L’innocence – Brian Deleeuw

chronique littéraire

Brian Deleeuw - L'innocenceCe roman me place dans une situation inédite. Dans mes chroniques, j’ai toujours pris le parti d’en dévoiler le moins possible concernant les intrigues. Mais L’innocence est un livre basé sur une idée tellement à part que je ne peux absolument rien en dire, sous peine de gâcher une bonne partie du plaisir de lecture.

Ce roman n’est pas un thriller. Ce n’est pas un roman de littérature « blanche ». Ce n’est pas un roman noir. Ce n’est pas un roman psychologique. En fait, cet étonnant bouquin est tout ça à la fois, proposé de telle sorte qu’on se retrouve assez vite déstabilisé et plutôt mal à l’aise.

Dans sa tête

Que puis-je vous dire ? Que vous êtes dans la tête d’un des personnages. Qu’un tel personnage, vous n’en avez sans doute jamais côtoyé d’aussi près. Que cette contiguïté vous troublera comme rarement un roman ne l’aura fait.

Je peux aussi vous donner la citation introductive du livre, parce que rarement elle aura été aussi bien choisie :

« Quand je suis seul, je cesse de croire que j’existe. » A. Alvarez, Le Dieu sauvage

Ce livre vous parle donc directement, à travers cette voix dérangeante et par la grâce d’une plume magnifique et très travaillée. Le genre d’écriture qui est assez rare dans le milieu, souvent précieuse (dans le bon sens du terme), délicate et fouillée. Une écriture qui accentue d’autant plus le malaise latent de ce récit en forme de mise en abyme.

Folie

Une collection de sentiments souvent destructeurs, une histoire qui flirte avec la folie, entre secrets de famille et crise existentielle. Voilà ce que nous offre ce roman très posé, tout en psychologie, qui fait réfléchir et glace par son propos.

Un récit tout en subtilité donc, assez éloigné de la norme des romans noirs. Un propos fascinant sur le fonctionnement de l’esprit humain qui brouille d’autant plus la frontière entre littérature généraliste et littérature de genre.

Quant à la chute, elle est au paroxysme de ce que propose le livre et sera sans aucun doute digérée de mille manières différentes selon les lecteurs. Pour ma part, j’ai mis un peu de temps à l’absorber, à l’encaisser, mais elle me hante toujours depuis.

Sortie : 18 septembre 2014

Éditeur : Super 8

Traduction : Claro

Notes (sur 5) :

Profondeur : ♥♥♥♥ 

Psychologie : ♥♥♥ 1/2

Qualité de l’écriture : ♥♥♥ 1/2

Émotion : ♥♥♥♥ 

Note générale : ♥♥♥ 

4° de couverture

Il a six ans et il s’appelle Luke Nightingale. Lors d’une froide après-midi de novembre, dans une allée de Central Park, sa vie bascule. C’est là, aux abords du Muséum d’histoire naturelle, qu’il fait la connaissance de Daniel. L’amitié qui va naître de cette rencontre ne ressemble à aucune autre.

Claire, la mère de Luke, s’occupe d’une maison d’édition spécialisée dans les romans à suspense. En instance de divorce, elle n’a guère le temps de s’occuper de son fils et de son nouvel ami. Il y a pourtant quelque chose d’anormal chez Daniel. Exigeant et exclusif, il s’emploie à faire le vide autour de Luke comme s’il se nourrissait de son malheur. Ça tombe bien : Luke est souvent malheureux. Mais ne pourrait-il l’être encore plus ? Peu à peu, ce qui n’était en apparence qu’une amitié entre deux enfants prend les allures d’une manipulation terrible dont il devient vital pour Luke de se défaire.

Douze ans plus tard, alors que l’enfant devenu adulte entre à l’université, Daniel est de retour. Et le jeune homme doit désormais se battre pour garder le contrôle de son existence. Car certaines amitiés semblent destinées à ne jamais mourir…

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Catégories :Littérature

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22 réponses

  1. Tu as su tirer l’essentiel de tes émotions tout en préservant ta volonté de ne pas dévoiler l’intrigue. Si ça peut te rassurer, tu en dis suffisamment pour appâter le lecteur sans qu’il (ou elle) sache vraiment ce qu’il attend. Belle performance 🙂

  2. Ca me tente bien….Chronique épurée mais qui appate!!!!;) affaire à suivre, si je le trouve sur mon chemin…..;)

  3. tentant comme toujours. tu dis juste assez pour mettre la curiosité en éveil et donner envie d’aller voir ce qui se passe dans ce roman

  4. Ton avis est absolument bandant ! -_-

  5. Cette lecture a l’air très forte 🙂 !

  6. À POIL !!! Tu n’en as pas montré assez, mais tu m’as excitée, sale gamin !
    (Chouchou, l’excitation est purement livresque, ne sort pas la lupara pour ce pauvre Yvan dont l’avis, d’après Arsenik, est bandant). On n’est jamais trop prudent, un jour, il pourrait lire mes bafouilles… 😆

    Il y avait des Super 8 dans ma bouquinerie, mais pas celui avec le petit zoziau ! Mais j’ai « L’obsession » pour 6€…. 😉

    Bon, ma curiosité est titillée, je me trémousse et je note sur un carnet que je dois absolument arrêter de te lire, vil tentateur !! 😛

  7. J’étais même pas là, je dormais !

  8. Achat prévu à l’occasion… comme tous les titres de Super 8 😉

  9. Ben…voilà…je suis perdue!! Je viens de lire des commentaires assez négatifs sur ce livre et toi…oui toi…tu fais basculer tout!!! Perso, je ne bande pas…mais me voilà titillée!! 🙂

  10. Que dire, tu me fais découvrir un titre avant tout le monde. Alors là, je dis bravo.
    En plus, tu a su susciter mon envie. Trop fort, tu es.
    J’espère bien, le choper au prochain Comité polar, celui là 😉
    Une nouvelle fois, merci pour ce bel avis 🙂

  11. Je partage entièrement ton avis. Un livre dérangeant mais que je ne regrette absolument pas d’avoir lu !

Rétroliens

  1. Sorties 2014 – Récapitulatif des chroniques littéraires | EmOtionS – Blog littéraire et musical

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