Interview littéraire 2015 – Patrick Senécal

interview litteraire

 Patrick Senécal est un formidable auteur canadien qui mérite d’être davantage connu sur le vieux continent. Ça tombe bien, 2015 devrait être l’année qui permettra au plus grand nombre de le découvrir (et à ses fans de ne plus se battre pour arriver à mettre la main sur un de ses livres).

C’est donc une excellent occasion de réaliser cette interview, accompagné de Foumette (auto-proclamée plus grande fan belge de l’auteur) qui a participé aux questions.

Patrick Senécal

Mes questions :

Question rituelle pour démarrer mes interviews, peux-tu te définir en trois mots, juste trois ? 

excessif, ludique, imaginatif

Tu as récemment eu l’occasion de venir en Europe, à la foire du livre de Bruxelles. Comment s’est passé la rencontre avec tes lecteurs de l’autre bout de l’Atlantique ?

IL faut demeurer modeste: je n’ai pas beaucoup de lecteurs en Europe. Mais j’ai tout de même été surpris de voir que ceux qui me connaissaient étaient très, très passionnés et aimaient beaucoup ce que je fais. C’est encourageant pour la suite des choses. Ça montre en tout cas que peu importe le pays, les lecteurs aiment les mêmes trucs de base dans un thriller: faut que ça marche, faut que ça prenne au tripes et faut y croire.

Tu as été mal distribué en Europe jusqu’à ce jour. Choix délibéré ou hasard ?

C’est hors de mon contrôle. Je crois que la plupart des livres québécois sont mal distribués en Europe. C’est une question de demande. Si on demande plus de Québécois, on les distribuera mieux. Mais pour les demander, faut les connaître. Bref, c’est un peu un cercle vicieux.

Tu viens de signer avec un grand nom de l’édition en France : Fleuve Éditions. Pourquoi ce choix et qu’est ce que ça va changer pour toi ?

En fait, c’est Fleuves Éditions qui m’ont approché, pour la Collection Fleuve Noir. Franchement, comment refuser ça? Fleuve Noir est une institution dans la littérature de genre, ça va me donner un rayonnement très grand. Il n’y aura plus de problèmes de distribution, c’est sûr. Mais, bon, ce sont quand même les lecteurs qui auront le dernier mot, dans le sens que, oui, cela peut me faire connaître en Europe, mais il faut que les européens aiment mon univers. Alors je croise les doigts.

Les questions de Foumette :

Une des grandes qualités qui caractérise ton talent est ton imagination débordante, à tel point, que je pensais que tu n’étais pas « un vrai être humain », ce qui m’a été infirmé lors de notre rencontre. Peux-tu nous expliquer d’où provient cette imagination « hors norme »? Est-elle innée ou as-tu subi un quelconque traitement 😉 ?

Je pense que la plupart des écrivains ont beaucoup de difficulté à expliquer d’où vient leur imaginaire. Moi, j’ai toujours lu du fantastique et du thriller, depuis mon enfance,. J’ai découvert le genre avec la littérature belge, ,justement: Jean Ray, Thomas Owen… Puis, il y a eu King, etc… Évidemment, on pourrait dire que ce sont ces livres qui m’ont donné envie d’écrire du genre… mais pourquoi dès le début étais-je attiré par ce type de livres? Et ça, je ne sais pas. Ceci dit, je pense que l’imagination, c’est innée, mais je pense qu’on peut la développer. Plus on vit dans notre imaginaire, plus on le développe. C’est ce que je fais depuis que j’ai onze ans.

J’ai pu ressentir de multiples sensations fortes en te lisant (nausées, palpitations cardiaques, impression d’être secouée dans tous les sens, peur…) . Une des pires, est cette sensation de « me faire peur », peur d’aimer à ce point de lire des récits aussi effrayants ! Est-ce l’effet que tu veux procurer à tes lecteurs ? T’arrive-t-il aussi de te faire peur en écrivant de telles choses ?

C’est ce que je préfère, en fait: savoir que mes lecteurs se rendent compte que ce que j’écris est épouvantable, mais ne peuvent en même temps s’empêcher de continuer. Parce que je pense qu’on a tous une part sombre en nous et mes romans explorent cette part. C’est comme si, dans mes livres, j’invitais le lecteur a fait un voyage dans ce qu’il y a de pire en nous, en toute sécurité, mais aussi en toute lucidité. Moi, je ne me fais pas peur, parce que justement j’écris là-dessus. Ce sont les autres qui me font peur.

Peux-tu nous dévoiler ta méthode d’écriture ? Travailles-tu à partir d’un plan ? Planifies-tu à l’avance les différents événements de tes fictions ?

Je fais toujours un plan, pas d’une extrême précision sauf la fin: je sais toujours avec exactitude comment mon roman va se terminer. Pour moi, c’est impossible d’écrire sans savoir où je m’en vais. Disons que les grandes étapes sont prévues, mais pas très précises. Et je me permets de changer des trucs en cours de route, bien sûr. Je fais donc un plan, puis un premier jet. Ensuite, je fais deux ou trois révisions en profondeur, où je coupe des trucs répétitifs, j’ajuste, je corrige les erreurs et les incohérences. Puis, la dernière version est celle où je m’attarde au style, au phrasé, à la langue.

Dans tes livres, tu t’inspires de l’être humain, de son côté sombre ainsi que de ses déviances. D’où te vient cet intérêt ?

Des premiers livres que j’ai lus. Peut-être aussi du fait que j’ai toujours eu une vie très calme, très normale, et que peut-être j’avais besoin de voir le côté sombre avec la fiction. Je ne sais pas trop. C’est tellement difficile de savoir pourquoi on écrit ce qu’on écrit. Peut-être aussi que d’explorer le côté sombre de l’humain est un moyen de dompter la bête. En tout cas, c’est mon moyen à moi.

Retour à mes questions :

Peux-tu nous parler de ta future actualité ?

Je sortirai un nouveau roman en octobre, ainsi que trois nouvelles dans trois recueils différents. Il y a des projets de films et de télé, mais rien de sûr encore. Et il y a LE VIDE chez Fleuve Noir en novembre.

Ce blog est fait de sons et de mots. La musique prend-elle dans ton processus créatif ? 

J’écoute toujours de la musique en écrivant. Ça va dans toutes les directions, de Neil Young à Nine Inch Nails, de Nick Cave à Metallica, de John Zorn à Bashung, de Mr Bungle à Can. Je fais jouer parfois des styles précis lorsque j’écris des passages avec des ambiances particulières.

Tu as le choix entre nous donner le mot de la fin ou ton dessert préféré… 

Le mot de la fin est que je suis très excité de mon entrée en Europe en automne prochain et j’espère vivre une belle amitié avec le public européen !

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Catégories :Interviews littéraires

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29 réponses

  1. Très belle interview qui me donne encore plus envie de découvrir l’auteur 🙂

  2. Un québécois, une belge et un alsacien sont dans un bateau. ..
    Wowww vous avez mis la barre haute les chouchoux!! Senecal , rien que ça! 🙂
    J’imagine notre midinette de Foumette. ..lol

  3. Ah ben enfin ! c’est pas trop tôt !!! Il était temps que ce formidable écrivain soit édité par une grande maison d’édition française pour avoir le rayonnement qu’il mérite !! donc si j’ai bien compris, ca passera par une réédition d’un de ses titres ? j’espère qu’il trouvera son public et qu’enfin on fasse à Patrick Sénécal, la place qu’il mérite dans notre pays. Amitiés

  4. Excellente idée cette interview à deux têtes ! J’adore !!!!

  5. Une interview en double: double plaisir….On espere connaitre bientôt cet auteur….;)

  6. Je suis impressionnée, quel article.
    Bravo à vous deux, c’est bien écrit, c’est très pertinent et c’est intéressant.
    J’adore !
    J’ai hâte que tu lises de ses livres Yvan pour avoir tes opinions 🙂

  7. Bel interview et je suis contente que cet auteur québecois nous envahisse, nous, le Vieux Continent (mais faut pas faire entrer Céline avec lui, hein !!!). En tout cas, je l’ai croisé aussi et ce fut un plaisir, mais je n’ai pas su parler beaucoup avec, une groupie inconnue lui tournait autour comme une guêpe autour d’un pot de miel ! PTDR

    Je possède quelques uns de ses livres, mais pas encore eu le temps de les lire… Le dis pas à Foumette, elle m’arracherait les yeux !! 😛

  8. J’ai peu lu cet auteur, « 5150, rue des Ormes » et « Hell.com » seulement. Et j’ai du mal à accrocher. Je pense que c’est le côté fantastique qui me gêne. Peut-être essayer avec un autre titre un de ces jours, pour voir si je suis plus réceptif.

  9. Merci tout le monde pour vos mots! Il faut absolument lire cet auteur…j’vous jure même si on a deux têtes hein!!! Je précise que l’abeille c’est moi ahahahha!!! J’étais accrochée à lui car je réalisais mon rêve: rencontrer Patrick! Puis bon…je ne suis pas sa plus grande fan belge pour rien hein!!! Un immense merci à Yvan et à Patrick…c’est juste délicieux!!!!!

  10. Merci de me faire découvrir cet auteur. j’ai vu qu’il allait être publié dans une maison d’édition française prochainement.
    C’est miss Foumette qui ne l’a fait lire, il y a quelques année. un petit bouquin dont j’ai oublié le titre que j’ai dévoré en moins de deux.
    J’espère bientôt relire Patrick Sénécal et le faire rentrer dans nos bibliothèques parisiennes

  11. Je ne connaissais pas cet auteur (je suis inculte o_O) alors merci de la découverte !!! 😀

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