Fannie et Freddie – Marcus Malte

chronique littéraire

Marcus Malte - Fannie et Freddie

En matière de roman noir, Marcus Malte est une voix qui compte, une voix unique. Single malt(e) pourrait-on dire. Garden of love lui a apporté une reconnaissance méritée, confirmée par son magnifique roman, Les harmoniques.

Mais Marcus Malte n’a pas besoin d’un grand espace et est capable, en quelques phrases, d’instiller une atmosphère pesante à travers ses nouvelles.

Deux novellas

Voici deux nouvelles (ou plutôt novellas), regroupées dans ce nouveau livre et ses 150 pages. Deux histoires, deux univers mais qui ont bien des points en commun.

Même si leurs traitements diffèrent et que le style de l’auteur se colle au plus près de l’atmosphère de l’histoire, on y retrouve des thématiques récurrentes chez lui.

Des histoires de vies qui basculent, d’un passé révolu, d’une classe ouvrière malmenée. Des histoires de désespoir et de folie, aussi.

Poésie noire

Oui, Malte possède un talent rare pour faire passer des émotions fortes en si peu de pages, grâce à son style si expressif, une vraie poésie (noire) qui transpire de ses mots.

Ce sont deux textes à travers lesquels filtrent une vraie humanité, un vrai message engagé et une véritable tendresse malgré leurs propos difficiles. Deux manières de présenter les choses, glaçante pour la première novella, plus nostalgique pour la seconde.

Ironie noire et émotions

Un premier texte, au rythme de Smells like teen spirit de Nirvana, empli d’ironie macabre. Un second, bercé par les vagues, davantage dans l’émotion. J’ai une vraie préférence pour la première novella donnant son nom au recueil, Fannie et Freddie (pour son coté sex drugs ans stock-options comme le dit lui même l’auteur, et pour sa chute), mais les deux récits en valent vraiment la peine.

Marcus Malte est définitivement un grand, qui se fait malheureusement trop rare.

Sortie : 02 octobre 2014

Éditeur : Zulma

Notes (sur 5) :

Profondeur : ♥♥♥♥ 

Psychologie : ♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥ 1/2

Émotion : ♥♥

Note générale : ♥♥

4° de couverture

New York. L’énorme escroquerie des subprimes a conduit à la ruine des millions de ménages modestes endettés à mort, comme les parents de Fannie, vieux couple d’ouvriers rêvant d’accéder à la propriété. Fannie, surnommée Minerve par ses collègues de bureau parce que son buste tout entier pivote quand on l’interpelle. Fannie, dont personne ne se doute que sa raideur masque une effrayante coquetterie pour dissimuler un oeil de verre.

Cachant l’âme d’un cyclope solitaire, cette Minerve borgne n’en est pas moins femme. Au volant de sa vieille Toyota, elle traverse l’Hudson et se dirige vers la pointe fortunée de Manhattan, l’esprit vide, des sortes de rêves plein le coeur…

 

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Catégories :Littérature

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15 réponses

  1. Saperlipopette, encore un auteur que je n’ai jamais lu. Tu as l’art de mettre le doigt sur mes lacunes toi.

  2. j’aime bien cet auteur, je n’ai pas encore lu ce livre, mais j’espère le découvrir bientôt!

  3. Comme toi j’adore Marcus Maltes. alors celui-ci, un de ces quatre, je me le ferai en douce, juste pour le plaisir.
    Et encore merci, monsieur pour ce partage. 🙂

  4. Toujours pas pris le temps de le lire. ! Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa :/

Rétroliens

  1. Sorties 2014 – Récapitulatif des chroniques littéraires | EmOtionS – Blog littéraire et musical
  2. Les mots Doubs 2015 – Compte-rendu | EmOtionS – Blog littéraire et musical

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