Interview littéraire 2013 – Stéphane Gérard

20180

Stéphane Gérard est l’auteur d’un premier thriller remarqué : « Thalamus« . On ne dirait pas comme ça en voyant son air sérieux sur la photo et en lisant le résumé de son roman, mais on rigole beaucoup avec son bouquin.

« Thalamus » est un thriller scientifique, à la fois ambitieux et grand public. Un sujet sérieux, mais une plume alerte et facétieuse.

Un auteur qui mérite votre attention. Un grand merci à lui pour ce très chouette entretien, qui donne bien le ton de ce qui vous attend à la lecture de son roman.

Le lien vers ma chronique du livre.

L’entretien :

Question rituelle pour démarrer mes entretiens, peux-tu te définir en trois mots, juste trois ?

Ouh là, juste trois mots ? C’est difficile ça. Alors je vais plutôt me définir en trois…maux :

Angoissé, perfectionniste, caustique.

Je verrai avec mon psy quels liens on peut faire entre les trois !!

Peux-tu nous parler un peu de ton roman « Thalamus », avec tes propres mots ?

Hum… ça aussi c’est difficile… J’ai le droit de faire un petit acrostiche ?

T errible projet.

H istoire familiale qui dérape.

A bsence de scrupules.

L armes et émotions.

A uthenticité scientifique.

M anipulation inédite.

U ne zone cérébrale encore mal connue.

S uspense et tension.

9782819502951Le ton du roman est résolument différent des habituels thrillers scientifiques…

En effet…Cela tient à deux choses : tout d’abord, à mes personnages assez « hauts en couleurs », mais j’y reviendrai après car tu m’as posé une question à ce sujet. Ensuite, je ne voulais pas tomber dans les clichés propres au genre du thriller, comme le flic paumé, les passages un peu gore, le ton souvent un peu plombant. J’ai voulu ajouter un peu d’humour car j’aime ça, tout simplement.

Cela m’a permis un télescopage d’émotions et de scènes que je trouvais intéressant: on passe ainsi d’un drame familial à une scène burlesque, d’un passage tragique à une description un peu plus osée…

Un peu comme dans la série Six feet under, pour ceux qui connaissent.

Tu as particulièrement soigné tes personnages, des personnages hauts en couleur. Comment s’est déroulé le travail sur leurs caractères ? T’es tu inspiré de personnes réelles ?

Oui, ce sont en effet des personnages tout en démesure, avec une personnalité forte, et parfois extrême. En fait, dans mon quotidien et dans ma vie, j’aime ce genre de personnes ; la tiédeur m’ennuie assez vite. Et en ce qui concerne le processus créatif, j’avoue que je me suis fait plaisir et que je me suis vraiment amusé avec certains ! Après, les personnages m’échappent, mènent un peu leur vie, et font même des choses que je ne leur avais pas prévues.

Je me suis effectivement inspiré de personnes réelles de mon entourage : il suffit d’observer autour de soi. Bien sûr, je les ai ensuite ajustées à ma façon en les grossissant à l’extrême. Mais ne le disons pas trop fort, tout le monde ne s’est pas reconnu !!

Comment as-tu procédé concernant tes recherches sur l’aspect scientifique du roman ?

C’est vrai que je n’ai pas choisi la facilité pour un premier roman !! D’autant que ma formation est avant tout littéraire.

Ce fut donc un travail de longue haleine qui m’a pris pratiquement deux ans.

J’ai lu beaucoup d’ouvrages scientifiques, et me suis entretenu longuement avec un psychiatre et un neurologue. J’en avais besoin pour bien cerner la question et pour maîtriser au mieux ce fameux thalamus qui est au cœur de l’intrigue. Même si on est dans un roman, il me fallait un fond authentique pour que le lecteur adhère et croie à cette histoire, même si l’intrigue, elle, est totalement fictionnelle. Ensuite, j’ai distillé toutes ces informations au cœur de l’intrigue.

Tu as, semble t-il, volontairement accentué l’aspect émotionnel du récit…

Oui, comme je le disais plus haut, je tenais à exploiter toutes les palettes d’émotions, et même si c’est un thriller, à ne pas m’en tenir à la tension et au suspense. D’autant que mon intrigue prend place dans un cadre familial, et la vie, c’est ça : des rires, des pleurs, des joies, des drames… Cela me semblait donc plus réaliste de ne pas m’interdire certaines émotions telles que le rire par exemple, sous prétexte qu’on est dans un thriller. Ça change un peu.

Ton roman a récemment obtenu son premier prix littéraire. Ça fait quoi lorsqu’il s’agit de son premier roman ?

(PRIX LITTERAIRE DU PAYS BOULAGEOIS 2013)

J’avais déjà reçu un prix littéraire en 2007 pour une de mes nouvelles.

Mais là, pour un premier roman, c’est jouissif. Émouvant. Rassurant. Déstabilisant. C’est vraiment un mélange d’émotions assez explosif et inédit. Mais surtout, pour un angoissé de ma trempe, cela motive, cela enlève les doutes et les inhibitions, et cela conforte dans la volonté de continuer à écrire.

Et le prochain projet ? A quoi doit-on s’attendre ?

Au mois de Mai, j’ai publié un recueil qui s’appelle Les Abîmés : c’est un recueil de poèmes, illustrés par les dessins et les peintures d’un ami. Il n’est pas en vente en librairie, mais on peut se le procurer sur le site Les Editions des Tourments. C’est une sorte de parenthèse que je me suis octroyée pendant la phase de promotion de Thalamus et pour me ré-atteler tout doucement à l’écriture.

Et maintenant que je suis en vacances, je me suis mis à l’écriture de mon deuxième roman qui était en chantier depuis quelques mois. Ce sera encore un thriller, non plus scientifique mais dans un autre domaine qui n’a jamais encore été abordé dans les thrillers. Et, petit scoop pour tous les lecteurs de Thalamus, un des personnages sera de retour, mais chut…je n’ai rien dit !

Ce blog est fait de mots et de sons. La musique prend-elle une part dans ton processus créatif ?

Tu ne crois pas si bien dire ! Je ne peux écrire qu’en musique.

On m’a dit un jour que j’ai une écriture très cinématographique, et il est vrai que je fonctionne par scènes.

Et, quand j’écris, je m’imprègne toujours d’une musique qui correspond à l’ambiance que je veux créer : une musique angoissante pour un passage de suspense, une musique grandiloquente pour une révélation importante, une musique émouvante pour une scène triste, etc… Et donc je me sers principalement de musiques classiques, et surtout de musiques de film…Cela m’aide pour l’aspect émotionnel que tu évoquais plus haut. Donc, toujours des musiques, mais jamais de chansons, pour éviter que les paroles n’interfèrent avec mes mots à moi.

Tu as le choix entre nous donner le mot de la fin ou nous citer ton dessert préféré…

Ah…Eh bien, le thalamus étant la zone cérébrale du plaisir, on va partir sur le dessert : un bon banana split, avec force chantilly et moult chocolat chaud.

Et ce sera donc mon mot de la…faim !

Merci Yvan.

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Catégories :Interviews littéraires, Littérature

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24 réponses

  1. Qui a parlé de chocolat??? Belle interview! Thalamus est déjà sur ma liste (on se demande à cause de qui, hein???)

  2. sympathique auteur ! reste plus qu’à confirmer avec son prochain roman ! je vais garder un oeil sur lui ! quelqu’un qui aime le banana split ne peut pas être mauvais !!! 😉

  3. Un bouquin que j’ai adoré et chroniqué ! Je m’empresse d’ajouter le lien vers cette superbe interview mon cher Yvan ! Merci …

  4. Merci les gens! Et promis, j’intègre un banana split dans le prochain roman! Promis, juré, craché, pff!

  5. Du chocolat chaud, par ces températures ?? Non, merci. Le banana split, c’est très érotisant comme dessert.

    Super interview, comme d’hab, une plus grande envie encore de découvrir le livre (j’espère qui tu as un pourcentage sur les ventes ! :)).
    « Thalamus » me fait dévier sur « hypothalamus » et le mot me fait sourire parce que je repense à cette vieille blague qui me fait toujours rire « Comment appelle-t-on un dinosaure homosexuel ? »…. Un Tripotalanus.

    Non, je ne suis plus récupérable, les psys ont jetés l’éponge.

  6. J’adore ces nouveaux auteurs talentueux et sympa en plus.
    De coup, je vais faire comme vous tous, je vais attendre le prochain et son banana split.
    Merci donc à l’intervieweur et à l’interviewé.

  7. Hi hi!! Comment fidéliser un lectorat avec un banana split!!! Suis trop fort!!!Rhooo, ça va , je plaisante!!!

    • Moi je trouve que c’est un excellent moyen, mais attention de ne pas décevoir ce lectorat qui sera vigilant :-). Ce banana split devra prendre une importance non négligeable dans l’intrigue 🙂

  8. Une bonne idée de promo : Pour un livre de Stéphane Gérard acheté, un banana split offert ! Tu tiens un concept là 😉

Rétroliens

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  2. Récapitulatif des interviews – Février / octobre 2013 | EmOtionS – Blog littéraire et musical
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