Interview littéraire 2015 – Edgar Cantero

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Voici l’interview d’Edgar Cantero, écrivain (et dessinateur) espagnol, auteur de l’incroyable roman Le monde caché d’Axton House. Une fois de plus, les Editions Super 8 ont eu le nez creux en sortant ce roman étonnant, qui laisse sans voix la plupart des lecteurs qui s’y sont penchés.

Une excellente raison de donner la parole à l’auteur pour découvrir son univers et essayer de décrypter son roman fantastique (au sens propre comme au figuré).

Merci à mon pote Quentin pour la traduction !

Ma chronique du roman

Le site internet de l’auteur

Edgar Cantero

Question rituelle pour démarrer mes interviews, pouvez-vous vous définir en trois mots, juste trois ? 

Oui, je peux 🙂

Quelles ont été vos influences (s’il y en a eu) pour écrire un roman aussi étonnant et original ?

Eh bien, je me rappelle qu’à l’époque ou j’ai écrit ce roman (2012, je pense), j’ai lu un tas de classiques sur les histoires de fantômes (M.R. James, Edith Wharton, Vernon Lee), ainsi que des auteurs gravitant autour de Lovecraft, dont je collectionne les éditions grand public pour leurs couvertures « pulpeuses ».

Je suppose que tout ceci, ainsi que mon overdose habituelle de films et de jeux vidéos m’a poussé à vouloir créer ma propre histoire gothique et populaire. Voilà comment est né Le monde caché d’Axton House.

Sincèrement, je n’ai jamais lu un livre pareil (et c’est un grand compliment) ! Faire tenir une intrigue en utilisant autant de types de narration différents ne vous a pas fait peur ?

Edgar Cantero Le monde caché d'Axton HouseEn vérité, je n’ai pas planifié ma structure narrative. Et je n’y ai jamais accordé beaucoup d’importance, aussi ai-je été un peu surpris que ce principe attire tant d’attention des lecteurs.

Je sais que ce n’était pas prévu au début ; je suppose que j’ai réussi à écrire le premier chapitre en utilisant uniquement ces “documents trouvés” et que j’ai pensé que je pourrais continuer ainsi.

Cela a été dur par moment, car souvent je voulais atteindre des choses qu’une « caméra » ne pouvait pas voir de manière plausible, mais c’était aussi une limitation confortable. Si je m’étais autorisé à faire n’importe quoi, il y avait trop de choix à faire.

D’un autre côté, si la prochaine scène DEVAIT se dérouler soit dans la chambre, soit dans la salle de bain, la salle de musique ou la cuisine et qu’il n’y a pas de cameras possibles, la bonne solution m’apparaissait plus clairement.

Les domaines touchés par cette histoire sont tellement variés ! Avez-vous fait beaucoup de recherches pour si joliment nous distraire ? Êtes-vous amateur de jeux de piste et de jeux de l’esprit ?

Tout le plaisir est pour moi ! Je n’aime pas particulièrement faire de recherches ; quand j’écris une histoire, je préfère inventer les détails plutôt que de rechercher des faits.

Mais d’un autre côté, j’aime explorer Wikipedia. Les énigmes codées étaient amusantes à rechercher ou à créer, de même que la création de ce comté entier en Virginie, mais seulement parce que suis toujours affamé d’informations inutiles et que les outils étaient là : je ne fais quasi aucune recherche en-dehors d’Internet.

Si je vous dis que c’est un roman résolument adulte mais qu’il est fait uniquement pour ceux qui ont gardé une part d’enfant en eux, je dis une bêtise selon-vous ?

Je pense que vous ne vous trompez pas. Mais je n’y pense pas vraiment ; j’écris ce que j’aimerais lire et je laisse les éditeurs décider du public-cible.

Ça ne me dérangerait pas d’être vendu comme un auteur de fiction pour jeunes adultes, du moment qu’ils ne modifient pas mes blagues grivoises.

Étiez-vous du genre à vous planquer sous une couverture avec une lampe de poche en lisant un roman d’épouvante durant votre jeunesse, au point de chercher via ce roman à faire un petit hommage à cette période ?

Je n’étais pas vraiment un fan d’horreur, en fait. J’ai lu ma part de R.L. Stine (Collection : Chair de poule) quand j’étais jeune, et de Poe, mais je n’étais pas le genre de gamin à organiser une soirée entre copains pour regarder L’exorciste, comme les fans du genre le font à douze ans.

Cependant, Scooby-doo était l’un de mes dessins animés favoris quand j’était gosse et Alone in the dark était l’un de mes jeux vidéos favoris. Et ça me manque, cette manière pure, sans sophistication, qu’ils offraient.

Je sais que je voulais commencer mon histoire d’horreur comme cela, avec le vieux truc de la maison héritée, en utilisant autant de clichés que possible, car j’avais remarqué que le genre d’horreur pour adulte tend à les éviter, comme s’ils étaient un défaut. Je voulais me vautrer dans la platitude des postulats du genre.

Peut-on imaginer une suite à ce roman, et retrouver ses personnages dans le futur ?

Je l’espère, en tout cas. Peut-être pas avec ces personnages-là exactement, ou pas tous ensemble, et pas tout de suite. Mais j’aimerais travailler à nouveau sur cette série.

Vous n’êtes pas seulement écrivain, et vous avez aussi d’autres talents, comme celui de dessinateur. Pouvez-vous nous en parler ?

vallviC’est à peu près tout ce qu’il y a à en dire : écrire et dessiner sont les deux choses pour lesquelles je suis bon, les deux façons dont je sais m’exprimer. Ecrire est plus facile, je pense.

Je travaille actuellement pour le magazine El Jueves, basé à Barcelone, où je propose des articles et des bandes dessinées.

J’ai aussi dessiné la couverture de mon livre précédent, Vallvi et j’ai récemment terminé un comic promotionnel pour l’édition espagnole du Monde caché d’Axton House.

Ce blog est fait de sons et de mots. La musique prend-elle une part dans votre processus créatif ? 

Plutôt, oui, mais je ne me souvient  pas d’un cas précis où la musique a commandé un chapitre dans Le monde caché d’Axton House. Je peux cependant vous dire que c’est arrivé dans mon livre précédent (Vallvi en catalan).

Vous avez le choix entre nous donner le mot de la fin ou votre dessert préféré… 

Du melon dans du lait de coco. 

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Catégories :Interviews littéraires

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19 réponses

  1. si je n’avais pas été convaincu par les chroniques lues ici ou là ( et ce n’est pas le cas) ton interwiew l’aurait fait !!! je crois que je vais me faire la collection entière de cette maison d’éditions ! 🙂

  2. J’ai acheté le roman à cause de toi, Yvan, et de ta super chronique, mais je pense que je ne vais pas regrette mon choix, car l’interview me donne envie de le commencer, ce que je ferai une fois terminé mon espagnol précédent.

    Axton House me fera du bien après un roman noir qui parle de la période franquiste et de la Sibérie en 1931… 😉

  3. Celui là je le veux trop….En fait je veux tous les Super 8…
    Très intéressante cette interview encore une fois! 😉

  4. Whaou, je savais pas qu’il était si jeune cet auteur.
    Je comprends mieux certaines choses maintenant….
    Le style tellement moderne, plus que contemporain.
    Merci une nouvelle fois pour cette belle découverte mon ami. 🙂

  5. j’ai encore plus envie de le lire maintenant !

  6. Interview très interessante comme d’hab’ . Quant au livre ,comme tout le monde je l’ai trouvé super original sur la forme , mais j’ai été un tout petit peu moins séduit par le fond.
    Sinon ,le gourmand que je suis retient « Du melon dans du lait de coco » ,un mélange qui me séduit et que je brule d’envie de gouter 🙂

    • la forme, personne ne peut le contester ;-). Vu l’originalité du truc, ça ne peut qu’engendrer des retours très variés des lecteurs. Moi j’ai adoré tu le sais déjà ;-).

Rétroliens

  1. Le Monde caché d’Axton House – Edgar Cantero | 22h05 rue des Dames

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