Rainbow warriors – Ayerdhal

chronique littéraire

4° de couverture

Rainbow-Warrior-AyerdhalMis à la retraite sur requête du bureau ovale, le général de division Geoff Tyler se voit proposer par l’ancien secrétaire général des Nations Unies de prendre la tête d’une armée privée financée par des célébrités de toutes obédiences.

Objectif : renverser le dictateur d’un État africain et permettre la tenue d’élections en bonne et due forme. Ses moyens : l’argent n’est pas un problème. Son effectif : un encadrement d’une centaine de professionnels et 10 000 soldats dont il faut parfaire la formation.

Jusqu’ici tout va bien. Il y a toutefois un détail. Cette armée est presque exclusivement constituée de LGBT. Lesbien, Gay, Bi, Trans.

Mon ressenti

Rainbow Warriors est un roman hybride, un croisement improbable. Hybride oui, et pourtant c’est exactement le mot que je ne devrais pas utiliser dans ce cas, vu le sujet. Inclassable serait plutôt le bon terme. Salutaire également (mais on va en reparler).

Il fallait être sacrément gonflé pour ne serait-ce qu’imaginer une telle histoire. Rien que cette créativité initiale, ça relève du génie ! Une armé exclusivement de LGBT (Lesbien, Gay, Bi, Trans), avec à sa tête un Général bourré de testostérones, il fallait oser !

Mais tenir dans les mains un sujet original et fort ne donne pas pour autant un bon roman. Comment, avec un sujet aussi étonnant, faire tenir l’édifice en place ? Et c’est là qu’Ayerdhal fait montre de tout son talent, un immense talent.

Parce que cette histoire est bien ce qu’on pouvait imaginer en lisant le résumé, mais est pourtant bien davantage encore.

Rainbow Warriors est un roman qui traite de faits de société, un roman géo-politique, un roman d’action, un roman à suspense, un roman de réflexion, un roman de divertissement. Un roman salutaire surtout, je l’ai dit.

Sous couvert d’un divertissement d’excellente facture, Ayerdhal fait passer des messages. Qu’on y adhère ou non, il faut reconnaître qu’il le fait avec une réelle intelligence et sans aucun manichéisme.

Pour ma part, ça tombe bien, son (ses) message(s) résonne(nt) au plus profond de mon être : tolérance envers les minorités, pillage des ressources du continent africain, critiques constructives des pseudo démocraties africaines et occidentales et des milieux financiers, médiatiques et de pouvoir.

Des sujets brûlants d’actualité que l’auteur intègre brillamment dans un techno-thriller qui par moment de déparerait pas dans l’œuvre d’un Tom Clancy (sans doute l’une des choses les plus étonnantes de ce roman protéiforme).

Les personnages sont nombreux (trop à mon goût et c’est le reproche unique que je ferais à ce roman, on s’y perd parfois), mais certains sont mémorables. Ils ont tous leur part d’ombre, mais Ayerdhal met en avant (au delà des fortes individualités) de vraies valeurs (à l’image de cette fin magnifique).

Quant à l’écriture, elle est sacrément maîtrisée, alerte, teintée d’humour, émouvante, prenante. Une plume au service de cette histoire distrayante et profonde, sans doute utopique, mais au message salutaire (quand un mot est important, autant le répéter à l’envie).

Sortie : 28 mars 2013

Éditeur : Au Diable Vauvert

Notes (sur 5) :

Originalité de l’intrigue : ♥♥♥

Profondeur de l’histoire : ♥♥♥ 

Psychologie des personnages : ♥♥♥♥ 1/2

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥ 1/2

Émotion : ♥♥♥

Note générale : ♥♥♥♥ 1/2 

Mon interview d’Ayerdhal, 12 mars 2014

 

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Catégories :Littérature

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16 réponses

  1. fais gaffe Yvan, tu vas finir par nous faire une addiction à Ayerdhal ! 😉 mais je me doute que c’est d’la bonne !!!! ( de littérature bien sûr! ) 😉

  2. Bon….un de plus ou un de moins…je ne suis pas à un détail près!!hihihihi Ahhhh..intense tentateur que tu es!!!!! ahahahah

  3. Aller petit scoop… Ce titre va faire parti des 10 polars Coups de coeur des bibliothécaires de la Ville de Paris. Car c’est comme tu le souligne si bien Yvan , un livre qui nous pousse à la réflexion et mieux à la tolérance. Un livre complètement fou qui ont fait un ouvrage transgenre.
    J’avoue la plume et le style de l’auteur y sont pour beaucoup. Bref son originalité le surclasse d’office. Et bravo pour cette lecture et cette chronique.

  4. alors là j’adore cette idée! Quelle originalité dans le scénario!
    Et en plus de ça c’est salutaire? ok je prends!

  5. Je vais me faire une overdose d’Ayerdhal, moi !! PAL+…. 1 sûr, 2 pas toujours sûr, mais rien que pour le fun, oui !!! 😀

    T’es un sacré mec, toi ! 👿

  6. Bonjour. je viens de terminer ce roman d’Ayerdhal. Votre avis dit haut, fort et parfaitement tout le bien que j’en pense, toutes ses qualités. « Salutaire », plus que jamais c’est le bon. Merci

Rétroliens

  1. Ayerdhal, l’immortel | EmOtionS – Blog littéraire et musical

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