Interview – 1 livre en 5 questions : Imagine le reste de Hervé Commère

1 livre en 5 questions

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1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre. 5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

Hervé Commère vient de publier Imagine le reste, un roman magnifique !

Une réussite magistrale qui méritait qu’on donne la parole à l’auteur pour nous en dire davantage, nous parler de sa manière de travailler et surtout du cheminement qui a conduit à ce roman vraiment inoubliable.

Ma chronique du roman

Peut-on encore classer ton nouveau roman dans la catégorie Polar ? Il est bien davantage que ça, non ?

Imagine le reste - Hervé CommèreDepuis le début, j’ai simplement l’impression d’écrire des romans. Il se trouve que certains de mes personnages, comme c’est encore le cas dans Imagine le reste, ont parfois un flingue dans leur boite à gants et pas les mêmes scrupules que nous, pas les mêmes façons de gagner leur vie. Mais ce qui me semble passer en premier dans mes livres, c’est la personnalité des héros, la vie qu’ils mènent, leur façon de s’en sortir.

J’ai écrit Imagine le reste de la même façon que mes précédents romans, sans me demander s’il s’agissait d’un polar ou pas. A la lecture du manuscrit, l’ensemble de l’équipe de Fleuve Éditions a trouvé que les personnages, cette fois, l’emportaient pour de bon sur l’intrigue, pourtant bien présente. C’est l’éditeur qui a décidé de le sortir en littérature générale, et non plus en policier. La question s’était déjà posée sur les précédents, cette fois ils ont sauté le pas. Ça me va !

Une fois de plus, tu excelles dans l’art du contre-pied avec un talent étonnant. Intituler ton roman Imagine le reste, s’en est presque un pied de nez… 😉

Merci ! Mais il n’y a rien de volontaire là-dedans, le titre n’est absolument pas un défi lancé au lecteur. C’est une des phrases clés du roman, une menace que profère un des personnages au début, et dont découle en partie la suite.

C’est aussi une phrase que je me suis dite à moi-même en commençant ce roman. Je ne savais pas ce que j’allais raconter, je savais seulement que deux types laissaient Calais derrière eux et filaient vers le sud en voiture. Et puis est arrivée Carole, celle vers laquelle ils foncent, leur amour enfui. Et puis un sac de billets posé sur la banquette arrière, grâce auquel ils venaient de décider de prendre le large. Tout s’est fait petit à petit, page après page, en posant des jalons pour la suite. Cimard n’a pas tardé à pointer son nez, le propriétaire initial du sac de billets. Bref, j’ai imaginé le reste au fur et à mesure.

« Imagine le reste », enfin, est aussi une devise, presque un ordre. Imaginer ce que l’on peut faire pour que notre vie soit plus belle, plus douce, meilleure, quand le monde dans lequel on vit nous incite à nous taire et vivre dans la crainte, la peur du chômage, de la maladie, la peur de l’autre. Imaginer le reste, ça n’est pas forcément imaginer le pire. Le meilleur existe aussi.

Tu portes une attention toute particulière à développer la psychologie des personnages, jusqu’à les rendre presque vivants…

Là encore, ça n’est pas volontaire, même si ton compliment me va droit au cœur ! J’écris pour ça, pour les personnages, pour leur donner vie, vivre avec eux quelques mois durant. Tous les personnages d’Imagine le reste ont un but, croient en quelque chose. Carole le dit pour moi à un moment de l’histoire : J’aime les hommes qui se battent et qui pleurent.

J’ai eu l’occasion de croiser quelques types du genre de Fred et Karl, les deux voyous qui ouvrent le roman, des gars qui n’ont pas que des amis, loin de là. Ces quelques gars louches ont parfois été de réels soutiens dans ma vie, tandis qu’en d’autres circonstances, j’aurais pu les fuir comme la peste. Même le pire des criminels trouvera une personne, au moins une fois dans sa vie, pour dire de lui qu’il est sensible et doux.

Par ailleurs, je voulais donner du romanesque à l’histoire, faire s’engouffrer le vent dans les voiles. C’est pour cette raison que les personnages ont tous, à un moment ou à un autre, une réaction chevaleresque, tout du moins élégante et désintéressée, juste par amour et générosité. Je voulais que chacun des personnages aient ses faiblesses, mais aussi sa grandeur.

Ce livre est sensiblement plus épais que tes précédents. Etait-ce une volonté de départ ou bien est-ce l’histoire qui l’a demandé au fur et à mesure de l’écriture ?

Je ne me fixe pas d’objectif, j’écris le roman que j’ai envie d’écrire. Je constate qu’Imagine le reste est plus épais que les autres. C’est aussi la plus longue histoire, celle dans laquelle on voyage le plus, le Nord, la Côte d’Azur, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, la Sicile, celle aussi dans laquelle il y a le plus de personnages, une quinzaine au total, je pense.

Je voulais écrire un roman ample. Et puis je me suis senti tellement bien dans Imagine le reste que c’est le premier de mes romans dont j’aurais bien poursuivi l’écriture. Je l’ai arrêté quand j’ai été certain que j’avais dit ce que je voulais dire, mais j’aurais pu ajouter cent pages au moins. Peut-être plus tard. On verra.

Ce roman parle également de musique (ce qui ne peut que me toucher). Pas facile de mettre des mots sur des émotions musicales, non ?

La musique fait partie de ma vie et sera toujours là. Mon père jouait de la guitare dans le salon (je lui rends d’ailleurs hommage dans Imagine le reste), ma mère chante encore quand elle prépare à manger, ma sœur danse à la moindre occasion, et je crois te l’avoir déjà dit, mon frère est guitariste.

Dans mes bars (puisque j’ai été patron de bar dix ans durant), la musique occupait une place centrale, j’ai organisé des tas de concerts et côtoyé toutes sortes de musiciens. Alors oui, la musique fait partie de ma vie, et j’ai parfois l’impression d’en faire dans mes romans. On a dit ça et là que j’avais une écriture musicale, c’est un super compliment. J’avais envie de parler de musique dans Imagine le reste, de mettre en scène un groupe, que ça danse et chante, et transpire dans la ferveur des spots.

La musique n’avait jusqu’à présent pas fait partie de mon processus d’écriture, j’écrivais en silence. Cette fois, j’ai mis des disques. Je voulais me laisser déconcentrer, accélérer sans regarder derrière, comme le font les personnages, je voulais écrire comme on file vers le sud. Qu’est-ce-que c’était bon !

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Catégories :Interviews littéraires

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28 réponses

  1. Mais fallait pas qu’il s’arrête …. moi j’aurais bien pris 100 pages de plus !!!! Belle interview qui confirme ce que l’on ressent de l’auteur entre les mots du livre…. Merci de ce beau partage !!

  2. je frétille d’impatience 😉

  3. Il me tente d’autant plus………

  4. Quel beau moment cette interview!! J’adore! Son livre restera gravé dans mon esprit…et j’imagine le reste!!!!

  5. Je n’ai pas encore lu ce livre que j’ai rapporté de Saint-Maur. La personnalité attachante de l’auteur, et ce qu’il laisse entrevoir de ce roman au travers de cette interview me conforte dans mon intention de le ramener sur le devant de la scène, et de ma PAL….

  6. Je suis en train de le lire et je confirme : c’est bien une merveille. De talent, d’émotions, de sentiments. ..
    Embarquée je suis et nulle envie de débarquer. …

  7. Yvan, j’ai fait péter mon quota de livres dernièrement, je vais un peu me calmer jusqu’au mois suivant, sauf si je trouve ce roman dans la rue, perdu, sans maître et sans collier !

    L’auteur est dans ma wishlist, mais il est peu présent sur les rayonnages des bouquinistes 😉 je ne désespère pas de le lire, je te rassure de suite.

    Super interview, mais tu le savais déjà, non ?? 😀

  8. Déjà dans ma PàL depuis ta critique ô combien élogieuse, il va sans doute remonter de quelques marches.

  9. Je n’arrête pas de voir ce livre, et maintenant tu en rajoutes avec ta belle interview. Vivement que je l’ai entre les mains (le livre, pas l’auteur).

  10. J’aime vraiment ce choix et cet exercice en 5 questions. Ça donne une impression de proximité avec l’auteur. On plus j’ai comme l’impression que cela renforce la complicité que toi, tu peux avoir avec eux.
    Sinon j’ai juste un regret par rapport au livre.
    L’an dernier Hervé Commère nous avait dit , dans une interview qu’il t’avait accordée, que son prochain livre commencerait par : « Les chats noirs ont-ils peur de passer sous les échelles ? » Et ben, c’est même pas vrai. J’ai vérifié. Du coup ben, moi j’avais fondé vachement d’espoir dans cette phrase, j’avais commencé à me faire tout un tas de….suites, d’hypothèses, de cinéma….Enfin bref j’avais brodé. Et puis là, je retrouve pas mon entame de roman.
    Alors, Yvan n’as tu pas peur que je sois déçue par ce roman, n’as tu pas peur de devoir me le rembourser…..Ah, ah, Suspense, surtout que je vais me le garder bien au chaud pour mes vacances, histoire d’avoir le temps de le déguster….Une lecture plaisir en somme… Le poids sur vos épaules n’en est que plus lourd cher auteurs et cher blogueur. Alors, toujours pas peur ? 😉

    • ahah tu es magnifique, je t’adore toi !!
      Mais oui, tu as raison ! Cette histoire me revient à l’esprit maintenant ! L’auteur avait effectivement annoncé ça, mince alors j’avais oublié. Tant mieux, je ne me suis pas fait un film derrière 😉
      Mais ça ne change rien je n’ai absolument aucune crainte concernant un éventuel remboursement de ce livre 😉 Belle lecture ma chère !

  11. merci beaucoup de m’avoir fait découvrir cet auteur!!!! j’ai vraiment apprécié cet article-interview.

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