Nicolas Jaillet – La maison

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L’histoire d’une femme qui, le jour même de son mariage, sait qu’elle fait une erreur. Ce qui va se passer au cours des années, ce qu’elle va faire de cette erreur donnent un livre sous tension, légère mais permanente.
Préface de Marcus Malte.

Mon avis

120 petites pages et une histoire banale. 120 grandes pages et une histoire qui marque l’esprit.

Court récit sur la maltraitance psychologique qui peut faire le quotidien d’un couple, « La maison » n’est pas anodin dans son traitement. Plutôt que d’en faire des caisses, Nicolas Jaillet a décidé de faire sobre, d’éviter tout ornement artificiel, parfois jusqu’à l’épure.

Qu’on ne s’y trompe pas, c’est un exercice difficile, chaque mot est pesé, réfléchi, rien n’est de trop, tout est là, suggéré.

Cette histoire de fuite du foyer conjugal, par son traitement et grâce à la plume de l’auteur, touche au cœur et aux tripes. Le malaise est latent et pourtant patent, les choses sont insinuées, presque aucune scène n’est frontalement violente. Oui, mais le malaise est là, bien là.

Jaillet a eu la très bonne idée de prendre comme narrateur le fils du couple qui, comme souvent, n’a rien vu, imagine et extrapole.

Un petit livre qui prouve qu’il n’est pas besoin de s’étaler pour nous plonger dans un drame psychologique, quand on a du talent comme Jaillet.

La preuve ultime de cette réussite ? Une préface dithyrambique de Marcus Malte qui pose de belles bases à la lecture qui suivra (ça tombe bien, on est, avec ce récit, assez proche de l’époustouflant « Cannisses » du même Malte).

 Publication française : 2013

Originalité de l’intrigue : ♥♥♥

Profondeur de l’histoire : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥

Émotion : ♥♥♥♥

Note générale : ♥♥♥

L’auteur 

(Biographie tirée de son site internet)

Jaillet_nicolasNé en 1971 en banlieue parisienne. D’abord comédien, il signe ses premiers textes de fiction pour une troupe de théâtre jeune public : La Compagnie des Epices, avec laquelle il fait un premier tour du monde. Poursuit sa route avec La Compagnie des Filles de Joie, troupe de théâtre forain. Cherche un équivalent du rock’n’roll au théâtre. Le trouve. Ouvre une salle de spectacle à Paris : le LABO. Période de bouillonnement culturel qui donne à son jeune directeur la sensation de piloter un navire. Viré par les propriétaires, il reprend la route. Vit dans une caravane pendant trois ans, en jouant sur les places de villages une adaptation de la « Nuit des Rois » de Shakespeare, avec Olivia Machon, la meilleure actrice du monde. Collabore aux spectacles de son ami Alexis HK, avec qui il écrit des chansons, boit et fume. Second tour du monde. Première expérience de publication en 2003 avec Le Retour du Pirate. Expérience désastreuse. Essaye d’arrêter d’écrire. Sans succès. Remonte sur la bicyclette avec un western publié en 2007 ; Sansalina. Il s’avère qu’il y existe aussi des éditeurs dignes de ce nom. Travaille depuis en collaboration étroite avec des éditeurs de tailles diverses, partout où il rencontre des êtres humains : Hachette Jeunesse, Après la Lune, Lito, Gallimard, Rageot, Rue du Départ. Entame des études de Lettres classiques à 36 ans. Obtient une licence trois ans plus tard. Participe à l’écriture et au tournage du premier long métrage de Thomas Salvador. Son dernier roman, La maison, est publié chez un petit éditeur indépendant « Rue du départ ».

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Catégories :Littérature

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16 réponses

  1. Très curieuse de voir comment traduire ce style de drame en un peu + de 100 pages! Vraiment! Bel avis! Et le parcours atypique de l’auteur me parle bien!

  2. Merci, Yvan. Je suis très touché.
    Nicolas.

  3. Mon cher Yvan la tentation est grande !!!

  4. Court, bref, intense ? Intéressant, en plus, un livre aussi court, ça se lit vite.

  5. Nicolas est un être trop humble pour reconnaitre son génie. C’est un talent brut. La Maison est un petit bijou ciselé avec précision.
    Merci Yvan pour ta confiance.
    Et merci à Nicolas de me permettre de faire partager mon enthousiasme pour son fabuleux roman.

  6. Mais je ne l’ai pas vu le fond du salon moi ! Comme quoi il est utile d’aller au fond des choses…

  7. Le sujet m’intéresse grandement et ton avis me titille les neurones!! Je note…

  8. Bon ben, je revient cette fois sur cette chronique de ce fabuleux court roman en tant que blogueuse. On en le soutient jamais assez alors j’en remets une couche. La Maison est un petit bijou ciselé avec précision.

Rétroliens

  1. Bilan livresque : janvier / Juin 2013 |

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