Ne deviens jamais pauvre ! – Daniel Friedman

chronique littéraire

Daniel Fredman - Ne deviens jamais pauvreBuck Schatz, ancien flic à la retraire, une légende, du genre à ne pas y aller par quatre chemins.

Déambulateur

Buck Schatz, caractéristiques actuelles : 88 berges, ne peut plus se déplacer sans son déambulateur, commence à avoir quelques soucis cognitifs.

Ah oui, et il est juif aussi. Je précise parce que ça a son importance cette histoire. A son âge plus qu’avancé, voilà qu’il se retrouve face à un braqueur mythique (ancien rescapé des camps de concentration), qu’il avait côtoyé 45 ans plus tôt. Le moins que l’on puisse dire c’est que les papys font de la résistance et que leurs retrouvailles sont plutôt (d)étonnantes.

Ceux qui ont lu Ne deviens jamais vieux ! retrouveront avec délectation le personnage de Buck. Les autres pourront partir à sa rencontre, sans problème, à travers ce nouveau roman.

Cynique

Parce que des personnages comme celui-ci, on n’en rencontre que rarement. Buck est un vrai grincheux (il a une réputation à tenir), un teigneux, une vraie grande gueule (mais qui ne parle jamais pour rien, plutôt du genre à tirer avant de parler). Il n’aime personne, le fait savoir, et pourtant on se prend assez vite d’affection pour cet inspecteur Harry du quatrième âge.

Daniel Friedman s’en donne à cœur joie avec un ton jubilatoire et cynique qui colle parfaitement bien à ce (ces) personnage(s) (parce que le vieux méchant de l’histoire est un sacré bonhomme lui aussi).

A coup d’humour juif, autour d’un scénario rocambolesque mais qui tient parfaitement la route, l’auteur sort Buck de la naphtaline (ou plutôt de son hospice) pour lui plonger le nez dans un passé qui le rattrape.

1965 vs 2009

Il entrecoupe les scènes actuelles de passages s’étant déroulés en 1965. Le décalage est bien amené et apporte une autre perspective aux personnages (qui sont loin d’être des enfants de chœur, si je puis m’exprimer ainsi concernant ces deux juifs qui portent le poids du passé sur leurs épaules plus tout à fait stables).

Mais, Ne deviens jamais pauvre ! est loin de n’être qu’une simple farce. L’intrigue est habile et Friedman parle de sujets graves avec force et avec une réelle profondeur.

A l’image de son personnage principal, ce roman est donc un peu à part ; un polar mais pas que. Ça castagne, c’est plein de mauvais esprit (et d’esprit tout court), et l’aspect psychologique est très travaillé. Le genre de personnage qui marque la littérature de genre. Espérons que Buck tiendra encore quelques années avant de claquer (pour notre plaisir) !

Sortie : 19 février 2015

Éditeur : Sonatine

Traduction : Charles Recoursé

Notes (sur 5) :

Profondeur : ♥♥♥♥

Psychologie : ♥♥♥♥  

Qualité de l’écriture : ♥♥♥ 

Émotion : ♥♥♥♥

Note générale : ♥♥♥♥

4° de couverture

Memphis. À 88 ans, Buck Schatz, ancienne légende de la police, qui a servi de modèle à l’Inspecteur Harry, coule une retraite presque paisible. Jusqu’au jour où débarque une de ses vieilles connaissances, Elijah, rescapé des camps de concentration et braqueur mythique, réputé avoir vidé plus de banques que la crise de 1929.

Elijah a des ennuis et demande à Buck de faire jouer ses relations pour lui assurer une protection policière contre la promesse d’une grosse somme d’argent et la révélation du secret d’une série de crimes jamais élucidés. Buck a horreur de rendre service. Mais la perspective de gagner quelques dollars et de finir sa carrière en beauté prend néanmoins le pas sur son mauvais caractère.

Ne lui reste à résoudre que quelques légers problèmes de mémoire et d’équilibre pour pouvoir jouer au héros et entreprendre une dernière virée loin de la maison de retraite, qui va s’avérer beaucoup plus périlleuse que prévu.

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Catégories :Littérature

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12 réponses

  1. ah je me demandas si je pouvais le lire séparément…….J’ai bien envie de rentrer dans l’univers de ce grincheux……..Je suis sure que l’humour noir pourrait me plaire….Allez encore 2 de + dans ma wish………;)

  2. Je ne sais pas. ..même si c’est extrêmement bien vendu , le pitch ne m’emballe pas plus que ça. C’est pas comme si j’avais rien à lire en même temps. ..

  3. J’ai des tas de trucs à lire mais ça me botte, ce genre de truc !! Les papys qui font de la résistance, ça me fait rire ! je note, je note… grrrrr !

  4. Je l’ai repéré et je dois dire qu’il me tente encore plus après avoir lu ta chronique 🙂

  5. Pareil que Nathalie ma tite chouette!!!!

  6. Je viens de plonger dedans, j’avais aimé le premier, on retrouve tout de suite le même ton.
    Je sens que je vais me régaler.

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