Carter contre le diable – Glen David Gold

chronique littéraire

4° de couverture

Carter contre le diable - Glen David Gold1920, San Francisco. Carter le Grand, l’un des prestidigitateurs les plus célèbres du pays, donne ce soir-là un spectacle exceptionnel devant le président des États-Unis, Warren G. Harding, qu’il invite sur scène pour participer à l’un de ses stupéfiants numéros.

La représentation est un triomphe mais, quelques heures plus tard, le président meurt mystérieusement dans sa chambre d’hôtel.

Sachant qu’il va être suspecté, Carter disparaît afin de mener sa propre enquête. Aurait-il eu des raisons de se débarrasser du locataire de la Maison Blanche ?

L’agent Griffin, des services secrets, se lance alors à ses trousses. Mais affronter un génie du trompe-l’œil et de l’illusion tel que Carter ne va pas être chose aisée. 

Mon ressenti

Approchez-vous Mesdames et Messieurs et installez-vous confortablement. Le rideau va bientôt s’ouvrir sur le spectacle de Carter le Grand, le magicien !

Il y a des livres qui touchent directement votre âme… cette partie de votre âme qui est encore capable de s’émerveiller.

Carter contre le diable est de ceux-là. Ce n’est pas qu’un simple livre, il est un peu magique. A l’image de son sujet (l’histoire très romancée d’un magicien dans les années 20), il fait appel à notre capacité d’éblouissement et d’optimisme d’une manière incroyablement touchante et ludique.

Carter contre le diable est un très grand roman, inoubliable, de ceux qui laissent des traces indélébiles dans les esprits.

Je donne l’impression d’en faire des tonnes à travers mes mots introductifs, et pourtant aucun de ces mots n’arrivera à vous faire passer toutes les émotions que j’ai pu ressentir durant cette lecture.

Ce roman prouve qu’on peut proposer un pur divertissement tout en ayant une ambition folle. Car cette histoire est totalement unique, mélange de tant de genres : roman historique, polar, chronique sociale, histoire d’amour, roman d’aventure, avec même une toute petite touche de fantastique.

C’est un récit foisonnant, d’une stupéfiante richesse, magnifiquement écrit tout en restant toujours dans l’émotion. On parle bien de spectacle et de magie, non ?

Car Glen David Gold a de l’or dans les mains, à l’image de son personnage. Auteur d’une dextérité inouïe, capable de faire jaillir les émotions de ses mots comme le magicien Carter les foulards de ses poches, de nous inventer des situations inattendues comme Carter fait jaillir des colombes, de nous faire apparaître des images comme Carter fait disparaître des éléphants (oui, oui un éléphant).

L’auteur est un envoûteur, un charmeur, un prestidigitateur des mots, un enchanteur des sens. Ce qui est proprement étonnant c’est que, malgré l’épaisseur du roman (800 pages), jamais Glen David Gold n’en fait trop. Le récit coule tout seul, le tout étant hautement visuel et d’une confondante subtilité.

Parce que les scènes décrites par l’auteur, vous ne les lisez pas, vous les vivez ! Les tours de magie décrits sont si bien rendus que vous semblez les expérimenter par vous-même. Cette capacité de l’écrivain à donner forme et vie aux scènes est un don rare.

Je me suis accroché aux pages, j’ai ri, j’ai frissonné, j’ai eu la larme à l’œil, j’ai viscéralement aimé les personnages. Toutes ces émotions, au point de ressentir de la tristesse, une fois le livre refermé, tristesse de devoir quitter cette ambiance et ce héros des temps anciens si profondément attachant.

L’environnement des années 20 est très bien documenté, mais sans qu’à aucun moment on ne tombe dans une soporifique leçon d’histoire. Le tout reste en arrière-plan et donne une vraie dimension à une histoire où l’humain prend toute sa place. Et puis, ce mélange de personnages inventés et réels est franchement épatant.

Les années 20, période difficile de l’histoire, époque charnière où la technologie du divertissement commence à poindre le bout de son nez. C’est un autre sujet important du roman, nous parler d’une époque où les spectateurs avaient encore toute leur capacité d’émerveillement, où le spectacle vivant ne tenait qu’à un fil et où un grain de sable pouvait tout mettre à terre. L’auteur appelle ça « la magie de l’instant ».

Et puis il est impossible de ne pas parler des personnages. Carter, le magicien, d’une merveilleuse profondeur, et tous les personnages « secondaire » a qui Glen David Gold a su insuffler vie. Émotions à fleur de peau, amour, douleur. Des émotions vraies, simples et fortes.

Je ne remercierai jamais assez le nouvel éditeur Super 8 d’avoir eu l’idée de rééditer ce roman déjà paru en France en 2002, mais qui n’avait pas rencontré le succès qu’il méritait.

Cette histoire sera adaptée au cinéma, Johnny Depp étant pressenti pour interpréter le magicien.

Un dernier mot sur la couverture absolument magnifique, qui classe encore davantage ce livre au rang d’objet à posséder impérativement, à lire et à relire.

Approchez-vous Mesdames et Messieurs et installez-vous confortablement. Le rideau va bientôt s’ouvrir sur le spectacle de Glen David Gold le Grand, le magicien des mots et des émotions !

 Sortie : 10 avril 2014

Éditeur : Super 8

Notes (sur 5) :

Originalité de l’intrigue : ♥♥♥

Profondeur de l’histoire : ♥♥♥

Psychologie des personnages : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥ 

Émotion : ♥♥♥ 

Note générale : ♥♥♥♥

(oui 6 sur 5 : ce livre vient de mettre à terre tout mon système de notation)

Lien vers la chronique du blog Cannibales lecteurs, avec Bookfalo Kill qui pense comme moi

Et lien vers la magnifique chronique de mon amie Nath, sur son blog sous les pavés… la page

 

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Catégories :Littérature, Livre : les incontournables

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33 réponses

  1. toi quand tu es emballé tu ne l’es pas à moitié 😉 l’histoire semble en effet originale et en plus située à une époque que j’aime tout particulièrement. J’ignorai qu’il s’agissait ici d’une seconde vie pour ce roman que je ne connaissais pas du tout ! ( d’ailleurs je découvre par la même occasion cet éditeur). . tu sais si l’auteur a écrit autre chose depuis ? Ah au fait Yvan, j’ai trois gobelets devant moi, t’essayes de deviner sous lequel se cache la bille ?? hop…là, pas si vite ! faut miser d’abord !!!!! 😉

    • Emballé c’est pesé ! 😉
      C’est le nouvel éditeur, frère de Sonatine et dirigé par Fabrice Colin.
      Oui l’auteur a écrit un deuxième bouquin, jamais sorti en France. Carter date de 2001. L’auteur est du genre à prendre son temps pour écrire, vu la qualité et la richesse de son roman ce n’est pas étonnant.
      Je ne vais pas jouer avec toi, je sais maintenant que tous les tours sont truqués 😉

  2. Quel billet passionné et donc pour le coup passionnant !

    • merci beaucoup ! J’ai essayé de faire passer mes émotions sans rien dévoiler, pas facile.
      Un livre qui m’a marqué profondément. j’y ai trouvé tout ce que je cherche dans une lecture, ou presque.

  3. Mais c’est fini, oui?!
    L’histoire, l’époque, ton enthousiasme… voila qui me tente à fond. Hop! en W-L…

    • Est-ce de ma faute si je prends de tels livres en pleine figure ? 😉
      Bon des comme ça c’est pas tous les jours… Il n’empêche, ça fait déjà 3 lectures en 2014 que je classe dans mes inoubliables, toutes époques confondues

  4. Tu es un peu magicien au final…
    Po encore lu…mais à parcourir ta chronique, je l’aime déjà…ce livre ! Non…je dois pas fantasmer à l’avance !

  5. dis donc toi, c’est rarissime que tu mettes autant de lmots dans tes chroniques! Est ce en rapport avec le nombre de pages de ce roman? M’est avis que si tu ne t’étais pas retenu, tu aurais fait bien plus long 😉
    Si ça peut te rassurer, tes émotions et ton amour pour cette histoire transpirent et je n’ai qu’une hâte c’est de le commencer tout à l’heure 🙂

  6. Ok, si j’ai tout compris, ça jaillit et puis ça coule… Oui, je me sors ces images un peu cochonnes (très !) de ma tête sinon ma digestion va en pâtir…

    J’avais pensé voir double lorsque j’ai vu les petits coeurs au nombre de 6, mais non, c’était bien ça. Putain, comment veux-tu que je m’en sorte, moi, si tu me ponds des billets de la sorte, hein ?? Je ne fais qu’ajouter à ma W-L et ma PAL est plus qu’engrossée !!

    Oui, jais, je note de suite le titre parce qu’à mon avis, c’est du gros lourd de chez lourd !!! 😉

    Non, je ne te dirai pas « merci » pour les dépenses, juste « merci » de nous faire découvrir d’autres horizons !

    • non non tu n’as pas bu, je te rassure, tu es dans ton état normal (mais est-ce rassurant ?) 😉

      • Je ne sais si c’est rassurant, mais lorsque je ne dis rien, c’est que je suis malade ! 😆 Mon homme le sait de suite lorsque je ne suis pas dans mon assiette (migraine, malade, pas bien), je la ferme, je plaisante pas, et j’ai l’air plus sombre qu’une qui va sauter sous le train 🙂

        Tout va bien pour moi, je suis dans mon état normal !

  7. Bon ben pour une fois je n’ai rien à rajouter. Si juste il faut que je retrouve mes notes de 2002 sur ce titre et voir si je suis toujours en accord avec elle. Mais je te rassure tout de suite. J’avais trouvé formidable ce roman à l’époque.
    Merci Yvan pour cet chronique magique.

  8. Je pense que tu souffres de troubles mathématiques cher Divan…6 sur 5 est tout simplement impossible…quoique avec tes talents de chroniqueur magicien….tout est possible hein!!! Quelle chronique de feu enflammé puissant…je brûle d’envie de le lire en tout cas!!!! 😉

    • tu le sais depuis hier que j’ai un problème mathématique ;-). Ou plutôt oui, c’est de la magie !
      Très curieux du résultat de ta lecture !

      • On va dire ça!!! Je ne te fais pas confiance pour calculer mon résultat hein….je ferai un ressenti comme ça tu pourras comprendre ahahahahahha!!!!! Je rigole fooooort là!!!

  9. Wow, tu donnes juste envie de le lire dans la minute, si je l’avais de suite sous la main !!! Je le note, ma liste se rallonge, pas mon temps de sommeil. Merci !

    • Tu me combles avec ton commentaire, c’est que j’ai réussi à faire passer les émotions que je souhaitais :-).
      Je n’ai pas de remède pour ton problème de liste, j’ai le même !

  10. Mais quel âne je suis… Je l’avais sous la main le jour de mes achats et je ne l’ai pas pris…. Il fallait faire un choix! Mais tu ne perds rien pour attendre, je vais me débrouiller pour le réserver à la médiathèque centrale. En tout cas, ta chronique emballée et emballante me donne grande envie de découvrir ce roman. Merci de cet avis que je sais éclairé…. A bientôt…

  11. Je découvre cette chronique un peu tard. Mais bon voilà, merci encore un livre de plus à lire, non mais vraiment, ton enthousiasme est contagieux…

  12. Foutue, c’est sûr, je suis foutue… Encore un qui va rejoindre la longue, très longue liste de mes envies… Mais avec une critique pareille, qui n’aurait pas envie de le lire ???

  13. Ta chronique date d’il y a deux ans ^^
    Je ne l’avais pas lu mais j’avais le livre depuis deux ans environs. Et bah comme toi je pense bien que c’est un des meilleurs livres jamais lu 🙂
    Ta chronique est superbe btw !

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