Au fer rouge – Marin Ledun

chronique littéraire

Marin Ledun - au fer rougeAvec ce nouveau roman, qui succède à L’homme qui a vu l’homme (une suite sans en être une), Marin Ledun continue à surfer sur la vague des histoires à classer entre barbouzerie, politique et terrorisme, le long de la magnifique côte basque.

Voie et voix

Oui, l’auteur semble vraiment avoir trouvé sa voie (voix) à travers ces récits où la corruption n’a plus de limite, où la perte de valeurs semble être la norme (sauf pour ceux qui s’en inventent pour essayer de faire passer la pilule).

Trafic de drogue, scandales environnementaux, règlements de compte sur un air de « tous pourris », le cocktail est explosif.

Le roman de Ledun sort son épingle du jeu par cet environnement spécifique et son coté si réaliste. C’est aussi une écriture particulière et vraiment personnelle.

Il est un peu difficile de ne pas s’y perdre au début, tant les protagonistes sont nombreux et leurs manières d’être difficiles à cerner. Il faut s’accrocher un peu pour commencer à comprendre où veut nous mener l’écrivain avant que le tout ne prenne forme.

Partie d’échec

Car ce roman est comme une partie d’échec, chaque personnage avance ses pions en ne pensant qu’à son propre intérêt, se rendant coup pour coup sans se rendre compte qu’ils font partie d’un grand ensemble particulièrement instable.

On est loin d’une banale visite touristique du pays basque. Les vertus de l’iode sont balayées par un Marin Ledun qui nous brosse le tableau ravageur d’un milieu où tous les coups sont permis. Réalité ? Fiction ? Je ne préfère pas imaginer la réponse à cette question…

Distanciation

Pour mieux décrire l’horreur, Ledun ne prend pas parti, son style est souvent très descriptif, direct et il use d’une distanciation parfois assez déstabilisante. Capable d’envolées stylistiques étonnantes tout comme d’un détachement glaçant, il construit son récit avec un recul qui rend difficile le ressenti d’une quelconque empathie pour quelque personnage que ce soit.

Chacun est une pièce d’un puzzle complexe, dont l’auteur joue avec un vrai talent. Je me dis qu’il aurait sans doute mieux valu que je lise L’homme qui a vu l’homme avant celui-ci pour davantage adhérer à cette histoire touffue, qui fait froid dans le dos. On est, en tout cas, bien loin du banal polar.

Sortie : 14 janvier 2015

Éditeur : Ombres noires

Notes (sur 5) :

Profondeur : ♥♥♥♥

Psychologie : ♥♥♥♥  

Qualité de l’écriture : ♥♥♥ 

Émotion : ♥♥♥

Note générale : ♥♥♥ 1/2

4° de couverture

Madrid, 11 mars 2004, dix bombes explosent dans des trains de banlieue. Rescapée, le lieutenant Emma Lefebvre entre en guerre contre le terrorisme.

La découverte d’une valise contenant le cadavre d’un trafiquant de drogue espagnol, échouée sur une plage landaise, dix ans plus tard, ravive les vieilles blessures. Emma met bientôt au jour une véritable organisation mafieuse, avec à sa tête Javier Cruz, seigneur de l’antiterrorisme.

Des rives du fleuve Nervión aux bas-fonds de Bayonne, des banlieues déshéritées de Madrid aux palaces de la côte basque, la géographie de la corruption n’a pas de frontières.

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Catégories :Littérature

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22 réponses

  1. A tenter ;)………..Mais après la multitude de livres que j’ai déjà noté chez toi…………;) ca commence a devenir impossible à compter là!!!!!

  2. Je n’ai pas encore lu « Au fer rouge » (hélas, néanmoins ça viendra : j’ai lu tous les Ledun, ce n’est pas cette année que je vais renoncer à cette bonne résolution 😉 ), mais « L’Homme qui a vu l’homme » est définitivement à lire. Plus simple apparemment que celui-ci, avec moins de personnages, il est dense sans être étouffant, passionnant, complexe sans être opaque, et mené à un rythme d’enfer. Pour moi, son meilleur à ce jour, sans conteste !
    (Et si j’en crois les nombreuses réactions positives de mes clients, qui découvrent massivement Marin grâce à ce poche qui vient de paraître, je ne suis pas le seul à le penser 😉 )

  3. Ca a vraiment l’air bien 🙂

  4. J’ai trouvé cet opus remarquable , tout comme le précédent ; C’est de facto un ensemble! Mais toute l’œuvre de Marin Ledun est marqué du sceau de la lucidité et de la lutte contre les atrocités et les ignominies de notre société! Si vous n’avez pas compris cela , vous n’avez rien compris , désolé!

  5. Comment ?? Tu as lu le nouveau et pas encore « L’homme qui a vu l’homme » ?? Rhôôô, Yvan, pas bien, fessée (samedi).

    Bon, faudra que je me trouve celui-ci et que je le lise… Yapuka ! (et le temps qui s’écoule comme les chutes du Niagara lorsqu’elles ne sont pas gelées !).

    J’ai budget illimité pour samedi… 🙂

  6. J’ai eu la chance de lire « L’homme qui a vu l’homme » à sa sortie.
    C’est un des roman qui m’a le plus marquée sur l’année 2013/2014.
    Je pensais m^me qu’il allait rafler plus de prix que ça.
    Et bien entendu, j’ai adoré le deuxième volet.
    Mais ça tu le sais déjà.
    Et perso, j’aime cette écriture distanciée sans parti -pris qui permet de se faire sa propre opinion 😉

  7. Il serait temps pour moi de fouiller un peu mieux l’univers du charmant Marin Ledun dont je n’ai lu que Les visages écrasés , Très bon roman .
    Ceci dit je ne suis pas sûre de vouloir continuer ma découverte avec celui ci.

  8. Après « L’homme qui a vu l’homme », je me dois de lire aussi cet opus, ce qui se fera sûrement, mais quand? 🙂

  9. Quand tu es mitigé…je le suis aussi héhé!!! J’ai son précédent dans ma MAL…je le lirai…et puis..je verrai si je poursuis ou pas!!!

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