Nuit noire, étoiles mortes – Stephen King (poche)

chronique littéraire

9782253195238-T

Stephen King est un habitué des histoires tentaculaires tels que Dôme et ses 1 300 pages ou 22/11/63 et ses 450 feuilles resto/verso. Mais il sait aussi nous la faire courte comme avec ces quatre novellas « à la Différentes Saisons ».

Autre traitement, autres récits. Là où avec ses romans, King met son talent d’écriture au profit d’une histoire profonde et fouillée, ici c’est un peu le contraire.

Quatre thèmes qui auraient pu être banals entre les mains d’un autre auteur, mais qui sont totalement sublimés par l’incroyable talent de conteur du grand Stephen.

Car le King n’a pas d’égal pour nous raconter des histoires avec une telle qualité d’écriture, si fluide et si expressive. Et pour ces novellas, franchement on est servi. C’est simple, en ce qui concerne ses recueils de récits, Nuit noire, étoiles mortes est un sommet. Un roc, un pic, un cap (comme disait l’autre).

Un roc, parce que ces histoires sont d’une telle violence psychologique qu’on a parfois l’impression de se prendre une montagne en pleine face.

Un pic, parce que c’est clairement une réussite majeure dans l’œuvre foisonnante du romancier.

Un cap, parce ce recueil marque nettement l’orientation récente du King vers des thématiques profondément adultes, avec une émotion à fleur de peau.

Le King m’a retourné, chamboulé, bouleversé, dérangé grâce à sa capacité incroyable de nous propulser dans la peau de ses personnages. En quelques lignes, on EST le personnage, on est propulsé dans sa tête et on souffre avec lui (même si on ne pense pas toujours comme lui). C’est une capacité à créer l’empathie proprement stupéfiante.

Autre temps, autre époque : Différentes saisons proposait en son temps une variation sur le thème de la quête initiatique. Nuit noire, étoiles mortes (à l’image de son époque) nous plonge dans une éprouvante noirceur et brode sur le thème de la culpabilité.

Ces histoires, qui font la part belle à la psychologie, nous font vivre ce que des personnages ordinaires ressentent face à des situations extrêmes (comme l’auteur l’explique dans sa passionnante postface).

Quatre histoires douloureuses, des plongées en enfer, qui, la dernière page tournée, font réfléchir et restent présent à l’esprit un long (très long) moment.

A noter le bonus de la version poche, qui propose une cinquième nouvelle inédite datant de 2011, Un court récit d’une vingtaine de pages, bien mené. Une histoire qui met clairement mal à l’aise, dérangeante, sur les thématiques de l’amour et de la folie. Vraiment intéressante, à défaut d’être inoubliable comme les quatre autres.

Sortie : 21 mai 2014 (version poche – nouvelle version)

Éditeur : Le livre de poche

Notes (sur 5) :

Originalité des intrigues : ♥♥♥

Profondeur des histoires : ♥♥♥ 

Psychologie des personnages : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥

Émotion : ♥♥♥

Note générale : ♥♥♥♥

4° de couverture

1922 Un fermier du Nebraska confesse qu’il a assassiné son épouse, avec l’aide de son fils de 14 ans.

Grand chauffeur Un auteur de polar, violée et laissée pour morte au bord de la route, décide de se venger elle-même.

Extension claire Un cancéreux en phase terminale passe un pacte avec un vendeur diabolique afin d’obtenir un supplément de vie.

Un mariage parfait Une femme découvre par hasard qu’elle vit depuis plus de vingt ans aux côtés d’un tueur en série.

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Catégories :Littérature, Livre : les incontournables

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14 réponses

  1. Adore l histoire avec le cancéreux .
    Belle chronique sur le king

  2. mais non qu’il est pas accroc à Stephen King ce cher Yvan ! Mais non ! c’est encore une légende urbaine tout ça !!! 😉

  3. vraiment très convaincant !!!!! je vais le rajouter à ma PAL que je rafistole comme je peux tant elle penche déborde et devient démentielle. boulimique livresque j’assume!!!!

  4. Mince alors je ne l’ai pas lu ce recueil là! Fichtre, enfer et damnation , sacrebleu et scrogneugneu !
    Le King a , comme tu dis , l’art de sublimer une histoire mais toi tu sublimes tes chroniques. 🙂

  5. Mais bâillonnez-le !! faites-le taire ! Empêchez-le de pianoter (debout ou assis) !! Obligez-le à lire des Harlequin !!

    Yvan, ce n’est pas le mois anglais qui me tuera, mais toi !!! 😀

    Merci pour la chronique de la mort qui me tue ! 😉

    • j’attends toujours que tu me conseilles dans la collection Harlequin. Comme tes conseils ne viennent pas, je vais continuer sur ma lancée 😉

      • Je t’ai conseillé sur FB… tu en veux plus ? Lis l’intégrale des Barbara Cartland, déjà !

        Puis tu as toute la collection « Harlequin le champion de l’amoûûr » Historique. Des amours dans le passé, avec des fiers Higlands en kilt, des romains en jupette, des troyens en mini-jupette de cuir ultra moulante…

        Tiens, « La maitresse du guerrier », ça donne envie…

        http://www.harlequin.fr/

  6. J’adore King, mais pas trop les nouvelles …Mais avec cette chronique, comment résister à l’appel du bon King?? Je note, je note……

  7. Aaarghhh !!! Je suis foutue… Je n’avais pas encore mis les pieds dans les « incontournables »…

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