Interview – 1 livre en 5 questions : Hyenae de Gilles Vincent

1 livre en 5 questions

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre. 5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

Gilles Vincent

Ma chronique du roman

Ce nouveau roman peut se lire clairement individuellement, même si on y retrouve des têtes connues…

Retrouver la commissaire Aïcha Sadia, Sébastien son compagnon, Théo Mathias, le légiste, et toute l’équipe, c’est pour moi comme un rendez-vous. Un rendez-vous heureux. Après quelques mois de promotion, de salons et d’abstinence d’écriture, ce sont vraiment des retrouvailles. La seule question qui compte à ce moment-là est de savoir dans quelle histoire je vais les embarquer.

Ce qui est sympa maintenant, c’est qu’en discutant avec les lecteurs, je me rends compte qu’eux aussi attendent de retrouver Aïcha et son équipe.

En fait, j’ai créé une famille, un clan auquel je suis attaché, mais qui, de partage en partage, ne m’appartient plus vraiment. Et tant mieux…

Je dois dire que je ne vous attendais pas dans un registre aussi sombre et violent…

Mise en page 1J’adore le cinéma et particulièrement les bons thrillers. En 1995, (putain, 20 ans !), j’ai, comme nombre d’entre nous, été scotché par le film de David Fincher, Seven. Pour moi, c’est le thriller parfait. Écriture, scénario, prises de vue, interprétation, seconds rôles, bande-son… tout fonctionne à merveille. Un chef-d’œuvre du genre.

Depuis, l’envie d’écrire un thriller ne m’a pas quitté. Un bouquin qui vous prend aux tripes dès la première page, qui vous secoue à chaque chapitre et qui vous emmène jusqu’à la dernière page en vous laissant à peine le temps de reprendre votre souffle.

Comme dans Seven, un récit où, au fil de la lecture, le lecteur se met à redouter les pages finales. Un roman qu’on n’est pas prêt d’oublier, efficace comme une lame de rasoir. Comme dans Seven, j’ai travaillé à construire un personnage, incarnation du mal absolu. Dans le film, c’est John Doe, dans mon roman, il s’appelle La Hyène.

Le sujet du roman est hyper sensible. Comment gère t-on ce genre de sujet tout au long de l’écriture ?

Vous avez raison, dès qu’on touche à l’enfance, à la maltraitance, aux pire des perversions, le terrain s’avère plus que délicat. Il a été primordial que j’adopte une manière de travailler qui me mettre à l’abri, me protège, m’évite les blessures.

Ma méthode de travail fut très simple : d’abord, un gros travail de recherche et de documentation. C’est là, d’ailleurs, que je me suis aperçu que la fiction que j’allais écrire serait bien en-dessous de la réalité. Deuxième élément : la mise à distance. J’ai la chance d’avoir une vie familiale joyeuse et bon enfant. Aussi, quand je quitte mon ordi, à l’instar du comédien qui quitte un plateau, la coupure se fait instantanément. Troisième élément : c’est moi qui reste le maître. Je veux dire que contrairement à d’autres livres, pendant l’écriture de Hyenae, j’ai veillé à ce qu’aucun personnage n’échappe à mon contrôle.

Il m’est arrivé par le passé de me laisser parfois déborder par un personnage (Claire, par exemple, dans Beso de la Muerte). Là, pas question. Je me suis comporté avec mes « acteurs » comme un véritable metteur en scène. C’était moi le boss, point barre !

Vous semblez avoir voulu privilégier le rythme de l’intrigue, à coup de chapitres courts et dynamique…

Depuis que j’écris, trois choses, entre autres, me guident dans mon travail. La qualité de l’écriture, la transcription en mots des images (du film) que j’ai en tête, et le rythme.

Dans ce roman en particulier, j’ai beaucoup bossé l’allure, le découpage. Mon but était de plonger le lecteur dans une cadence comparable à celle que vivent mes personnages. C’est pour cela qu’il n’y a pas de répit, si ce n’est au chapitre 9 (un peu de câlins, de désirs, de sensualité et de tendresse, ça ne fait pas de mal).

Comment ressort-on de l’écriture d’un tel roman ?

J’en suis ressorti épuisé. Mais quelques heures après avoir terminé le roman, je savais que je ne pouvais laisser mes personnages là où je les avais abandonnés. Et l’idée de Parjures est née dans la foulée. Reprendre Aïcha, Sébastien, toute l’équipe là où je les avais laissés et leur offrir un roman comme une suite… en fait, une sorte de délivrance.

Ce que je peux conseiller aux lecteurs de Hyenae, c’est de se laisser embarquer sans résistance. De suivre Aïcha et les autres dans cette terrible histoire (sans oublier que c’est aussi une fiction). Et puis, après la dernière page, si eux aussi ne peuvent en rester là, qu’ils se plongent dans Parjures. Peut-être y trouveront-ils la réponse attendue ?

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Catégories :Interviews littéraires

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16 réponses

  1. Ah oui… Mais bon, moi qui ai déjà lu Parjures, je vais prendre l’histoire à l’envers… Pas grave, je ne pense pas que ça gâche mon plaisir de suivre Aïcha et son équipe… 🙂

  2. aïe aïe aïe !!!! Mais c’est qu’il vend bien son bouquin !!!!! moi qui me disais nan ça à l’air trop rude pour moi …. il m’a donné envie d’essayer pffffffffff je sais plus quoi faire !!!!!!

  3. c’est toujours passionnant de lire ce que les auteurs ont a dire sur leurs œuvres. Celui-ci ne déroge pas à la règle

  4. Entretien très intéressant encore une fois !

  5. Et voilà que je découvre un nouvel auteur grâce à toi 😉 Très intéressante interview 🙂

  6. Comme Vincent, j’ai lu Parjure avant de ne lire celui-là
    Mais, j’ai m^me pas vu que parjure était la suite de Hyenae.
    Je vais le reprendre et le re-parcourir, obligée !
    Merci j’adore cet entrevue en 5 points.

  7. Ce livre vient de rejoindre ma MAL héhé!!!!

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