnelle, un effet collatéral de la libre circulation des armes à feu, si faciles à trouver, si simples à utiliser ? Est-ce l’ultime rebondissement d’une vie tourmentée ?

 

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Catégories :Littérature

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19 réponses

  1. Cette Amérique, rêvée et idéalisée par beaucoup, est vraiment un drôle de pays. Pour ma part, il y a longtemps qu’elle ne me fait plus rêver. Pays où la violence est omniprésente, où des gosses se voient offrir des armes à feu en cadeau d’anniversaire. Comment s’étonner de cette propension à se flinguer à tout va?
    Je porterai probablement un regard sur ce roman, quand ma PAL se sera éclaircie…
    Amitiés. 🙂

  2. J’adore ce sujet…je me le note de suite!!!!

  3. Alors là Yvan : MERCI 🙂 Je ne connaissais absolument pas ce livre et j’adore le sujet, j’adore les États-Unis, j’adore ton avis donc… JE LE VEUX !!!! 😀

  4. Il a l’air pas mal, mais je passe mon tour pour celui ci …Les armes à feu, toussa, toussa…..A vomir…..Amerithrax me tentait plus mais je ne suis pas encore tombé dessus…..:(

  5. Une belle chronique sur un sujet épineux. Combien de morts faudra-t-il pour qu’ils interdisent la vente d’arme ? Le pire c’est que ce genre de fait divers est une publicité efficace pour les marchands d’armes car à chaque nouvelle fusillade dans un lycée ou une université, les ventes d’armes explosent aux States. Un problème sans fin…

  6. J’ai adoré ce titre et je pense avoir été plus touché que toi par le récit de la vie de cette femme 😉

  7. j’avais lu et aimé son premier,  » Amérithrax », celui ci je l’attaque dès que je termine le William Bayer que j’ai en cours ! je te dirai ce que j’en aurai pensé pour ma part ! en attendant, les balles continueront de fuser !

  8. Je le note sur un coin de la nappe… a valley !!! Warf warf warf

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