Le syndrome du pire – Christoffer Carlsson

chronique littéraire

Christoffer Carlsson - Le syndrome du pire« Élu roman policier de l’année en Suède en 2013 », nous dit la couverture. Une accroche qui claque, mais gardez-vous d’en avoir une vision trop réductrice.

Circonvolutions

Car Le syndrome du pire de Christoffer Carlsson est bien un polar, mais pas seulement. L’intrigue policière se dissout dans une histoire qui s’apparente bien davantage au roman noir. Un roman à ambiances, dans lequel l’histoire prend d’étranges circonvolutions ; sinuosités qui plongent le lecteur dans les méandres du passé du personnage principal.

Leo est un flic, oui, mais il a la particularité d’être suspendu de ses fonctions suite à une sombre affaire, et n’est plus qu’un quidam au centre d’un tourbillon.

Boomerang

Le syndrome du pire, titre original : l’homme invisible de Salem (quartier populaire près de Stockholm), déstabilise très vite le lecteur par le mélange de narrations et les retours impromptus vers le passé. La jeunesse du personnage principal prend les devants, avant que le présent ne reprenne le dessus et que les deux ne s’entrechoquent.

Déstabilisante au début, la lecture en devient ensuite envoûtante, parfois même déchirante. Leo est un personnage au bord du gouffre. Les réminiscences de son passé s’emmêlent, vous emprisonnent telle une toile d’araignée et passent très vite de la banalité à une touchante émotion. D’éprouvants événements de ce passé qu’il croyait révolu lui reviennent tel un boomerang.

Mélancolique noirceur

Cette mise en abyme, au rythme curieux, devient assez fascinante au fur et à mesure de la lecture. D’ambiance en ambiance, on flotte dans une atmosphère sombre et vaporeuse, à l’image de l’état d’esprit du personnage.

Loin de ces polars qui prônent l’action avant tout, Christoffer Carlsson a brodé une histoire un peu hypnotique, avec un final qui prend subitement aux tripes. L’auteur est criminologique, et on sent son inclinaison à parler principalement du « comment » d’un meurtre.

Le syndrome du pire est une intéressante réussite qui plaira à ceux qui aiment les ambiances crépusculaires. Avec le personnage de Leo, ils auront leur dose de mélancolique noirceur.

Sortie : 11 mars 2015

Éditeur : Ombres noires

Genre : polar / roman noir

Notes (sur 5) :

Profondeur : ♥♥♥♥

Psychologie : ♥♥♥♥  

Qualité de l’écriture : ♥♥♥ 

Émotion : ♥♥♥♥

Note générale : ♥♥♥♥

4° de couverture

Stockholm, fin de l’été 2013. Une jeune droguée, Rebecca Salomonsson, est abattue dans un foyer pour femmes. Trois étages plus haut, dans son appartement, Leo Junker est réveillé par les lumières des voitures de police.

Flic, il travaille aux affaires internes, la division la plus mal vue, celle des « rats » qui enquêtent sur leurs collègues. Suspendu depuis « L’affaire Gotland », au cours de laquelle il a commis une erreur qui a coûté la vie à un policier, rongé par la culpabilité, Leo s’étiole dans son nouveau job. Alcool, errances nocturnes, sa vie ressemble à un lent naufrage.

Mais, dans le meurtre Salomonsson un indice le frappe particulièrement, qui fait ressurgir à sa mémoire des personnages troubles de son adolescence: Julia et John Grimberg. De plus, des messages énigmatiques arrivent à son portable. Et pourquoi a-t-il le sentiment diffus d’être suivi? Quand la réalité se délite, à quoi peut-on s’attendre, sinon au pire?

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Catégories :Littérature

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15 réponses

  1. Toujours intéressant de découvrir de nouvelles plumes. Le polar Nordique est décidément en bonne santé… Amitiés… 🙂

  2. Je me note encore celui ci!!!!Je pense qu’il a tout pour me plaire…..Ces ambiances mystérieuses, toussa toussa……..;)

  3. J’aime beaucoup quand des retours dans le passé se mêlent à la narration au présent. En savoir plus sur le passé du personnage lui donne de la profondeur. Merci pour cette découverte.

  4. Je le note également, il me tente vraiment. J’aime aussi la couverture, originale…. A ce week-end !! Bises

  5. Une critique fort alléchante. Je ne suis pas toujours fan des polars nordiques mais là tu me donnes envie d’en découvrir plus 🙂

  6. Mais enfin, Yvan, dors-tu parfois ?? Tu as copié ma maladie du mois de juin où je ne dors pas et écris des fiches ?? 😀 Bon, je note, mais tu m’énerves toujours !! Gros kiss aux auteurs de Lyon 😉

  7. Intrigant, mais pas trop pour moi. 🙂

  8. Babelio a eu la gentillesse de me l’envoyer et je suis plutôt contente de lire ton ressenti! 🙂

  9. Je ne suis pas très nord moi tu sais…Je suis juste souvent à l’ouest quoi!!!!

  10. Je viens de le finir et si l’intrigue prend son temps, le rythme du livre est particulièrement rapide. C’est marrant, enfin déstabilisant.
    Le personnage de Leo est touchant. et ces allers et retours dans son passé donne une bonne idées de la psychologie du personnage.
    Et stockholm en prend un sacré coup 😉

    • meuh non le rêve nordique ‘en prend pas un coup ! :-p
      Oui je trouve le rythme général assez déstabilisant, un livre un peu bizarre que j’ai bien aimé, Nath ne l’a pas aimé de son coté.

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