Gilles Vincent – Beso de la muerte

chronique littéraire

Comme je le proposerai ponctuellement sur ce blog, voici une belle chronique clamée d’une autre voix, celle de Vincent.

Non, non, pas le Vincent auteur du roman ! Vincent, contact d’internet et ami qui a souhaité parler de ce roman. Je le remercie chaleureusement pour sa magnifique chronique !

4° de couverture

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« En parcourant les derniers mètres avant la pension, Aïcha Sadia songea aux troubles ressentis face aux crimes atroces. Elle avait appris, il y a longtemps, que ces troubles ne forment en fait qu’un habile déguisement de l’âme. La mort, se dit-elle en poussant la porte d’entrée, pareille à une vieille enjôleuse, n’en finirait sans doute jamais de fasciner les vivants… ».

Août 1936, en Espagne, on assassine Garcia Lorca, accusé de sympathie républicaine. 

Août 2011, à Marseille, on découvre le corps calciné d’une femme, abandonné entre les rails. Entre ces deux morts, s’écrivent les tragédies du vingtième siècle, les secrets d’État, les coulisses de la démocratie espagnole naissante et la passion dévorante d’une jeune femme pour l’ombre du poète…

Entre ces deux âmes suppliciées, un pacte étrange, bien au-delà du temps, va profondément bousculer la nouvelle enquête de la commissaire Aïcha Sadia…

Le ressenti de Vincent

Le roman commence très fort avec la description de l’exécution de prisonniers par les soldats fascistes menés par « El Capitan », « trois pauvres types et un poète, la prise de la soirée ». Le poète, homosexuel, sera exécuté de la manière la plus dégradante qui soit, en une ultime humiliation, et enterré dans cette fosse commune à Viznar. Il avait pour nom Federico Garcia Lorca, et est considéré par beaucoup comme le plus grand poète espagnol.

De nos jours : Thomas Roussel, flic fatigué et alcoolique repenti, reçoit le soir même de ses noces avec Délia Cabrini, médecin toxicologue qui l’a guéri de ses addictions, un appel au secours de Claire, son ex-compagne. Le lendemain, le cadavre calciné de Claire est retrouvé à Marseille. Les derniers mots de Claire: « El capitan, El capitan »! Sont-ils le lien qui relie ces deux meurtres, à travers l’espace et le temps ?

La commissaire Aïcha Sadia et son équipe, accompagnés de Thomas Roussel vont, de Marseille à Madrid, en passant par Montpellier et Toulouse, suivre la piste trop évidente peut-être et qui paraît avoir été tracée pour eux, par un manipulateur qui semble devancer leurs faits et gestes.

Ce polar est très bien ficelé, et s’appuie sur une documentation solide, avec un grand souci du détail et de la vérité historique, des alliances et des accords politiques de l’époque, par la mise en scène d’événements et de personnages réels, pour certains encore vivants.

L’auteur nous donne à voir des personnages profonds, complexes et tourmentés, comme Thomas Roussel, et Claire dont la passion et la quête éperdue de justice confinent à la folie. Les personnages secondaires ne sont pas négligés pour autant et, de Estéban à Joaquin Vargas et Sébastien Touraine, ont tous une certaine épaisseur.

C’est très bien écrit, pas mené sur un rythme endiablé, et malgré la complexité de l’intrigue et ses multiples ramifications, ça se lit sans difficulté car structuré en chapitres très courts. On se laisse totalement embarquer par l’auteur, pas à pas, nous prenant par la main pour nous conduire, de retournements en coups de théâtre, jusqu’aux collines de Viznar, où tout a commencé, pour un final surprenant.

Gilles Vincent nous livre là une magnifique histoire, où la passion extrême conduit à tous les excès.

Une réussite que ce roman, sur lequel souffle l’esprit de Federico Garcia Lorca, symbole du peuple d’Espagne en lutte contre toutes les oppressions, toutes les dictatures. Il ne pouvait laisser indifférent l’andalou qui est en moi, et c’est déjà un de mes gros coups de cœur de l’année !

Année de sortie : 2013

Éditeur : Jigal polar

Originalité de l’intrigue : ♥♥♥

Profondeur de l’histoire : ♥♥♥

Psychologie des personnages : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥

Émotion : ♥♥♥♥

Note générale : ♥♥♥♥

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Catégories :Littérature

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69 réponses

  1. Vincent en guest star, j’adore !!
    Si c’est en plus pour nous donner un si bel avis, je ne peux qu’applaudir et…. Noter dans mon petit carnet ! J’aime quand l’Histoire se mèle au polar, et là, je ne devrais pas être déçue ! Merci Vincent pour ce coup de coeur ! 🙂

  2. Il fallait au moins l’Espagne 😉 pour te donner, mon ami, les accents vibrants de la passion pour les livres qui t’anime. Bravo Vincent ! J’avais entendu parler de ce livre, mais quand c’est toi qui le dis si bien, j’ai encore plus envie d’y aller voir de plus près…Et merci Yvan de lui avoir cédé la place le temps de cette belle chronique. Un duo de choc 🙂
    .

  3. Ben que voilà un belle avis. Merci Yvan d’avoir permis à ton ami Vincent de s’exprimer.
    Besso de la Muerte un de mes coups de coeur 2013 et un des CdC du comité de lecture polar des bibliothèque de la Ville de Paris. Cette chronique va donner envie à de nouveaux lecteurs de découvrir ce titre et surtout cet auteur. Alors, je vous dis bravo messieurs pour cette belle collaboration.

  4. Merci pour vos encouragements et votre indulgence. Il n’en est pas moins vrai que ce livre m’a touché pour plusieurs raisons: la qualité de l’histoire d’une part, et d’autre part il traite de lieux, d’évènements et de dates qui sont en prise directe avec mon histoire familiale. Et ajoutons-y les vers de Garcia Lorca, un de mes poètes préférés, et vous avez les raisons de mon engouement pour ce roman.

  5. Mais qu’est-ce que je suis heureuse que ce livre soit un coup de cœur pour toi comme il l’a été pour moi ! Un auteur qui en deux titres a su me séduire de bout en bout ! Impatiente de me plonger dans Parjures que le père noël m’a fait parvenir … Jamais deux sans trois, c’est ce que l’on dit non ?! Je l’espère en tout cas … Bravo pour cette très belle chronique Vincent ! Amitiés …

  6. Mais non, ça ne va plus du tout, JE NE LIS PLUS LES CHRONIQUES DE CE BLOG ! Je n’en peux plus de toutes ces tentations. Ta chronique m’a donné des frissons Vincent, merci. Le titre est dans mes tablettes et mon ‘banquier’ va encore criser 😀

  7. Ah ! Je reconnais bien là ton grand coeur et ton hospitalité Yvan. Mais comme tu as bien fait ! Vincent, c’est un plaisir de decouvrir ta chronique. On sent que ce livre t’a particulièrement touché, et tu évoques parfaitement l’atmosphère et l’importance du contexte historique qui te tient tant à coeur. Bravo! ! Tu vas te faire des ennemis, n’oublie pas ton gilet par balles. Nos PAL font trembler nos banquiers et réjouissent nos libraires. Bravo , et bises à vous dux Yvan et Vincent (ca rime en plus hihihihhi) 🙂

  8. Yvan, non, non, non et non !! Ça va pas ! Déjà que tu fais des super grosses niques, déjà que tu interview les auteurs, le tout cumulé me fait dépenser plus que je ne devrais 🙄 Bon, si on ajoute que en plus tu fais venir d’autres tentateurs, moi je crie « haro sur le blogueur » ! 👿

    Mon banquier va me regarder de travers !!

    Bon, je pardonne à moitié parce que ce livre était déjà noté dans mon grooos carnet ! 😉

  9. Toi ici, Vincent??? Mais c’est un complot!!! Une coalition de dangereux tentateurs!!! Ravie en tout cas!!! Bon… belle chronique… pfff… je ne peux que noter… 🙂

  10. WAouhhhh je viens de tomber de ma chaise…je viens de comprendre d’un seul coup d’où viennent les gènes qui me donnent envie d’écrire…Ils viennent de mon Petit Papa adoré ahahah!!!
    Et bien….c’est qu’il est doué mon ptit Papa hein!!!! Bravo…clap clap clap!!! Bon…j’espère de tout coeur que mon adorable papa va continuer à nous enchanter avec ses chroniques…si il ne vient plus…moi non plus!!!!ahahahaha

    • Foumette, je dois t’avouer quelque chose…
      Comme je ne suis pas ton vrai tonton, ni Domi ta vraie tata, Vincent n’est pas ton vrai papa…
      ça veut donc dire que ce n’est pas une histoire de gènes, et que tu es douée de nature ! 😉

  11. Puisque j’ai le « baiser de la mort » je suis trèèèès tentée après l’avis de Vincent d’ouvrir les pages de ce livre !
    Super sympa de t’avoir donné la parole Vincent et en plus tu écris bien !
    Voilà, je repars ravie et persuadée 😉

  12. Merci pour cette chronique qui fait chaud au coeur. Après avoir lu « Beso de la Muerte », ne loupez pas la sortie du prochain (mi février) intitulé « Trois heures avant l’aube ».
    Merci encore.

    Gilles Vincent

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